Descripteur : Brongniart, 1822
Famille : Parkeriaceae

Synonymes
Acrostichum siliquosum Acrostichum thalictroides Ceratopteris parkeri Cryptogenis ferulacea Ellobocarpus oleraceus Parkeria pteridoides
Pteris cornuta
Noms Communs
Fougère de Sumatra
Fougère filigrane
fougère flottante

Sumatra water sprite
Sumatra fern
Genre : Ceratopteris
Ceratopteris cornuta ((P.Beauvois) Le Prieur, 1830)
Ceratopteris pteridoides ((Hook.) Hieronymus, 1905)
Ceratopteris richardii (de Brongniart, 1823)
Ceratopteris siliquosa ((Linnæus) Copeland, 1935)
Ceratopteris thalictroides (Brongniart, 1822)
Ceratopteris thalictroides   
Fougère de Sumatra
Origines géographiques
Aire d'origine :
Monde
Pays :
Chine, Inde, Indonésie, Japon, Malaisie, Myanmar, Népal, Nouvelle Guinée, Philippines, Sri Lanka, Thaïlande, Vietnam.
Cosmopolite, la Fougère de Sumatra est présente dans toutes les basses terres tropicales du globe.
Afrique, Australie, Amérique, Madagascar, Iles du Pacifique.
Environnement
Eau :
Douce
Ceratopteris thalictroides est une fougère aquatique flottante ou lâchement enracinée. Elle pousse dans des zones marécageuses, des forêts marécageuses, des marais, des étangs naturels ou artificiels, souvent dans des plans d’eau stagnante ou dans des poches d’eau calme le long de rivières lentes, du niveau de la mer jusqu’à 1300 m en Afrique, mais le plus souvent en-dessous de 500 m d’altitude. On la trouve en plein soleil ou à l’ombre modérée, parfois massée sur des grumes ou d’autres végétaux flottants, ou autour d’eux.
Liste Rouge UICN : 
LC
 
C. thalictroides est répandue dans tous les tropiques et n’est pas menacée d’érosion génétique ou d’extinction.
Description
Type :
Plante
Croissance :
Très rapide
Taille :
25 à 70 cm
Fougère aquatique ou semi-aquatique, flottante ou faiblement enracinée dans le sol, avec un rhizome érigé court et une touffe de feuilles en rosette. Feuilles dimorphes ; feuilles stériles à pétiole succulent de 5–50 cm de long, peu écailleux avec de larges écailles brun pâle, rempli de canaux d’air, limbe des feuilles stériles deux ou trois fois pennés, membraneux, glabre, avec des nervures évidentes anastomosées, souvent munies de bourgeons adventifs aux aisselles des pennes, pennes de formes irrégulières, lobes ultimes linéaires oblongs à elliptiques. Limbe des feuilles fertiles érigé, de deux à quatre fois divisé, jusqu’à 100 cm, lobes ultimes linéaires, bord révoluté, recouvrant les sporanges dispersées individuellement le long des nervures. Spores tétraédriques, de 95–125 μm de diamètre, jaune pâle, translucides, avec une réticulation irrégulière.
Ceratopteris thalictroides est morphologiquement très variable. Cultivée sous l’eau, comme dans les aquariums, le limbe des feuilles (stériles) submergées est finement penné, avec les lobes ultimes linéaires.
Peut être confondue avec C. cornuta qui possède des feuilles plus larges et moins découpées.

Elle se différencie de la Ceratopteris Cornuta par des frondes généralement plus finement découpées. Les deux espèces sont très proches et intimement liées. C. Cornuta (diploïde) possède deux fois moins de chromosomes (2N) que C. Thalictroïdes (teretraploïde, 4N chromosomes) et les botanistes pensent que C. thalictroïdes et l'hybride naturel et stable de trois ou quatre fougère dont l'une d'elles est Ceratopteris cornuta.

