D'aquariophile confirmé à débutant. Voyage au cœur d'une remise en question
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Manu95



Modérateur
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Posté le : 24/02/2024 19:54:40
 
 
J'avais il y a bientôt un an, écrit un petit message (en fait il était plutôt long) sur aquachange, et je me dit que ce serai pas mal de le publier ici, sur B-aqua , ayant envie de partager (avec une pointe d'humour et d'ironie) le cheminement de point de vue, du jeune aquariophile que j'étais jadis, avec le sentiment d'être un aquariophile expert en la matière, à ma reprise aujourd'hui, ou je me voit comme aquariophile débutant ayant tout à découvrir et à apprendre. C'est le guide du débutant d'Opabinia qui m'a rappelé que j'avais écrit ce texte, et me redonne l'envie de vous le publier. Et pour aussi inciter d'autres qui comme moi ont démarrés leur premier bac maladroitement, à l'heure ou le bien être des animaux ne prenais pas une place importante dans les débats de société, ou l'on surfait sur la toile à l'aide d'un minitel et ou l'on décrochait l'écouteur en guise de haut parleur, à partager aussi leurs erreurs de jeunesse.

Les années 90 : au menu, soupe de poisson, salade de grosse tête, et sorbet d'insouciance.

J'avais 14 ans à la mort de mon premier poisson. Bubule qu'il s'appelait (c'est très original, j'en conviens). Un poisson rouge gagné dans une fête de paroisse en 1994, et ou ma mère soucieuse de ses conditions de vie, a en une semaine troqué le saladier temporaire en un magnifique bac, équipé d'un filtre, embellis par une merveilleuse plante … en plastique. Au passage, le bac avait un volume de 10 à 15 L. Mon père lui avait d'ailleurs confectionné un couvercle en bois. Bref, voyez comme l'aventure commence bien. Changement d'eau toute les semaines sans qu'elle soit reposé 24 heures bien entendu (Moi jeune : « le quoi ? Le chlore ??? mais non on n'en trouve que dans la piscine publique de ce truc voyons ! »), sans contrôle de température. Et c'est qu'il était très attachant bubulle, à me suivre quand je passais devant l'aquarium (oui, le mot nano n'existait pas encore dans le langage courant… le nanisme chez le Poisson rouge non plus). Puis un été, j'étais en vacance chez ma grand-mère ; coup de téléphone de ma mère qui m'annonce le décès de mon poisson rouge, sans doute à cause de la chaleur. Bien entendu après des larmes, je n'ai pas chercher à comprendre plus loin … il fait chaud l'été, et bon à un âge aussi avancé qu'un an et demi, un poisson aussi âgé (Moi jeune : « 15 ans ???, mais non, ça c'est pour les chats! ») a sans doute du mal à tenir la chaleur. Je ne me doutait pas que si j'avais confié l’enquête au commissaire Navaro, je suis sûr qu'il aurait trouvé autre chose, comme un pic de nitrites (Moi jeune : « C'est dans les Pyrénées ça ? »), ou autre chose.

