Acorus calamus
Descripteur : Linnaeus, 1753
Famille : Araceae

Synonymes
Acorus aromaticus Gueldenst., 1791
Acorus vulgaris Simonk., 1887
Calamus aromaticus Garsault
Calamus aromaticus Ledeb., 1852
Calamus aromaticus infrasubsp. oppr

Acorus calamus var. americanus Raf.
Acorus calamus var. angustatus Besser
Acorus calamus var. calamus
Noms Communs
Acore calame
Acore odorant
Lis des marais

Common sweet flag (en)
Genre : Acorus
Acorus americanus (Rafinesque, 1836)
Acorus calamus (Linnaeus, 1753)
Acorus tatarinowii (Schott, 1859)
Acorus gramineus (Solander (1789))
Acorus calamus   
Acore calame
Origines géographiques
Aire d'origine :
Asie
Pays :
Cosmopolite
 
Cette espèce holarctique est originaire d'Asie. Elle a été importée au XIIIe siècle en Europe, et plus tard en Amérique du nord, pour ses propriétés odoriférantes et insecticides. Elle y est naturalisée mais ne produit pas de fruits, car les plantes importées sont généralement des triploïdes stériles.

L’Acore calame a été introduit dans de nombreux pays à des fins médicinales (utilisation des feuilles et des rhizomes comme médicament) ou esthétique à cause de sa fleur. En Europe, l’espèce a été introduite pour la première fois en Allemagne en 1588 et cultivée en Angleterre à partir de 1596, d’où par la suite elle a été introduite en France et en Belgique, par des échanges entre botanistes (Invabio). Aux Etats-Unis, également introduite comme plante médicinale au 19ème siècle, elle a été observée en milieu naturel vers la fin du siècle. Tout d’abord largement utilisée elle n’a actuellement aucune importance économique.

Aux Etats-Unis et au Canada, l’espèce entre en compétition avec d’autres espèces d’Araceae comme Acorus americanus et Iris pseudacorus (Nemesis, 2005). A. calamus est très répandu dans l’est des Etats Unis et du Canada où elle semble avoir remplacé l’espèce indigène mais cette concurrence et les réponses des deux espèces aux perturbations anthropiques et aux contraintes environnementales n’ont pas été étudiées. Il semble en être de même pour la concurrence entre A. calamus et Iris pseudacorus (autre espèce exotique en Amérique) dans des zones humides de la rivière Potomac (côte Est des Etats-Unis) où A. calamus semble remplacer l’autre espèce dans la plupart des sites étudiés. Aucune indication n’est disponible sur des projets de régulation de l’espèce (Nemesis, 2005).
Environnement
Eau :
Douce
 
L'espèce pousse sur les bords des eaux stagnantes ou à faible débit, généralement dans les marigots des rivières, les bords des canaux et les bords des étangs et des lacs .
Naturellement présente dans les marais, elle est cultivée dans les régions marécageuses et le long des cours d'eau en Europe orientale. Elle est donc très largement distribuée.
Cette espèce de rives peu profondes est souvent présente en peuplements peu étendus et très étroits et rarement monospécifiques. Selon Driscoll (1975) et George (1976),
 
Liste Rouge UICN : 
LC
 
Description
Type :
Plante
Croissance :
Taille :
50 à 100 cm
 
Acorus calamus est une vivace aquatique que l'on retrouve en bordure de berges. Appelé jonc parfumé ou acore odorant c'est une plante vivace aromatique appartenant à la famille des Aracées. Elle n’a donc rien du jonc, puisqu’elle est une cousine des arums. Elle est originaire d’Asie, mais est utilisée comme plante aromatique et médicinale depuis des millénaires. Elle a été importée en Europe et en Amérique du nord, il y a quelques siècles et s’est naturalisée depuis

L'Acorus calamus peut atteindre jusqu'à un mètres de haut. Ses feuilles caducs, larges et pointues sont vert foncé. Elles ressemblent aux feuilles d'Iris. Des inflorescences en épi de couleur crème, apparaissent entre mai et juillet
C'est une plante rustique (vivace, pérenne), subaquatique, à rhizome aromatique cylindrique de 3cm de diamètre environ, rampant et ramifié, c'est une herbacée. Les feuilles sont en forme de sabre de 60 cm de long sur 0,5 cm de large en moyennes pourvues de côtes, mais pouvant atteindre 1,50 m sur 2 à 3 cm. Le spadice est simple, de 5 à 10 cm de long, vert-jaunâtre avec petites fleurs hermaphrodites en épis à 3 pétales, 3 étamines et 3 ovaires. Elle se distingue de A. americanus par le faible nombre de côtes.

