Lumbriculus variegatus
Descripteur : Müller, 1774
Famille : Lombriculidae

Synonymes :
Lumbriculus kareliensis Popčenko, 1976
Lumbriculus limosus Leidy, 1850
Lumbricus variegatus Müller, 1774
Lumbricus variegatus subsp. variegatus
Saenuris variegata Hoffmeister, 1842

Lumbriculus variegatus subsp. typica Brinkhurst & Cook, 1966
Lumbriculus variegatus subsp. variegatus
Noms Communs :
Lombric aquatique

California blackworm (en)
Genre : Lumbriculus
Lumbriculus variegatus (Müller, 1774)
Lumbriculus variegatus   
Lombric aquatique
Origines géographiques
Aire d'origine :
Europe, Amérique du nord
Pays :
Cosmopolite
 
Lumbriculus variegatus se rencontre dans toute l'Europe septentrionale, mais aussi l'Amérique du nord et en quelques endroit d'Australie et d'Afrique du sud.
Environnement
Paramètres du milieu naturel :
Eau :
Douce
 
Lumbriculus variegatus est un ver annélide oligochète de la famille des Lumbriculidae, qui vit à la surface des sédiments d'eaux douces, souvent à proximité de la surface de l'eau.
L'espèce est observée le plus souvent dans des lacs et point d'eau, dans les sables ou les limons entre les pierres, sur des macrophytes submergées et des pierres recouvertes de mousse ou d'algues (jusqu'à 1 m de profondeur).
C'est une espèce bioindicatrice car sensible à certains polluants et on ne la rencontre que dans des eaux propres et claires.
Leurs microhabitats préférés sont les accumulations de feuilles mortes en décomposition, les branches ou racines submergées et en décomposition, les sédiments situés à la base de la végétation émergente (roselière notamment).
On en trouve parfois dans des sédiments vaseux un peu plus profonds, mais les tubifex y sont plus fréquents.
Menace et protection :
NE
NA
DD
LC
NT
VU
EN
CR
RE
EW
EX
Statut UICN : 
NE : Non évaluée
Description
Taille :
: 3 à 6 cm SL
 
Bien que ressemblant fortement au tubifex, Lumbriculus est classé dans un autre ordre (Lumbriculida), ce qui en fait un groupe séparé de celui des tubifex et des vers de terre respectivement classés dans l'ordre Tubificida et Haplotaxida.
Dans son habitat, Lumbriculus est un animal fouisseur, qui utilise sa tête pour forer les sédiments et les débris mous, alors que sa partie caudale ; organe spécialisé de la respiration est maintenue proche de la surface de l'eau ou loin du sédiment (sans onduler comme chez les tubifex).

La tête et la queue sont tous deux translucides mais se distinguent facilement : Les segments de tête sont plus épais et ont une pigmentation plus foncée. Ils sont plus durs et plus mobiles que les derniers segments de la queue.
Les premiers segments antérieurs (8 à 10) comprennent des structures spécialisées dont un prostomium conique, un pharynx musculaire, ainsi que les organes sexuels mâles et femelles

Les Lumbriculus variegatus montre une capacité à l'autoamputation immédiate.
Elle permet la reproduction asexuée par fragmentation, mais peut aussi être une réponse à une blessure ou à d'autres types de traumatisme ou stimulations nociceptives (réponse réflexe de protection induite par un stimulus imitant une attaque de prédateur).
Ainsi une simple compression du corps induit une division rapide et nette du corps en moins d'un cinquième de seconde.

s'ils sont exposés à un stress hydriques (disposés sur une plaque sèche, en laboratoire) les individus de cette espèce peuvent former des « blobs » (amas enchevêtrés visqueux se comportant comme des « gouttes viscoélastique actives » de dizaines à milliers de vers) atteignant parfois la taille d’un ballon de basket voire plus gros. Ces blobs ont un comportement pulsatile et exploratoire, et à la manière d'autres organismes (bactéries, manchots, certains poissons tels que les sardines ou oiseaux tels que les étourneaux, humains…) ils se comportent momentanément un peu comme un superorganisme capable de former une foule dense et déformable, pouvant se faufiler entre des obstacles ou dans un tube, rebondir sur un obstacle, s’étendre ou se rétrécir en fonction des circonstances. Il a été montré — en laboratoire et en situation émergée contrôlée — que ce comportement collectif aide les individus à résister à certaines conditions extrêmes, dont la déshydratation. un vers seul meurt en moins d'une heure s'il est exposé à l'air ambiant, mais un groupe (blob) de 20 vers survit plus de 5 heures et plus le nombre de vers est élevé, plus longtemps il survit (le temps de survie varie de manière approximativement linéaire quand N augmente ) ; Dans une grappe les vers bougent continuellement, se déshydratant uniquement quand ils sont à l'extérieur, avant de retrouver un peu d'humidité au sein de la grappe. Le blob réagit aussi à la chaleur, dans un récipient où la température diffère selon les endroits, quelques vers explorent l'environnement et guident la boule de vers en direction de la zone où la température est préférée.
 