Bref, je fais mon deuil, une première boite est enterrée au fond du jardin (plus tard s'y trouvera Prosper le hamster de ma sœur, 3 ans de vie c'est mieux quand même) et pour me consoler mes parents me proposent d'acheter un plus grand bac pour plusieurs poissons. Passage à Truffaut, j'achète le bac, le sable les plantes naturelles (choisi sur un critère esthétique et coup de bol j'ai pris une croissance rapide et bonne épuratrice j'ai nommé Vallisneria spiralis) avec une racine. Le vendeur me parle d'un truc qui s'appelle le cyclage de l'aquarium, en gros 3 semaines sans poisson (moi jeune : « Si long que ça? »), le temps que les bactéries qu'il me vend sous forme liquide (ben ouais, vous la sentiez venir celle la hein ? c'est un vendeur) et un autre produit de la marque « je ne sais plus à quoi ça sert » (le liquide avait quand même la couleur du canard WC) agisse. Durant ces 3 semaines, ma mère me recommande d'aller voir le voisin qui possède un vrai aquarium de poissons tropicaux, (moi jeune : « Wouahhh, le truc archi classe ») pour demander des conseils, car il a l'expérience. Ayant acheté un 60L, il m'écrit donc une liste de poissons à prendre ... je ressors ainsi avec marqué sur la précieuse liste « 6 guppys (2M 4F), 10 néons bleus, 4 néons roses, 6 danios rerio, 6 tanichthys , 1 poisson nettoyeur de gravier (il a précisé corydoras) et un lave vitre (il a précisé pleco). Trois semaines plus tard, tout ce petit monde est enfermé dans un sac plastique transparent et trempe dans l'eau pour l’acclimatation (le vendeur m'a tout vendu sans se préoccuper de mon bac, ni des 60L … aucune questions de sa part pour valider ou orienter mes choix. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, n'est ce pas ?). Trente minutes plus tard, je déverse je contenu des sac (poissons et eau) dans le bac principal, pour le plus grand plaisir des yeux (Moi jeune : «C'est vrai qu'ils sont trop beaux et super cool les poiscailles»). Changement d'eau à 30% une fois par mois, je m'y tiens.

Deux ans plus tard, la moité des néon bleu à survécus, les deux poissons techniciens de surface aussi, et … plus aucun danio rerio, ni de tanichthys, et les guppys, ont été remplacés à plusieurs reprise (moi jeune : bordel, pourquoi je n'ai toujours pas d'alevin de guppy !!! ). J'ai troqué mon 60L pour un 120L (moi jeune : « C'est trop d'la balle ») et du coup, encouragé par quelques vendeurs compétant (vous pouvez séparer le mot en deux), nouveau volume, donc nouveau habitants, en plus des anciens qui ont survécu : 4 blacks molly, 4 platys, 2 scalaires, et vu que je suis envahis par des mélanoïdes et des physes, un Botia (Moi jeune : « Un poisson clown qui bouffe des escargot quoi »), plus exactement nommé Chromobotia macracanthus (moi jeune : « A tes souhaits ») … Voilà on y est, j'ai atteins ma plus haute surpopulation (moi jeune : « surpopula quoi? »). Puis on m'offre le livre «  le guide marabout de l'aquariophilie pour débutant ». La je découvre des photos, des conseils pour soigner les maladies (Moi jeune : « je sais, les point blancs, c'est pas que sur les coccinelles »), la notion de PH (moi jeune : «eurêka, c'est pas le diminutif de Pharmacie en fait») que je teste avec des bandelettes périmées issues de la boite de chimie 2000 de ma sœur, et la reproduction (moi jeune : « ha oui ! Un pondoir en plastique c'est ce qui me manquait). A partir de là, je me suis considéré comme un expert en aquariophilie (3 ans d'expérience et la lecture d'un bouquin de pour débutant) et je cranais auprès des copains, ayant même conseillé certains (Moi jeune : « Si si, c'est le vendeur qui l'a dit »). Puis plus tard, je vois 4 alevins de guppy qui se baladent derrière le chauffage (Moi jeune : « héhé j’obtiens le rang de maître*»). Vite, à l'épuisette je les choppes, et hop, dans le pondoir en plastique pour les sauver. Puis une fois un peu plus grand, je les met dans le bac de bubulle (je l'avais gardé oui) puis enfin dans le grand bac (à 18 ans dans les années 90, un 120L c'est énorme). Plus tard, j’apprends à repérer les femelles enceinte et les achètes tel quel dans l'animalerie (ou apparemment certains employés ne savait pas faire la différence entre mâle et femelle ; quand je pense à la pauvre femelle seul dans le bac de vente des mâles ...), pour les faire pondre directement dans le bac de bubulle (oui je l'ai encore gardé). 120 alevins survivent et grandissent dans une caisse en plastique de 30L, durant 2 années de plus (Avec très peu de mort depuis 2 ans dans le 120L et la caisse de 30L, c'est le mimi, c'est le rara, c'est le miracle, on peu le dire*). Au final, le temps passe, je déménage et laisse l'aquarium chez mes parents, plus d'achat, la faune n'est plus renouvelé. Un jour, la dernière guppy femelle meure.

