loche de Kuschakewitsch
Petite loche de roches d'Asie centrale au corps marbré, la loche de Kuschakewitsch est très répandue dans les zones submontagnardes et montagneuses des rivières du bassin du Syr-Darai

Des informations manquantes, des précisions à apporter? N'hésitez pas à devenir membre de B-Aqua et participer à la rédaction de la base de données!
Taxinomie
Descripteur : Herzenstein, 1890
Classe: Actinopterygii
Ordre: Cypriniformes
Famille:  Nemacheilidae
Genre:  Iskandaria
Synonymes
Nemacheilus kuschakewitschi (genre Iskandaria validé en 2009 par Prokofiev)
Noms Communs
loche de Kuschakewitsch
Membres du genre Iskandaria
Iskandaria kuschakewitschi (Herzenstein, 1890)
Origine géographique
Aire d'origine : Asie
Afghanistan, Ouzbekistan, Tadjikistan
Zones submontagnardes et montagneuses des rivières du bassin versant du Syr-Daria (Nikolskiy 1938, Kustareva et Naseka 2015). Elle a été signalée dans plusieurs plans d'eau de la vallée de Ferghana, en plusieurs endroits le long du Kara-Daria (étude de 2025 - voir réf. de Khalimov et Sheraliev)

Elle occupe plus de 500 km de cours d'eau et se rencontre dans plus de 10 populations. (Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Ouzbékistan)
Environnement
Paramètres
Milieu
Douce
Température
10 à 20 °C
Eaux courantes, modérées à rapides, bien oxygénées, à fond sableux ou de graviers, de température inférieure à 22°C.
Petite loche de roches d'Asie centrale, la loche de Kuschakewitsch est très répandue dans les zones submontagnardes et montagneuses des rivières du bassin du Syr-Darai. Les études menées dans la région de Fergana montrent que les populations vivent dans des écosystèmes fluviaux relativement favorables, avec peu de compétion interspécifique. Les loches occupent des zones peu profondes, peuvent se réfugier dans les interstices entre les pierres.

Benthopélagique. Se dit d'un organisme vivant et se nourrissant près du fond ainsi que dans les eaux moyennes ou près de la surface.
Pour l'instant, la petite loche est considérée comme LC, peu menacée, mais la région instable politiquement, difficile d'accès, rend les suivis difficiles, il y a peu d'études concernant les populations.
On peut raisonnablement (IUCN) estimer des menaces croissantes, dues aux barrages, aux pollutions agricoles et d'exploitations forestières, ainsi que d'événements météorologiques extrêmes liés au réchauffement global.
Sur les sites de conservation identifiés, il y a environ 21 à 30% de l'effectif protégé. (Réserves de biosphère de Karatau et d'Aksu-Zhabagly) ainsi que les réserves naturelles de l'état de Sayram-Ugam et Boraladay. Des recherches sont nécessaires pour évaluer les menaces potentielles sur cette espèce.
Description
Taille
: 10 cm SL  
: 5 cm SL
Régime
Petite loche de 5 cm en moyenne (max 11cm), poids maximum enregistré : 14,20g.

Le genre Iskandaria a été décrit en 2009 par A.M. Prokofiev, en se basant sur le fait qu'il diffère de ses plus proches parents, Paracobitis, Oxynoemacheilus et Schistura, par la structure des os otiques (ouïe) et ethmoïdes (odorat) de la tête.

Le genre Iskandaria possède généralement les caractères suivants : (Description de V.Herzenstein, complété par Sasanidus Freyhof, Geiger, Golzarianpour & Patimar, 2016) (en gras, les caractères les plus déterminants du genre Iskandaria)

corps très mince, allongé et cylindrique, légèrement comprimé vers l’arrière, hauteur du corps faible, pédoncule caudal mince.
Tête modérément large, aplatie dorsoventralement, museau arrondi et étroit, yeux petits et situés haut sur la tête.
3 paires de barbillons (Nemacheilidae) : rostral, maxillaire, mandibulaire.
Absence d’écailles ou squamation réduite
Joues hypertrophiées chez les mâles
Lèvres à structure simple, sans lobes complexes
Coloration beige ou gris clair, taches brunes irrégulières formant parfois des bandes fragmentées ou un marbrage diffus. Une bande sombre latérale, pouvant être discontinue.
Nageoires : dorsale courte, caudale modérément échancrée, avec petits points sombres. Nageoires paires arrondies, typiques d’une vie benthiques.

Anatomie interne :
Les os du crâne, dans la région ethmoïdale (olfaction) chez Iskandaria, comparés aux genres Paracobitis, Oxynoemacheilus et Schistura, ont la particularité suivante :
Supraethmoïde / ethmoïde antérieur allongé et étroit, faiblement ossifié, formant un rostre crânien étroit (vs plus large et plus robuste ou plus court et épais , variable mais plus massif) ; ethmoïdes latéraux faiblement soudés au supraethmoïde (vs souvent soudés et robustes), ce museau plus étroit permet une mobilité plus grande de la région antérieure du neurocrâne.
Capsule otique (= oreille interne, prootique, ptérotique et épiotique) plus étroite (vs plus compacte) avec connexions osseuses moins développées.
Ces particularités sont typiques de certaines loches adaptées à des substrats fins et roches avec interstices.
Fosse sous-orbitaire généralement absente ou peu développée
Épine suborbitaire souvent absente ou petite.

