Egeria densa
Descripteur : Planchon, 1849
Famille : Hydrocharitaceae

Synonymes
Anacharis densa (Planch.) Vict.
Elodea canadensis var. gigantea L.H.Bailey
Elodea densa (Planch.) Casp.
Elodea densa var. longifolia Bonstedt
Philotria densa (Planch.) Small
Potamogeton densus Schwein.
Potamogeton densus Schwein. ex L.C.Beck
Udora densa (Planch.) M.R.Almeida
Noms Communs
Elodée dense

Large-flowered Waterweed (en)
leafy elodea (en)
Genre : Egeria
Egeria najas (Planchon, 1849)
Egeria densa (Planchon, 1849)
Egeria densa   
Elodée dense
Origines géographiques
Aire d'origine :
Amérique du sud
Pays :
Brésil, Paraguay, Uruguay
 
Originaire d'Amérique du sud tropicale, Egeria densa a échappé à la culture contrôlée et est devenue invasive dans toutes les régions tempérées, chaudes ou subtropicales du monde, que ce soit en Europe, dans le sud de l'Afrique, en Asie, en Australie, en Nouvelle-Zélande ou en Amérique du Nord.
Environnement
Eau :
Douce
 
Egeria densa se rencontre dans les cours d'eau et marécages tempérés chauds et subtropicaux du Nouveau Monde.

Elle n'est jamais présente dans les sous-bois forestiers peu éclairées, mais fréquente les biotopes découverts, en pleine lumière, peu protégés, qui sont sujets à des variations de température relativement importantes, en eau de préférence eutrophe, alcaline et dure.
 
Liste Rouge UICN : 
NE
 
l'Élodée dense est une plante invasive qui doit être tenue à l'écart du milieu naturel. On fera donc très attention aux déchets d'élagage qui devront être brulés ou détruits plutôt que jetés.
En Europe, et notamment en France métropolitaine elle semble proliférer essentiellement dans les zones polluées par les engrais agricoles et ne figure donc pas sur la liste des espèces exotique envahissantes.

Aux États-Unis, on la rencontre depuis New York jusqu'au sud de la Floride et l'ouest de la Californie et l'Oregon. Dans le delta de Sacramento-San Joaquin en Californie, l'élodée a été introduite dans les années 1960 et a depuis eu un impact négatif important sur la flore locale. En2009, la plante infestait 2400 hectares, soit 12% de la superficie totale du delta. Cette élodée dense est également un problème dans plusieurs autres États des USA et au Canada. Dans les cours d'eau peu profonds, elle forme des tapis épais qui gênant le passage des bateaux, obstruant les cours d'eau et les canaux en constituant des pièges à sédiments. Elle prend le dessus sur la végétation indigène, et empêche la migration des poissons anadromes.
Description
Type :
Plante
Croissance :
Taille :
50 à 200 cm
 
Egeria densa doit son nom d'espèce en allusion aux feuilles disposées en verticilles serrés.

Elle présente une tige peu ramifiée qui peut atteindre deux, voire quatre mètres de long sur 1,5 à 4 mm de diamètre, de couleur vert foncé, qui porte des verticilles très rapprochés.
Chaque verticille est composé de trois à quatre, rarement cinq, folioles sessiles de 15 à 30 mm de long sur 2,5 à 5 mm de large, étroitement lancéolées, linéaires ou faiblement ondulées, arrondies à l'extrémité de couleur vert foncé à vert pâle, translucides et à bords très finement denticulés. 2n = 46
Les verticilles sont surtout rapprochés au sommet de la tige et s'étirent davantage à la base.

La plante est dioïque (fleurs mâles et femelles sur des plantes séparées); les fleurs sont assez grandes (12 à 20 mm de diamètre, à trois larges pétales blancs arrondis de 8 à 10 mm de long sur les plants mâles et 6 à 7 mm chez les plants femelles

Egeria densa est visuellement assez semblable à E. canadensis, mais les tiges longues de 20-200 cm., les feuilles longues de 2 à 3 cm, larges d'env. 5 mm, verticillées par 4 à 5, les fleurs (rarement présentes) beaucoup plus grandes, à tépales ext. blancs, longs d'env. 1 cm, la différencient.