Petit encart sur le grand nettoyage d'été. Je n'allais pas fermer cette partie sur les années 90 sans vous parler du grand nettoyage du bac annuel, c'est une pépite. Ma mère étant assez porté sur la propreté, et mon aquarium étant dans une chambre sous un toit qui peut monter à 34 C°, l'été on déménage le bac (le 60L les premières années, puis le 120L) dans l'entrée, au frai. Au passage, c'est l'occasion de faire un grand nettoyage de l'aquarium à savoir : vidage et renouvellement de 100 % de l'eau, nettoyage par un long brassage à l'eau du robinet du gravier afin qu'il ne libère plus de boue ou de crasse, nettoyage total du filtre, mousse comprise, sous le robinet. Remplissage ensuite de l'aquarium (après avoir changer la configuration pour un peu de renouveau) avec de l'eau 100% du robinet, non reposé bien évidement. Au bout de trois heures, tout le monde de nouveau dans le bac (pas acclimatation, ça sert à quoi vu que ce ne sont pas de nouveau poissons n'est ce pas ?). Et voila le travail (moi jeune : « c'est trop beau!!!!!!!! » / ma mère : « ah enfin c'est propre »). Et nouveau miracle, et bien pas de pertes après ce décapage en règle … aujourd'hui je ne comprend toujours pas comment ils ont pu tous survivre ; Le pic de nitrite devait en fait bien être dans les Pyrénées


2021 : leçon d'humilité


Début d'année 2021, me viens l'envie de me relancer sur l'aquariophilie et de le partager avec ma fille (alors 6 ans). Je projette un bac de 300L et déjà, je compte y mettre moins d'espèces différentes et moins de poissons, sans avoir encore fait des recherches mais juste du bon sens, et sans doute lié aussi à la préoccupation du bien être animal qui a grandis et s'est affiné dans nos consciences. Je part de nouveau sur les poecilia réticulata et un banc de Paracheirodon innesi. Mais cette fois, internet est la, et je passe sur plusieurs sites et forums d'aquariophilie pour approfondir mon projet, car je sens aussi, sans trop savoir pourquoi, que mon choix n'est pas forcement pertinent, et préfère avoir toutes les information en main. Et bien évidement, je modifie mon projet, me rendant compte que ces deux poissons sont incompatibles. Je me rend bien compte que j'ai tout à apprendre, désapprendre et réapprendre dans ce domaine. Je me décide à créer un compte sur un forum forum animé par des spécialistes de confiance et me renseigne sur d'autres poissons, et fini par faire mon choix, après avoir consulté pas mal de sources sur plusieurs poissons. Ce choix, c'est le poécilia wingei, et ce sera au final uniquement ce poisson dans le 200L. Et un an plus tard, je prend pour ma fille un heterandria formosa dans son 110L, après toujours autant de recherches et réflexions.