Description botanique
Plantes aquatiques enracinées ou flottantes. Rhizome court, dressé, mal défini, jusqu'à 5 mm de diamètre, serti de racines et de frondes encombrées. Frondes dressées, caespiteuses, dimorphes, fertiles au-dessus des stériles, stériles jusqu'à 265 mm de long, fertiles jusqu'à 420 mm de long; stipe vert, carneux, cylindrique, stérile jusqu'à 85 mm de long, jusqu'à 4 mm de diamètre, fertile jusqu'à 145 mm de long, jusqu'à 5 mm de diamètre, glabre ou à écailles clairsemées, écailles brun pâle à hyalines, membraneuses, peltées, largement elliptiques à largement ovale, repand, souvent avec quelques glandes unicellulaires en surface, jusqu'à 2,4 mm de long, 0,8 mm de large; limbe catadrome, herbacé, stérile ovale, à 2-penné, jusqu'à 165 mm de long, jusqu'à 130 mm de large, avec jusqu'à 5 paires de pennes pétiolées, fertile largement ovale, à 3-penné, jusqu'à 275 mm de long, jusqu'à 175 mm de large, avec jusqu'à 7 paires de pavillons pétiolés; rachis vert, carneux, cylindrique, quelque peu flexueux, glabre ou peu dressé avec des écailles semblables à celles du stipe; pennes pétiolés, pétiole cylindrique, jusqu'à 13 mm de long dans le limbe stérile, jusqu'à 26 mm de long dans le limbe fertile, alternes, proximalement largement espacés, plus rapprochés distalement, stériles chevauchants ou non, étroitement ovales, jusqu'à 80 mm de long, jusqu'à 55 mm de large , avec jusqu'à 2 paires de pinnules pétiolées, fertiles se chevauchant, largement ovales, jusqu'à 145 mm de long, jusqu'à 100 mm de large, avec jusqu'à 5 paires de pinnules pétiolées; pinna-rachis cylindrique, glabre ou clairsemé avec des écailles semblables à celles du stipe; pinnules sessiles ou pétiolées, jusqu'à 2 mm de long dans le limbe stérile, jusqu'à 8 mm de long dans le limbe fertile, stériles largement ovales à inéquilatéralement trullées, irrégulièrement lobées, jusqu'à 27 mm de long à 22 mm de large, fertiles à 1-pennées, sous-circulaires à largement ovales , jusqu'à 68 mm de long, jusqu'à 56 mm de large, avec jusqu'à 2 paires de segments; segments profondément divisés en lobes linéaires, mesurant jusqu'à 26 mm de long et 2 mm de large. Nervation évidente, réticulée, aréole sans veinules incluses. Sori linéaire, presque marginal, sur les veines des lobes s'étendant souvent jusqu'au pinna rachis; réceptacle nu; sporange sessile, capsule globuleuse en vue latérale, avec (73-) 82 (-85) cellules annulaires indurées, épistomium (9-) 15 (-18) -cellées, dont 5 à 14 cellules ont des parois nettement épaissies, hypostome (9 -) 10 (-16) -cellés, dont 5 à 11 cellules ont des parois nettement épaissies; indusium marginal, hyalin, linéaire, entier. Spores 32 par sporange, jaune, tétraédrique-globuleux, trilète, avec des crêtes de cours rayonnant à partir des angles en alignement presque parallèle, (114-) 121,53 (-128) (m de diamètre

Depuis 2010, le groupe de formes Ceratopteris thalictroides est divisé en plusieurs espèces ( C. thalictroides , C. gaudichaudii , C. oblongiloba , C. froesii ). La "fougère filigrane" à plumes fines n'appartient peut-être pas à Ceratopteris thalictroides au sens étroit, mais à C. oblongiloba ; cela doit encore être clarifié.