Dans le commerce, Egeria, Elodea, Hydrilla, Lagarosiphon sont souvent mélangées. Cependant, vous ne trouvez guère d'espèces Elodea dans le loisir.
Les espèces les plus courantes dans le loisir peuvent être différenciées comme suit:
- feuilles partiellement en verticilles, alternes partiellement irrégulières, Lagarosiphon
- feuilles uniquement en verticilles, Egérie, Hydrilla
- bord des feuilles lisse au premier coup d'œil (bien que finement denté vu à la loupe); dans l'ensemble, les entre-nœuds (parties de tige nues entre les verticilles des feuilles) dans la partie inférieure (= plus ancienne) de la tige sont plus courts que les feuilles, Egeria densa
- bord de la feuille clairement denté (dents bien visibles à l'œil nu); dans l'ensemble, les entre-nœuds (parties de tige nues entre les verticilles des feuilles) dans la partie inférieure (= plus ancienne) de la tige sont plus courts que les feuilles; dessous de la nervure médiane des feuilles sans verrues ni épis, Egeria najas
- bord foliaire fortement denté (dents bien visibles à l'œil nu); les entre-nœuds (parties de la tige nues entre les verticilles des feuilles) dans la partie inférieure (= plus ancienne) de la tige sont plus longs que les feuilles; dessous de la nervure médiane des feuilles souvent avec des verrues ou des épis, Hydrilla verticillata

Les genres Egeria et Elodea se distinguent essentiellement par le mode de pollinisation: par des insectes pour Egeria, dans l'eau par contact pour Elodea.
 
Dispo vente :
Commun
Maintenance
Paramètres de maintenance :
Température :
10 à 27°C
pH :
7 à 10
GH :
8 à 20
Eclairage :
Brassage :
Substrat nutritif :
Non
Dry Start :
Non
 
Compte-tenu de ces exigences elle doit être réservée de préférence à des bacs dont les eaux sont dures et calcaires.
Elle est largement utilisée en aquariophilie et dans les bassins d'agréments pour sa forte capacité à oxygéner l'eau par photosynthèse, absorber l'excès de nitrates et lutter contre les invasions de cyanobactéries. En effet, elle sécrète des molécules antibiotiques qui semblent pouvoir aider à prévenir les invasions de cyanophycées.

Egeria densa est l'une des plantes aquatiques les plus faciles à cultiver que l'on puisse obtenir dans le commerce. Elle peut pousser sous forme de plante flottante ou ancrée dans le substrat.

Supportant de grands écarts de température (de 10 à 25 °C), Egeria densa est l'espèce du groupe Egeria-Elodea qui s'adapte le plus facilement aux températures élevées d'un aquarium tropical. Il convient cependant de ne pas dépasser 25 °C, sous peine de voir la plante s'étioler, les températures optimales se situant aux alentours de 20 à 23 °C.
Des températures froides sont néanmoins préférable. Cependant, elle tolère des températures plus élevées pendant une courte période sans arrêter la croissance (si votre aquarium est chaud, vous voudrez peut-être envisager Egeria najas comme alternative, elle tolère beaucoup mieux la chaleur).