Conclusion

Voila un peu l'histoire de mon parcours, aux début chaotique. Dans ma jeune immaturité cumulé à un manque d'information sur le sujet, avec une pointe de trop grande confiance en moi (qu'on pourrait nommer orgueil), j'ai fait énormément d'erreur graves. Une époque ou dans la majorité des esprit, un bocal à poisson rouge ne choquait pas, et ou ne se posait pas tant de question sur les bonnes conditions d'accueil de nos hôtes. J'ai envie de dire aux nouveau aquariophiles qui début, qu'ils ont cette chance d'avoir internet et tant d'information de disponible, qu'il faut trier bien sur, permettant de trouver toutes les réponses nécessaires (au prix quand même d'un minimum d'effort de recherche) avant de se lancer dans un aquarium.
Sur le forum, je lit beaucoup, je pose des questions quand je n'ai pas trouver la réponse, ou une réponse qui me semble fiable, et j'interviens rarement, sauf si je suis sur de ma réponse, avec souvent l'emploie du « il me semble que » ou tout autre nuance permettant d'indiquer que ma réponse n'est pas une vérité universelle. Je me sens loin des mauvais conseils de faux expert que je pouvais donner dans les années 90.
En bref, voila comment, je suis passé d' aquariophile confirmé à aquariophile débutant Wink.

Voilà, si quelques membres souhaitent partager à son tour ses début, ses erreurs, et comment il s'est remis en question et a évolué, n'hésitez pas.


Grand Père



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Posté le : 25/02/2024 06:27:01
 
 
Oui, je me souviens de ce texte. Le tâtonnement était inévitable à l'époque où s'informer sur le sujet était très compliqué. 
J'ai commencé dans les années soixante... J'en sais quelque chose ! 

Depuis l'avènement de l'omniprésente toile cependant, toutes les informations sont disponibles à la plupart d'entre nous.  Personne n'a l'excuse de l'ignorance. 


Jakartabuce



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Posté le : 25/02/2024 12:48:41
 
 
Bonjour,

Je me souviens aussi très bien de ton sujet, pas mal de gens avaient partagé leurs expériences personnelles, moi y compris, je ne retrouve d'ailleurs pas mon texte .
En tout cas, merci pour ce re-partage, c'est toujours intéressant de ce replonger dans son passé.

Kracmak



Modérateur
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Posté le : 26/02/2024 16:29:55
 
 
Dans les années 90, les seuls sources d'informations facilement disponibles étaient les vendeurs (avec tout ce que ça implique) ou les livres type encyclopédies (et pour en avoir consultés certains, il valait parfois mieux les conseil des vendeurs). Donc les erreurs dans les premiers temps étaient malheureusement inévitables avec en plus, aucun moyen de savoir si on avait agit comme il faut  : un poisson rouge, ça fait la taille d'un hamster donc ça doit avoir la même espérance de vie non ? comme ça, c'est plus gros qu'un hamster une fois adulte ? il est pas adulte bubulle ?


Moi j'ai débuté avec comme référence les encyclopédies du paternel et son expérience à savoir un 80 litres avec scalaires, black molly, guppy, botia clown, labéo bicolore, platys et monodactylus (mais on rajoutait un peut de sel de guérande pour le monodactylus, il faut pas déconner !). Et l'eau (osmosée) vendu dans les animaleries, c'était de l'eau pour ceux qui ne voulaient pas attendre 3 semaines de cyclage.

Heureusement, quand j'ai commencé de mon coté quelques années plus tard avec des bettas, il a bien fallu que je me renseigne pour savoir comment se passait la reproduction et Internet était déjà suffisamment développé pour me montrer toutes les erreurs que je faisais.

Opabinia



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Posté le : 26/02/2024 18:40:49
 
 
Bonsoir

Comme beaucoup, j'ai commencé toute jeune ado enthousiaste entre 70-80 (après avoir été une enfant fan des poissons rouges en bocal et plante en plastique) mais sans Internet ni même livre potable, ceux disponibles ou qu'on m'offrait avaient ... de belles images ! Ayant tout un tas de bestioles, mes suppliques pour avoir un aquarium digne de ce nom auprès de mes parents ont fini par aboutir un soir de Noël ("regardez comme c'est joli un scalaire! Et puis c'est beau avec des plantes : là, comme sur la photo !) 