Alimentation :
Régime : 
Algivore
Ces vers consomment des microalgues, des cyanophycées, et se nourrissent aussi de matière en décomposition (une partie de la nécromasse végétale et des micro-organismes ; bactéries, champignons…).
 
Maintenance
Paramètres de maintenance :
Température :(°C)
        0      10              20      30
pH :
         6,5      7            7      7,5

GH :
(°GH)
         2       5              15       20
Caractéristiques de l'aquarium :
Volume :
10 l minimum (20 l recommandé)
Brassage :
 
 Ces vers affectionnent les habitats vaseux peu profonds et proches des berges de lacs ou d'étangs, les zones humides marécageuses non acides et riches en matière organique en décomposition.
Leurs habitats préférés sont les accumulations de feuilles mortes en décomposition, les branches ou racines submergées et en décomposition, les sédiments situés à la base de la végétation émergente

Attention : Pour des raisons mal comprises, on a récemment montré qu'elle est très perturbée par l'apport de charbon de bois activé dans son environnement (ce même charbon activé qui est utilisé en aquariophilie pour la dépollution de l'eau)

Dans la nature, il sert de nourriture à de nombreuses espèces, dont oiseaux d'eau, amphibiens, larves d'insectes aquatiques, sangsue, écrevisses, petits poissons, etc.
En aquariophilie, il est une nourriture de choix pour les petits carnivores et les omnivores.
Si le milieu leur plait et que les ressources le permettent, ils se multiplieront parfois jusqu'à créer des groupes denses sur certaines zones du fond.

Élevage

Non seulement ils sont riches en protéines et en nutriments, mais ils peuvent survivre pendant des périodes indéfinies dans un réservoir d'eau douce - ce qui signifie que contrairement aux autres aliments, ils ne saliront jamais l'eau et vivront jusqu'à ce qu'ils soient mangés par vos poissons.
L'un des avantages de la culture des lombrics aquatiques est qu'ils sont l'un des aliments vivants les plus faciles à cultiver, sont également plus résistantes que les daphnies ou les artémies adultes, mais ils ne se reproduisent pas aussi rapidement qu'eux.
Une culture de lombrics aquatiques pourra fournir quelques vers par jour pour la récolte, mais plus et vous épuiserez rapidement la culture.
Un autre de ses avantages est qu'il pourra survivre, et même se multiplier, dans l'aquarium s'il n'est pas consommé, et ne polluera pas l'eau.

Méthode 1 - Serviettes en papier (Robert Brand)

La méthode la plus couramment utilisée pour la reproduction des lombrics aquatiques consiste à utiliser un récipient peu profond rempli de bandes étroites de serviettes en papier. Bien que cette méthode soit la plus couramment utilisée en laboratoire, elle fournit également un approvisionnement fiable en lombrics aquatiques pour nourrir les poissons.

Pour commencer, vous aurez besoin d'un récipient non toxique pouvant contenir au moins dix centimètres d'eau. Les lombrics aquatiques préfèrent les eaux peu profondes et feront mieux s'ils sont conservés dans des récipients contenant entre dix et quinze centimètres d'eau.

L'eau utilisée pour une culture de lombrics aquatiques doit être traitée pour éliminer tout chlore ou chloramine et si vous y avez accès, l'eau de source est souvent le meilleur choix. L'eau d'aquarium vieillie constitue également un bon choix, à condition qu'elle provienne d'un aquarium bien établi.

Le substrat : Pour cette méthode, vous devez utiliser des serviettes en papier brunes ou bio. Elles doivent être déchirées en petites bandes et ajoutés jusqu'à ce qu'ils couvrent tout le fond du récipient.
Selon les serviettes en papier que vous utilisez, elles devraient durer 10 à 14 jours avant de devoir être remplacées. Vous pouvez ajouter de nouvelles bandes de serviettes en papier après un changement d'eau, et la clé est de fournir suffisamment de serviettes en papier pour que le fond soit entièrement couvert.
L'eau dans le récipient doit être changée au moins une fois toutes les deux semaines, mais pour des résultats optimaux, vous devez essayer de changer l'eau chaque semaine. Pour changer l'eau, apportez simplement le récipient dans un évier ou dans des toilettes et versez la plus grande partie de l'eau - en veillant à ne pas perdre de vers. Une fois qu'il a été versé, vous pouvez ensuite ajouter de l'eau nouvelle pour le compléter.