Acorus calamus ‘Variegata ‘ est une forme ornementale à la panachure verticale très lumineuse.

Description botanique
Plante vivace de 50 cm à 1 mètre, glabre, à souche souterraine épaisse, horizontale, articulée, radicante, très aromatique.
Feuilles toutes radicales, distiques, longuement linéaires en glaive (1-2 cm de large), engainantes
Spathe foliacée, très longue, dressée, persistante
Spadice latéral, 5-6 fois plus court que la spathe, entièrement recouvert de fleurs hermaphrodites serrées en épi cylindrique-conique sessile ascendant jaunâtre. Périanthe à 6 divisions courtes scarieuses
Six étamines opposées aux écailles, à filets filiformes, anthères didymes, à 2 loges s'ouvrant en long, stigmate sessile, obtus
Fruit capsulaire, petit, en pyramide renversée, à 2-3 loges et graines.
 
Dispo vente :
Disponible
Maintenance
Paramètres de maintenance :
Température :
-25 à 30°C
pH :
5,5 à 8,5
GH :
3 à 25
Eclairage :
Brassage :
Substrat nutritif :
Recommandé
Dry Start :
Oui
 
Acorus calamus est une plante qui n'est pas particulièrement indiquée pour la culture en aquarium. Elle s'y adapte mal, en raison de sa taille et surtout à cause de ses exigences écologiques. Plante subaquatique de grande taille réclamant un éclairage solaire et un environnement aéré et aérien. Elle peut toutefois convenir dans un aqua-terrarium spécifique de grandes dimensions et recevant la lumière du jour. La planter alors dans la zone intermédiaire.

Acorus calamus est en revanche une plante de bassin qui tolère la pollution et a souvent été utilisé pour purifier les eaux usées et consolider les berge des étangs.
On l'installe au soleil ou à la mi-ombre, immergée à une profondeur entre 0 et -20 cm (distance entre le rhizome et la surface de l'eau).
L'acore odorant peut être avantageusement utilisée en bordure d'un bassin de jardin et paludarium extérieurs où elle résiste bien à l'hiver jusqu'à -25°C.
Elle se plait dans un sol de ph 6 à 7,2, soit plutôt acide, riche et humifère, par exemple dans un sol limono-argileux, saturé d’eau, de très humide à recouvert d’une dizaine de centimètres d’eau. Son rhizome affleure à la surface du sol. Il demande une exposition ensoleillée au moins une partie de la journée.
Se plaisant en milieu aquatique, il peut s’installer à n’importe quel moment de l’année. Cependant, il s’enracinera mieux dans son nouveau domaine s’il est implanté au printemps. On évitera les périodes de fortes gelées (-3°C et quand le sol ne dégèle pas de la journée).
Il est très facile d'installer des Acorus calamus. Faire un trou de plantation d’au moins trois fois le volume de la potée et disposer la plante dans le trou en vérifiant que le haut de la motte soit au niveau du sol fini, ramener le substrat humide autour de la plante et tenir humide lors de la reprise.

Note
Les feuilles et surtouts les rhizomes peuvent être utilisés pour parfumer la cuisine. Par exemple les feuilles parfument une crème anglaise comme la vanille ou du rhizome séché agrémente une compote de fruit. Les rhizomes offrent davantage de parfum lorsqu’ils sont séchés.
Les rhizomes de deux à trois ans seulement sont récoltés en automne, de septembre à novembre. Ils sont débarrassés de leurs racines, lavés soigneusement, coupés en deux s’ils sont épais et mis à sécher. Ils peuvent être ensuite broyés en poudre.
Plantation et multiplication :
Dans nos régions, la multiplication est réalisée exclusivement par division du rhizome.

Tranchez les rhizomes avec un couteau bien aiguisé et repiquez les éclats immédiatement dans l'eau peu profonde, dont on élèvera progressivement le niveau.

Il est possible aussi, si on désire multiplier cet acore, de le laisser croître émergé dans des récipients ou dans des pots à fleurs baignant dans l'eau. Le niveau de l'eau ne devant pas dépasser de plus de 10 à 20 mm. le collet des racines. En un an ou deux se forme un long rhizome. On peut alors le déterrer, le laver et le laisser flotter librement à la surface de l'eau, que ce soit dans l'aquarium ou dans un bassin extérieur en été.
Au bout de dix à trente jours, vingt à cinquante nouvelles pousses commenceront à se développer à partir des bourgeons dormants du rhizome.
Lorsque que les feuilles atteignent environ 25 mm. de long, on découpera le rhizome et plantera les boutures feuillues en terre argileuse et humide.
La division des touffes permet aussi une régénération des plantes anciennes. Elle se pratique environ tous les trois ou quatre ans en fonction de la vigueur de la plante.