Puis est venu le Guide Marabout. Quand je le relis maintenant, j'ai les poils et les écailles se hérissent. Quant au vendeur de mon quartier, il s'est enrichi grâce à mon maigre argent de poche que j'ai englouti chez lui. Notamment en Baktopur et Mycopur. Nan, ça grandit pas ça s'adapte à la taille du bac, oui pas de souci, on peut les mettre ensemble et pis ça vit pas vieux, hein...
De mon côté, j'avais appris par coeur tous les noms scientifiques de "l'encyclopédie des poissons", leur biotope, leur taille... mais n'avait aucune idée de leurs besoins en aquarium. 

C'est comme ça que j'ai eu aussi deux de chaque dans mon 70l. Des chenilles, des corys, deux plecos (en fait probablement des ancistrus, de mémoire), et plein d'autres qui se sont succédés, un couple de Betta, et même deux scalaires (le Marabout disait "un grand aquarium" or 70l pour moi qui n'avait eu que des bocaux, c'était grand).

Bref, tout comme Manu, je changeais l'eau tous les mois, grand nettoyage - le deal avec mes parents "tu t'en occupes"-, mais avais lu quelque part qu'il fallait diluer l'eau du robinet, alors les poissons attrapés à la main attendaient dans une bassine, dans l'eau du bac, que je remettais ensuite avec de l'eau du robinet toute propre, fraichement tirée. Idem pour les plantes que je déplantais aussi par la même occasion. Heureusement, j'avais un filtre sous sable, et ce dernier n'était pas complètement rincé (je touillais dans l'eau restante de l'aquarium avant de l'aspirer). Ils étaient solides les poiscailles ! Trucidés lors de vacances par un voisin trop zélé qui avait vidé la boite de TetraMin + panne de chauffage, ce 70l maintenant "boule à neige" a permis à Bubulle (nième du nom) de finir sa vie jusqu'à l'âge canonique de 20 ans, comme son copain un peu plus âgé mais mort 2-3 ans avant.

Puis, aux Puces, j'ai découvert le "guide pratique de l'aquariophile" par Hans Frey. Pas tout jeune, bien plus ancien que le Marabout, mais tellement plus en avance ! Il m'a ouvert les yeux. Un "low tech" avant l'heure.

Petits extraits choisis du Marabout, pour que les jeunes se fassent une idée. Sa parution avait été une révolution !

-Les accessoires relatifs aux plantes (p.100) : 

(...) la particularité de l'autre accessoire (que les pinces-ndO), est d’être un animal vivant. (...) certains aquariophiles ont recours pour cela à des mollusques tels que divers escargots d'eau comme auxiliaires nettoyeurs. (...) leur présence serait donc souhaitable si leur menu se limitait à cela (les algues ndO), mais la plupart ont la fâcheuse habitude d'améliorer l'ordinaire en broutant allègrement les plantes. C'est dire que les escargots doivent impitoyablement être bannis de l'aquarium à une seule exception près : les planorbes. (...) ils sont donc des auxiliaires utiles, moins cependant que certains poissons mangeurs d'algues.

(plus loin, on mentionne encore les "nettoyeurs mangeurs d'algues comme les Otocinclus, Gynocheilus et Plecostomus)


-Les corydoras

(...) ils préfèrent les repas gastronomiques (aux déchets-ndO), tels que les vers de vase. L'ennui, c'est que pendant qu'ils fouillent le sable, les battements de leur queue troublent l'eau en soulevant les impuretés. ce qui permet de dire que ce sont des poissons qui nettoient dans les livres mais salissent dans les aquariums! Ils présentent également un défaut majeur : niveler en quelques jours le relief du décor que vous vous êtes escrimé à créer.(...)N'en concluez pas que nous n'aimons pas les corydoras ou qu'ils ne présentent aucune utilité. S'ils n'ont rien de séduisant au premier abord sous leur air bourru, ils deviennent vite sympathiques(...) Par contre, pour ce qui est de leur utilité, ils n'en ont qu'une : celle d'éponger sur le sol les excédents d'une nourriture que certains possesseurs d'aquarium ne peuvent pas s'empêcher de distribuer avec une libéralité coupable. A ce titre seulement, le terme de nettoyeur peut leur être accordé.