Ce qui distingue I. kuschakewitschi des autres espèces du genre (I.pardalis)
Taille un peu plus grande (jusqu’à 11cm contre 8 cm)
Hauteur du corps un peu plus petite (12-15%SL contre 14-17%SL)
Pédoncule caudal plus long
Ligne latérale complète (vs incomplète)
Motif dorsal et flancs : taches irrégulières ou bandes marbrées (vs grandes taches rondes « léopard »)
 
Régime Alimentaire
On connait peu d’informations à ce propos, mais leur milieu de vie et bouche infère, entourée de barbillons sensoriels, laisse penser à une alimentation de type benthique, faite de larves d’insectes aquatiques (chironomidés, éphéméroptères, trichoptères…) courants dans ce milieu, de petits crustacés benthiques, vers, matières organiques et micro-algues, en fouillant le substrat.
Dimorphisme
Joues hypertrophiées chez les mâles comme chez plusieurs Nemacheilidae
Maintenance
Zone
Fond
Paramètres
Température
              10                       20
pH
              6,8                       7,8
GH
              5                        15
Aquarium
Le volume est donné à titre indicatif, en fonction d’un nombre d’individus minimum, conditionné par le mode de vie de l'espèce, et à l’exclusion d’autres espèces.
En clair, si on convoite deux espèces nécessitant cent litres chacune, cela fait un volume deux cents litres à partager , en particulier si elles occupent les mêmes espaces de nage !

Disponibilité commerciale : Non disponible

Reproduction
Type
Ovipare
On sait peu de choses sur ce petit poisson.Là encore, en se fondant sur le mode de vie de loches apparentées, on peut soupçonner des pontes au printemps / début d’été lors de l’augmentation de température et crues printanières. Les oeufs, d’environ 1mm de diamètre, pourraient être déposés sur le fond (ponte démersale).
Commentaires
Etymologie :
Étymologie : Iskandaria : Nom dérivé du surnom arabe d'Alexandre le Macédonien (Iskandar), conquérant de l'Asie centrale, plus connu sous le nom d'Alexandre le Grand (356-323 av. J.-C.). Le colonel Aleksandr Aleksandrovich Kushakevich (également orthographié Kuschakewitsch) était un botaniste, entomologiste, voyageur et explorateur ayant parcouru l'Asie centrale (1887-1878) et qui a collecté les holotypes. L’holotype (du préfixe grec holo- qui vient du grec όλος, (olos) "entier, tout" et τύπος (túpos), "type", est le spécimen de référence (conservé) qui a servi à la description d’une nouvelle espèce.

On retrouve d'autres dérivés d'Iskandar dans les noms de villes, comme Kandahar, en Afghanistan (le nom d'Alexandre en persan étant Eskandar) ou Iskanderun en Turquie.

Des études récentes (2025) ont permis d'affiner les zones de répartition d'Iskandaria, ce qui devrait aider à monter des plans de conservation si nécessaire.
Khalimov et Sheraliev notent dans leur article : "La présence d'Iskandaria kuschakewitschi a été signalée dans plusieurs plans d'eau de la vallée de Ferghana, et une carte géographique de son aire de répartition a été établie. De nouveaux points d'observation ont été identifiés en plusieurs endroits le long du Kara-Daria, ainsi que dans plusieurs petits cours d'eau, notamment le Tentaksoy et le Shahrikhonsoy (région d'Andijan) ; le Chortoqsoy et le Chodaksoy (région de Namangan) ; l'Oltiariqsoy, le Margilonsoy et l'Isfayramsoy (région de Ferghana), ainsi que dans le Grand Canal de Ferghana et certains bassins de collecte."

Leur étude propose de créer une nouvelle espèce, sur la base des populations distinctes des rivières Chirchik, Dukentsoy et Ohangaron.

L'isolement de la vallée de Ferghana par des chaînes de montagnes et son régime hydrologique complexe ont conduit au développement d'une ichtyofaune unique. En particulier, un écosystème important s'est formé pour un certain nombre d'espèces locales et endémiques appartenant à la famille des Nemacheilidae, et huit espèces de cette famille ont été recensées dans la vallée de Ferghana à ce jour. Les études récentes sur l’ichtyofaune du Syr-Daria montrent que I. kuschakewitschi fait partie du groupe de poissons indigènes du bassin aralien, aux côtés d’autres espèces endémiques. Or les régimes d’alimentations hydrologiques de la Mer d’Aral, bien connus, ont mené à des extinctions d’espèces (Acipenser nudiventris par exemple), d’où l’importance de mieux étudier celles qui peuplent ses affluents.
Références
- Fishbase : https://fishbase.se/summary/Iskandaria-kuschakewitschi
- IUCN : https://www.iucnredlist.org/species/156720699/156721362#geographic-range
- Données de distribution et de géoinformation d'ISKANDARIA KUSCHAKEWITSCHI dans les bassins d'eau de la vallée de Fergana (S.Khalimov & B.Sheraliev-2025): https://journal.fdu.uz/index.php/sjfsu/article/view/8580
- - Sasanidus Freyhof, Geiger, Golzarianpour & Patimar, 2016, new genus : https://tb.plazi.org/GgServer/html/59377E3DB76BFFF6FF7CFADBFA6DFDFE/2
- dessin d'origine : http://fishbiosystem.ru/CYPRINIFORMES/Balitoridae/Iskandaria_kuschakewitschi2.html
- photos comparatives et article : https://www.sciencedirect.com/org/science/article/pii/S013715922200005X

Photos visibles dans l'article de Khalimov et Sheraliev et sur INaturalist : https://www.inaturalist.org/taxa/617872-Iskandaria-kuschakewitschi