Il est également très important de se rappeler qu'une culture de lombrics aquatiques nécessite une aération et que vous devez fournir une pierre à air ou un petit filtre en éponge. Alors qu'un filtre éponge fournira une culture beaucoup plus stable, sans pierre à air, la culture connaîtra probablement une croissance plus lente.
Bien que la fonction principale de l'aération soit d'aérer l'eau, elle augmente également le nombre de vers qui se fragmentent et c'est ainsi que les lombrics aquatiques se reproduisent en captivité.(voir plus haut)

Nourrir les vers noirs dans ce type de culture est extrêmement facile, et la plupart de leur nourriture sera dérivée des organismes qui se nourrissent des serviettes en papier lorsqu'ils se décomposent. Ils doivent être nourris avec parcimonie et quelques flocons de nourriture pour poissons tous les quelques jours devraient être plus que suffisants. Assurez-vous de ne jamais les nourrir tant que tous les vieux aliments n'ont pas disparu, car vous pouvez facilement encrasser l'eau si vous ne faites pas attention.

Méthode 2- Substrat de gravier et plantes (Robert Brand)

Comme la méthode des serviettes en papier, vous devez choisir un récipient ou un aquarium pouvant contenir au moins dix centimètres d'eau et toute eau que vous utilisez doit être de l'eau de source ou de l'eau d'aquarium vieillie.

La principale différence entre ces deux méthodes est qu'au lieu de serviettes en papier pour un substrat, vous devez utiliser une très fine couche de gravier et ajouter plusieurs plantes.
Pour les plantes, on utilisera principalement de la mousse de Java qui fournit de petites quantités d'infusoires aux lombrics aquatiques à manger. Vous pouvez essayer d'autres plantes, mais la plupart des variétés de plantes enracinées ne fonctionneront pas dans l'eau peu profonde fournie.

Vous devrez fournir de la nourriture supplémentaire dans cette méthode. Cela peut être un peu délicat, car l'eau peut se salir assez facilement.

Les meilleurs aliments pour cette méthode sont des morceau de courgettes ou des pastilles de spiruline. N'utilisez qu'un seul granulé à la fois et toute courgette doit être enlevée après 24 à 48 heures, sinon elle commencera à pourrir et ruiner la qualité de l'eau.

La croissance démographique est beaucoup plus élevée dans ce type de configuration. Bien que cela puisse avoir quelque chose à voir avec la nourriture, il est plus probable que cela soit le résultat d'un plus grand nombre de vers qui se fragmentent lorsqu'ils se déplacent dans le gravier.

Méthode 3 -Aquarium dédié (Grand Père)

C'est une méthode plus naturelle qui a l'avantage d'être faite dans un bac d'élevage classique, libre de technologie... ou pas. L'inconvénient peut être le prélèvement, un peu plus compliqué que dans les deux autres méthodes.
Dans un aquarium bien établi, muni de plantes, de branches, d'un substrat mou et d'une litière de feuilles, on installe une souche de lombrics aquatiques. On peut le faire en même temps que d'autres élevages : daphnies, aselles, tubifex, crevettes naines, ostracodes, cyclopes... avec lesquels les lombrics cohabiteront sans problème.
Un substrat de sable permet aux lombric de s'enfouir, c'est idéal pour eux, mais cela complique sérieusement la récolte. On peut régler le problème en installant une litière de feuilles. Les lombrics y grimperont pour se nourrir, et pourront être facilement attrapés.

Récolte

La récolte des lombrics est assez simple et vous pouvez utiliser une pipette ou une poire si vous avez besoin d'un grand nombre de vers ou d'un tuyau de prélèvement dans le cas de la troisième méthode.

Une méthode de récolte originale (GP, 2021) consiste à introduire dans le bac d'élevage des boules de Cladophora (Aegagropila linnaei). Les lombrics aiment s'y mettre. Les boules seront ensuite prélevées et plongées dans le bac où les poissons doivent être approvisionnés. Les lombrics en sortiront petit à petit, plus vite si l'eau y est plus douce, et seront alors gobés au fur et à mesure.