-Plecostomus

(...) A la vérité, gris-beige ou brun marron, ces poissons très laids ne sont pas achetés pour leur esthétique- ils ont d'ailleurs le bon goût de se cacher dans le jour- mais pour leur remarquable aptitude à débarrasser un bac de ses algues. (...) Compte-tenu de son rôle exclusivement utilitaire, un poisson mangeur d'algues doit être considéré non pas comme faisant partie de la population, mais comme élément de l'équipement normal d'un aquarium. 

Pour sa tranquillité et sa taille raisonnable, nous préconisons l'introduction d'un Gyrino dans tout bac d'une dimension inférieure à un mètre de façade (Sic) : tandis que la préférence ira au Pleco dans un aquarium de taille supérieure.


- Scalaires

(...) Tous les scalaires aiment vivre en compagnie d'autres membres de leur espèce, dans des aquariums assez vastes et non étirés en longueur, car ils ont besoin d'une certaine hauteur d'eau. (...) ils préfèrent cependant de beaucoup des eaux très claires légèrement acides (pH 6,8) et de dureté raisonnable (D.H.15 ou même moins). (...)

Capables de vivre 7 ans, ils sont d'un naturel paisible et même peureux : leur sociabilité est excellente.


Il va sans dire que le volume n'était pas indiqué et qu'à l'époque je n'avais aucune idée de ce que pH signifiait et encore moins DH. Quant à leur sociabilité, dans 70l c'était tout relatif ! 


Manu95



Modérateur
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Posté le : 26/02/2024 23:18:12
 
 

-Plecostomus

(...) ces poissons très laids ne sont pas achetés pour leur esthétique- ils ont d'ailleurs le bon goût de se cacher dans le jour-  (...)


Punaise cette phrase m'est revenue en mémoire à la lecture . le "il a le bon goût de se cacher en plein jour" ça me reviens comme un flash ^^


Au passage, c'était dans mon premier bac, le poisson qu'un de mes potes trouvé le plus beau ;).


Grand Père



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Posté le : 27/02/2024 06:18:55
 
 
J'ai eu aussi le "Marabout" (édition de 1974). mais j'ai commencé avec "L'aquarium équilibré" de Boucher (1948), de ma Grand-Mère. 
J'ai le souvenir que le Marabout (offert par ma soeur) ne m'avait pas apporté grand chose, sinon une liste d'espèces et de matériel désormais "accessibles" au commun des mortels. 

Mon cheminement a été différent car, comme Monsieur Jourdain, j'ai commencé par faire de l'aquariophilie sans le savoir. Je suis tombé dedans étant petit.
Dans mon souvenir, j'ai toujours participé au maraichage et à l'élevage avec mon Grand-Père... et à l'entretien de l'aquarium de ma Grand-Mère. La fusion des trois, étayée par une curiosité digne de Pic de la Mirandole a fait de moi ce que je suis. 
J'ai, je crois, toujours cultivé des plantes, élevé des animaux aquatiques prélevés dans la rivière proche ou dans les étangs. Je me souviens que mes premiers sujets d'études étaient les larves de moustiques et les premiers bénéficiaires les Poissons rouges de ma Grand-Mère. Tout alors servait mes expériences : bassines, tonneaux... Terre de jardin, sable de rivière, eau de pluie... 
Mes premiers "vrais" aquariums étaient de bacs en tôle galvanisée d'occasion des années 50, (et certains sont toujours là !), aux vitres mastiquées, donnés par un voisin déjà lassé.
J'ai eu ensuite mon premier "aquarium complet" un soixante litres en plastique moulé (années 70 obligent) et mes premiers poissons exotiques. Et puis... et puis ça a dégénéré. De naturaliste je suis devenu aquariophile. En 77 je crois je suis devenu Président d'Honneur d'un club d'aquariophilie à L'École Nationale de Chimie... Et j'ai découvert (enfin) la chimie de l'eau. 
Il a fallu attendre les années quatre-vingt pour que je découvre l'écologie et quatre-vingt dix pour l'éthologie. Dans les années deux-mille je quittais mon travail "sérieux" pour animer avec mon épouse le Centre d'Initiation à la Nature (CIN) créé dix ans plus tôt...  Là j'ai découvert l'holistique. 
J'ai commis de nombreuses erreurs, j'ai vécu de nombreuses remises en question comme tout le monde mais, je n'ai jamais cessé de penser "aquariophilie". 
Aujourd'hui en retraite, de confirmé je redeviens débutant en reprenant tout à zéro.