Note générale
C. thalictroides et C. cornuta ont généralement été distingués en ayant les frondes stériles bipinnatifides ou pinnatifides à lobes crénelés respectivement, la première étant plus ou moins d'Afrique de l'Est et la seconde d'Afrique de l'Ouest. Schelpe en 1969 les a traitées comme des variétés, l'une du Soudan au Zimbabwe, du Mozambique et de l'Angola et l'autre du Sénégal au Cameroun, mais a ajouté que même le statut variétal pourrait devoir être abandonné. Pichi Sermolli (1957) était enclin à considérer C. cornuta comme une espèce distincte d'Afrique de l'Ouest. Il considérait également C. gaudichaudii distincte avec ses frondes stériles de seulement 6–8 cm de long et étroitement divisées, et ses frondes fertiles de 15–16 cm de long. Il ne doutait pas que tout le matériel d'Afrique de l'Est était conspécifique avec le matériel sri-lankais et devrait être appelé C. thalictroides, et déclare spécifiquement qu'il n'avait vu aucun matériel se rapportant à C. cornuta. R. M. Lloyd a récemment réexaminé de manière approfondie le genre et enregistre les deux espèces d'Afrique de l'Est, mais la plupart des spécimens se réfèrent à C. cornuta. Les distinctions qu'il donne ne sont pas convaincantes et de nombreux spécimens ont été annotés C. sp. aff. cornuta mais c'est, je pense, une erreur pour cf. cornuta lorsque le matériel est jugé inadéquat; cela n'indique pas qu'il pense qu'une troisième espèce se trouve en Afrique de l'Est. Il a annoté Richards 10153 (Ufipa District, Kasanga, Kawa R., 18 juin 1957) comme C. thalictroides encore Last sn (Zanzibar) avec des frondes stériles 3-pinnatifides avec des segments étroits comme aff. cornuta. Il a également nommé un spécimen de la Sierra Leone et un autre du Mali sous le nom de C. richardii Brongn., Une espèce sud-américaine de faciès identique mais différant en ayant seize spores par sporange plutôt que trente-deux. il a été décidé que tout le matériel africain doit être considéré comme conspécifique avec le C. thalictroides asiatique. Peter (FD-OA: 18 (1929)) donne une référence (L.) Brongn. dans Dict. Sci. Nat. 3: 350 (1816) mais c'est une erreur.
Schelpe (1969) donne une synonymie complète.
Dispo vente :
Commun
Principalement vendue en plants racinés, cette fougère semble aussi disponible sous forme de spores fertiles. ( ?? Une seule mention. à confirmer ).
Maintenance
Paramètres de maintenance :
Température :
18 à 30°C
pH :
5 à 7,5
GH :
9 à 11
Compatible DSM :
Oui
Eclairage :
Fort
Brassage :
Très faible
La Fougère de Sumatra déteste avoir les racines enfoncées profondément dans le sol. On veillera donc à la planter seulement avec le départ de leurs racines visible, car le recouvrement du collet entraîne la pourriture de la plante. C’est le type même de la plante aquatique se nourrissant autant par ses feuilles que par ses racines. En fait, on peut la laisser flotter sans la planter. Afin d'éviter qu'elle se tasse là où le courant la porte, on peut aussi poser ses racines sur le sable et à la coincer sous une pierre. Elle finira par s'enraciner d'elle-même de la façon qui lui convient.
Elle ne requière ni substrat ni CO2, mais bénéficiera d'une eau riche en nutriments.
Volontiers envahissantes quand elle se plait dans un bac, elle doit être manipulée avec précaution hors de l’eau, leurs tiges étant cassantes.
Ceratopteris thalictroides se comporte parfois comme une plante annuelle et, après plusieurs mois de croissance, dépérit soudainement. Mais elle peut aussi pousser durant des années sans présenter cette particularité.

Comme toutes les espèces du genre elle est très sensible aux changements de milieu, elle peut donc dépérir lors d'un déplacement lors de la réception ou lors du transfert entre deux bacs.
Plantation et multiplication :
Par voie végétative.
Les fougères subissent un repos hivernal, leur reproduction se fera par repiquage des exemplaires flottants, issus du pied mère. Chaque fragments muni de feuilles est susceptible de produire une nouvelle plante.

Par voie sexuée par production méiotique de spores et de gamétophytes
Produire des plants à partir des spores semble possible en aquarium, mais le manque de données disponibles Indique que cette méthode est très peu utilisée.
Commentaires
Ceratopteris, de cerato, du grec ancien κέρας, κέρατος, kéras, kératos "corne" et pteris de πτερίς, "fougère", et thalictroides pour sa ressemblance avec les thalictrum.
Ceratopteris thalictroides et consommée à Madagascar, où elle est utilisée da la même manière que le cresson de fontaine. Elle est aussi communément consommée dans toute l’Asie du Sud-Est. En Malaisie et au Japon c’est un légume de luxe bien établi. Les jeunes feuilles, avant qu’elles ne se soient déroulées, font un excellent légume vert et peuvent être consommées en salade une fois cuites ou blanchies.
Les plantes peuvent être utilisées comme engrais vert dans les rizières.
Cette fougère, aussi bien les feuilles que les racines, est utilisée en Malaisie et aux Philippines en cataplasme contre les affections de la peau, et en Chine comme styptique pour arrêter les saignements.
C. thalictroides est aussi utile pour la recherche grace à ses phases de vie haploïdes et diploïdes indépendantes, un cycle de vie court, un système génétique simple et se reproduisent par des spores haploïdes unicellulaires.
Sources
IPNI, MNHN, ITIS, UICN, PROTA
Flora of China
Ferns of Western Australia

- B. Verdcourt, B.Sc., Ph.D. "Flora of Tropical East Africa", ( 1999 )
- J.P. Roux "Swaziland Ferns and Fern Allies", (2003)