Tous les vers récoltés devrait être rincés avant de les mettre dans le réservoir s'il proviennent d'une des deux premières méthodes. L'eau étant possiblement polluée.
Essayez d'éviter de nourrir avec trop de vers à la fois certains poissons risquant d'en abuser.
Toutefois, si vous dispensez plus de vers que les poissons ne peuvent en manger rapidement, ceux ci peuvent s'établir dans votre aquarium, ce qui est plutôt sympathique.
 
Dispo vente :
Commun
Reproduction
Type :
En aquarium :
Courante
Paramètres types pour la reproduction :
Température :
10 à 20 °C
pH :
7
GH :
5 à 15 °GH
Processus de reproduction :
Reproduction sexuée
La reproduction sexuée de vers adultes ne semble pas avoir été observée ni documentée, mais on suppose qu'il y a copulation et échange de sperme, comme cela est observé chez de nombreux vers de terre.
Les vers, hermaphrodites, fécondés émettent chacun des capsules ou "cocons" transparents. Chaque cocon contient de 4 à 11 œufs fécondés. Le développement embryonnaire aboutit à un jeune ver (sans passer par un stade larvaire). De petits vers autonomes d'environ 1 cm de longueur, sortent du cocon environ deux semaines après la fécondation.

Reproduction asexuée
Les vers d'élevage sont généralement plus petits (4 à 6 cm) que les spécimens sauvages et n'atteignent jamais la maturité sexuelle ni ne produisent de cocons, au profit d'une reproduction toujours asexuée par fragmentation.
Chaque ver se divise spontanément en deux ou plusieurs fragments qui généreront chacun un nouveau ver en formant une nouvelle extrémité ; tête ou queue ou les deux. Chaque nouveau ver comporte dans ce cas à la fois des segments anciens et nouveaux, d'âge différent, représentant un développement de deux générations, ou plus.
Commentaires
Étymologie : Lumbriculus du lat. lumbricus, "ver de terre" qui paraît se rattacher à lubricus, "glissant" (ici petit ver), et variegatus du latin variegare "varié"
Sources
GBIF
-Robert Brand in Aquarium Tidings ( https://aquariumtidings.com/)
Aquazolla (https://aquazolla.com/)
- R. O. Brinkhurst & S. R. Gelder, "Annelida: Oligochaeta and Branchiobdellida" In Ecology and Classification of North American Freshwater Invertebrates (T. H. Thorp and A. P. Covich, Eds.), Academic Press, New York, (1991).
- C. D. Drewes, "Helical swimming and body reversal behaviors in Lumbriculus variegatus (Family Lumbriculidae) ", in Hydrobiologia, no 406, (1999)
- C. D. Drewes & R. O. Brinkhurst, "Giant fibers and rapid escape reflexes in newly hatched aquatic oligochaetes, Lumbriculus variegatus (Family Lumbriculida)", in Invertebrate Reproduction and Development, no 17, (1990)
- C. D. Drewes, "Sublethal effects of environmental toxicants on oligochaete escape reflexes", in American Zoologist, no 37, (1997)
- N. Lesiuk & C. D. Drewes, "Behavioral plasticity and central regeneration of locomotor reflexes in the freshwater oligochaete, Lumbriculus variegatus" in Transection studies, Invertebrate Biology 120, (2001)
- Inna Nybom, David Werner, Matti T. Leppänen, George Siavalas, Kimon Christanis, Hrissi K. Karapanagioti, Jussi V. K. Kukkonen et Jarkko Akkanen, "Responses of Lumbriculus variegatus to Activated Carbon Amendments in Uncontaminated Sediments" in Environ. Sci. Technol., vol. 46, no 23, (2012)
- Lesiuk & Drewes, « Autotomy reflex in a freshwater oligochaete, Lumbriculus variegatus », Hydrobiologia, no 406, (1999)
- C. D. Drewes & C. R. Fourtner, « Morphallaxis in an aquatic oligochaete, Lumbriculus variegatus: Reorganization of escape reflexes in regenerating body fragment », Developmental Biology, no 138, (1990)
- N. Lesiuk & C. D. Drewes, « Behavioral plasticity and central regeneration of locomotor reflexes in the freshwater oligochaete, Lumbriculus variegatus », II. Ablation studies. Invertebrate Biology, no 120, (2001)
- C. Drewes & K. Cain, « As the worm turns: Locomotion in a freshwater oligochaete worm », American Biology Teacher, no 61, (1999)

Donnée personnelles : GP