Il est toujours un moment où, novice en la matière, on s'imagine avoir tout compris. Le danger est de passer alors pour un expert aux yeux des débutants. 
C'est le principal grief que j'adresserais à la multitude de sites qui s'improvisent experts après trois mois de pratique. 
Mais, pour être honnête, il faut bien admettre que chacun d'entre nous s'est rendu coupable, une fois ou l'autre, d'abus d'autorité. 
Pourtant, après des années d'aquariophilie, il reste toujours une foule de domaines pour lesquels on n'a encore aucune expérience. On reste malgré les années un éternel débutant en quelque matière. Il faut en convenir. 
L’humilité est l’un des piliers de l’aquariophilie, avec la patience, la curiosité et l’ouverture d’esprit… Mais ce n’est que mon avis. 

Kracmak



Modérateur
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Messages : 84
Posté le : 27/02/2024 10:38:18
 
 
"Il est toujours un moment où, novice en la matière, on s'imagine avoir tout compris. Le danger est de passer alors pour un expert aux yeux des débutants. 
C'est le principal grief que j'adresserais à la multitude de sites qui s'improvisent experts après trois mois de pratique."

je ne peux que valider cette déclaration : notre passion est remplie de pseudo-vérités et règles toutes faites, prêtes à être bêtement appliquées, que les "plus tout à fait débutants" bourrés de bonnes intentions s'appliquent à diffuser, pensant aider de la même façon qu'eux l'ont été.
Et comme ils l'affirment avec conviction (sans vraiment l'avoir compris), ils passent pour une référence aux yeux de celui, encore moins expérimenté, qui pose la question. Il fut un temps ou les forums étaient remplis de membres et de messages de ce genre, désormais, ce sont les commentaires des publications facebook qui le sont.

On a tous été cette personne a un moment et certains restent à stagner à ce stade, bloqués avec leurs certitudes : heureusement, pour la plupart, notre esprit critique prend le dessus, on se renseigne, creuse le sujet, et on se rend compte que finalement, on ne sait rien (John Snow).


Opabinia



Modérateur
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Messages : 632
Posté le : 27/02/2024 17:34:02
 
 
Sans oublier les vérifications par les pairs aquariophililes qui peuvent valider ou contrer les affirmations, c’est indispensable dans toute science qui se respecte, avec validation par reproductibilité, argumentation et même …exception ! 

Après, il y a quand même deux trois bourdes qu’on peut éviter aux débutants.

Gramalo



Modérateur
Inscrit le : 22/08/2023
Messages : 154
Posté le : 27/02/2024 18:53:00
 
 
Je peux aussi ma petite histoire de toujours débutants ?

J'ai eu mes premiers poissons bien avant l'adolescence quand mes potes et moi remontions le cours d'eau du village les pieds dans l'eau, à fouiner sous les pierres et dans les retenues d'eau. On ramenai parfois des vairons, des épinoches, des alvins de toutes espèces, un genre de petit poisson chat dont je ne connais pas le nom, des têtards et des écrevisses. Je crois que ce n'est pas légal mais en 1980, tous le monde s'en foutait. Tout ce petit monde finissait chez moi dans une grande bassine d'eau dans la cour de la maison pour y finir leur vie quelques semaines après. Ma période préado sans conscience mais curieux...