En aquarium elle préfère des eaux moyennement dures à dures, alcalines, fortement éclairées avec, si possible, apport de lumière du jour.
L'eau douce ralentit un peu la croissance. Egeria densa ne nécessite pas de fertilisation au CO2, cependant, du CO2 supplémentaire accélère encore la croissance.
CO2 : 5-40mg/l
Nitrates (NO3) : 10-50mg/l
Phosphates (PO4) : 0,1-3mg/l
Potassium (K) : 5-30mg/l
Fer (Fe) : 0,01-0,5mg/l

Pour éviter que les tiges verticillées ne s'étalent en surface et perdent une grande partie de leur effet décoratif en guirlande, il est nécessaire de couper régulièrement la partie supérieure de la plante, à proximité d'une couronne de racines adventives, et de la repiquer à la place de la partie inférieure que l'on aura pris soin de retirer.
Plantation et multiplication :
Reproduction sexuée
La reproduction sexuée de l'élodée dense n'est que très exceptionnellement observée en aquarium.
Plante dioïque, ce sont essentiellement des pieds mâles qui sont répandus en Europe, leur floraison restant malgré tout, exceptionnelle en aquarium. Une tige florale de 2 à 4 cm de long peut prendre naissance à la base de chaque foliole. Elle porte vers la surface 2 à 4 fleurs mâles protégées par une spathe de 2 cm de long, réduites à 3 petits sépales ovales et verdâtres, 3 petits pétales arrondis et blancs et environ 9 étamines jaunes. Ces fleurs flottent à la surface ou émergent de quelques centimètres avant de s'ouvrir en une corolle de 10 à 20 mm de diamètre. La fleur femelle, jamais obtenue en aquarium, est toujours solitaire et logée dans une spathe très élancée, presque filiforme; elle a la même forme, mais demeure plus petite (10 à 12 mm).
La pollinisation se fait par l'entremise d'insectes.

Reproduction végétative
La reproduction végétative par division ou fractionnement de la tige est, en revanche extrêmement simple lorsque les conditions sont favorables.
Les fragments obtenus lors de l'élagage pourront être repiqués. Il suffit de couper une partie de la plante, par exemple une pousse latérale, et de replanter dans le substrat. La nouvelle plante commencera bientôt à pousser aussi. Les pousses latérales sont assez courantes chez Egeria densa lorsqu'elles sont maintenues flottantes.
Commentaires
Étymologie : Egeria (Égérie), dans la mythologie romaine est une nymphe des sources et densa, "dense" en raison de la profusion de ses feuilles.

Utilisée autrefois comme "adoucisseur" dans les eaux résiduaires des usines de pâte à papier, elle constitue une véritable "station d'épuration"
Sources
GBIF, MNHN, INPN, CABI
Tela botanica
- Muller, S. (coord. "Plantes invasives en France". Muséum national d'Histoire naturelle, Paris (patrimoine naturel, 62). (2004).
- Mathew Yarrow, « The ecology of Egeria densa », Revista Chilena de Historia Natural,‎ 2009
- Clive G. Jones, John H. Lawton et Moshe Shachak, "Organisms as Ecosystem Engineers", Oikos, vol. 69, no 3,‎ (1994)
- Yarrow, M. & al. : "The ecology of Egeria densa Planchon (Liliopsida: Alismatales): A wetland ecosystem engineer ? " in Revista Chilena de Historia Natural 82 (2009)
- Hussner, A.: "Aquatische Neophyten in Deutschland". (2012)
- Luis Mauricio Bini, Sidinei Magela Thomaz "Prediction of Egeria najas and Egeria densa Occurrence in a Large Subtropical Reservoir (Itaipu Reservoir, Brazil-Paraguay)" in Aquatic Botany 83 (2005)
- Bini LM; Thomaz SM. "Prédiction de l'occurrence d'Egeria najas et d'Egeria densa dans un grand réservoir subtropical (réservoir d'Itaipu, Brésil-Paraguay)". in Botanique aquatique, 83 (2005)
- Oviedo Prieto R; Herrera Oliver P; Caluff MG. "Lista nacional de especies de plantas invasoras y potencialmente invasoras en la República de Cuba " in Bissea: Boletín sobre Conservación de Plantas del Jardín Botánico Nacional de Cuba, 6 (Numéro spécial 1): 22-96. (2012)

Photo : Baarb_Apapa