Cependant, en juin juillet, une tige florale émerge de l’éventail, peu différente des feuilles, si ce n’est qu’elle produit un spadice incliné, à mi-hauteur. Ce spadice est une inflorescence en épi de 4 à 10 cm de long, verdâtre à rougeâtre, épaisse et dense, regroupant de minuscules fleurs à six pétales jaunes.
Les fleurs pourraient être auto-fertile, si ce n’est qu’en Europe, le jonc parfumé qui a été introduit est tétraploïde, et donc stérile.
Commentaires
Les Tartares l'employaient pour désinfecter leur eau de boisson.
L'huile essentielle, extraite des rhizomes par distillation, est utilisée en parfumerie mais aussi comme un digestif
Dans certains pays, cette plante sert à parfumer la bière ou l'eau-de-vie.
En médecine traditionnelle, la plante est récoltée au printemps et à l'automne et séché à l'ombre, l'acore odorant est un tonique amer qui stimule les glandes digestives.
Employé en tisane, il est efficace contre tous les troubles gastriques tels que les ballonnements, les nausées, les brûlures gastro-œsophagiennes. Maria Treben le mentionne pour de nombreux troubles de l'appareil digestif ainsi que pour goutte, gelures et cancer des intestins.
Seuls les rhizomes sont employés.

Des deux variétés de cette espèce, la plus grande est utilisée en médecine traditionnelle. Rhizome : Les préparations à base de rhizome sont utilisées pour favoriser le flux urinaire, soulager la constipation et nettoyer les impuretés du corps. Le rhizome cuit est donné pour la fièvre, la toux et l'empoisonnement. Un mélange de rhizome qui a été rôti jusqu'à ce qu'il soit carbonisé avec de l'huile est utilisé comme un frottement appliqué localement pour soulager les maux d'estomac et les ballonnements chez les enfants. Un mélange de rhizome et d'huile de noix de cajou est utilisé comme friction pour soulager les articulations enflées et les muscles endoloris. Un mélange de quantités égales de rhizome séché et de samone hpyu (Trachyspermum ammi) est brûlé pour créer de la fumée à inhaler comme remède contre les hémorroïdes. La poudre de rhizome se prend avec du lait chaud pour les maux de gorge. Un mélange de rhizome et de hsay-khar-gyi (Andrographis paniculata) est administré pour réduire la fièvre. Pour expulser les vers, un mélange de quantités égales de rhizome avec du shein-kho (Gardenia resinifera) cuit au four est administré aux enfants. Un mélange de poudre de rhizome avec de la poudre de gingembre séché et du miel est pris pour une paralysie partielle de la bouche, du menton et des joues. Un mélange de poudre de rhizome et de miel est léché comme remède contre l'épilepsie et pour traiter la perte de raison.


Étymologie : Son nom Acorus vient du grec 'akoros' qui désigne une plante à racine aromatique, et calamus, du latin calamus "roseau" (Dans la mythologie, Calamus ou Calamos, est aussi un homme transformé en roseau).
Sources
GBIF, IUCN, ITIS, GT IBMA; Kew
Tela Botanica
Centre de Ressources des Espèces Exotiques Envahissantes (http://especes-exotiques-envahissantes.fr/)
- Alain Dutartre, "Acorus calamus. Base d’information sur les invasions biologiques en milieux aquatiques. Groupe de travail national Invasions biologiques en milieux aquatiques. (2016)
-Berton A. "L'Acorus Calamus dans le Nord " in Le Monde des plantes, 7, N°276-277 (1951)
- P. F. "Petites monographies biologiques, Aracées. Acorus Calamus L." in Le Monde des plantes, 4, N°208 (1934)
- LIU Yu,WANG Guoxiang, PAN Guoquan. E"ffects of groundwater depth on germination and seedling growth of Acorus calamus". in Journal of Lake Sciences: 530-537. (2009)
- Missouri Botanical Garden. Tropicos.org. Available at: www.tropicos.org. (2010)
- Plants For a Future. 2010. (http://www.pfaf.org/index.php.)
- Thompson, S.A. "Acoraceae". In Flora of North America North of Mexico. Vol. 22. Oxford University Press, New York and Oxford. (2002)
- Yang, M., Wu, X., Zhou, L. and Zhang, W. "Study on the Capacity of Purification of Acorus calamus L. in Eutrophic Water of Different Degree". in Environmental Science and Management: 77-80. (2007)
- Zhang, W.-H., Zhou, L.-F., Wu, X.-G. and Song, L.-R. "Allelopathic effect of Acorus calamus on Microcystis aeruginosa". in China Environmental Science 26(3): 355-358. (2006)