A l'adolescence, un pote m'a donné quelques poissons rouges tirés du bassin familiale (je doute que son père aurait apprécié de le savoir), ils ont rejoint la mème grande bassine mais cette fois, je me suis équipé d'un bulleur. Désolé, je n'avais aucune connaissance du monde aquatique à l'époque. J'étais surtout fan d'oiseaux et j'avais pu transformer une pièce abandonnée de notre maison en volière (30m2 au sol, plafond haut vouté de 5m, une grande ouverture vitrée et de grosses branches d'arbres mort accrochés aux murs en guise de perchoir), je trouvais qu'avoir des poissons dans cette volière ajoutait un plus. Une belle époque pour moi...

J'ai finalement eu mon premier aquarium à 40 ans, un 60L, acheté en urgence quand les enfants sont revenu de la fête foraine avec un poisson rouge. J'ai ensuite été coaché par un oncle de la belle famille qui possédait un 300L et qui m'a prêté toutes ses bonnes lectures pour enfin faire mon 1er vrai bac et je me suis lancé dans un 200L asiatique et comme j'aime les innovations, j'ai tenté des dizaines de méthodes de filtrations et toutes ont fonctionné, comme quoi, c'est pas l'élément le plus sensible d'un bac. Le fait marquant de cette époque, c'est quand ma compagne de l'époque m'offre un cadeau qui va faire pas mal de dégâts à mon bac, une Macrobrachium assez agressive avec ma population, acheté avec les conseils du vendeur. Ma période découverte, je dirais...

Sans aquarium pendant des années, j'ai gardé en tête l'idée d'un bac spécifique de micro-fish et c'est en tombant sur une promo, l'année dernière que j'ai sauté le pas. Et une fois le bac chez moi (60x40x50), je me suis mis à m'informer et comprendre que les dimensions ne sont pas idéales. Bon, à force de lire et visionner des tutos, j'ai quand même réussi à en faire un truc sympa et je ne regrette pas. Mais le plus important pour moi dans cette dernière année, c'est que j'ai enfin pris conscience de l’intérêt de chercher à avoir un environnement qui colle parfaitement à la faune qu'on y intègre. C'est devenu tellement important pour moi que j'ai fini par me faire éjecté de groupe Facebook et autres Forums qui trouvaient mon attitude non commerciale ou en marge avec l'intérêt général de l'aquariophilie "amateur" sans prise de tête. J'avoue, je manque parfois de douceur... C'est pas grave, je suis droit dans mes bottes !

Je reste un débutant et surement pour encore longtemps. C'est bien pour ça que je suis ici, j'ai la crème de la crême pour apprendre !


Manu95



Modérateur
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Messages : 31
Posté le : 27/02/2024 21:25:48
 
 
"Mais le plus important pour moi dans cette dernière année, c'est que j'ai enfin pris conscience de l’intérêt de chercher à avoir un environnement qui colle parfaitement à la faune qu'on y intègre. C'est devenu tellement important pour moi que j'ai fini par me faire éjecté de groupe Facebook et autres Forums qui trouvaient mon attitude non commerciale ou en marge avec l'intérêt général de l'aquariophilie "amateur" sans prise de tête".

Ici, on ne risque pas de t'éjecter parce que tu remets en question le bien être animal :). à contrario,  des gens parfois qui partent car les conseils qui leur ont été donné pour le bien être de leur pensionnaires ne les satisfaisaient pas, serai sans doute possible. Et nous débutants, il nous faut accueillir toute remise en question comme une vieille amie bienveillante :), pour mieux penser l'accueil de nos compagnons.

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