Faux Nez Rouge
Le Faux Nez Rouge (Petitella georgiae) est principalement originaire du cours supérieur de l’Amazone péruvienne. L'espèce n’a pas connu un grand succès en aquariophilie car elle est légèrement moins colorée que les autres tétras au nez rouge : P. bleheri et P. rhodostoma.

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Taxinomie
Descripteur : Géry & Boutière, 1964
Classe: Actinopterygii
Ordre: Characiformes
Famille:  Characidae
Genre:  Petitella
Synonymes
Aucun
Noms Communs
Faux Nez Rouge
Tétra à faux nez rouge
False red nose tetra (eng)
False Rummy Nose Tetra (eng)
Membres du genre Petitella
Petitella georgiae (Géry & Boutière, 1964)
Origine géographique
Aire d'origine : Amérique du sud
Brésil, Colombie, Équateur, Pérou
Petitella georgiae est largement répandue dans le bassin amazonien occidental (Géry et Mahnert 1986, Lima et al. 2013).

On le trouve dans le bassin inférieur du fleuve Amazone et le bassin du fleuve Orénoque en Amérique du Sud.
Il est présent dans les bassins des Rio Amazonas au Pérou, du Rio Purus au Pérou et au Brésil, ainsi que du Rio Negro et du Rio Madeira au Brésil.

La localité type est le village de Lagunas, sur le rio Huallaga, dans le district de Loretto, au Pérou.
Environnement
Paramètres
Milieu
Douce
Petitella georgiae fréquente les plaines inondables des rivières à eaux vives (Lima et al. 2013, FCT Lima, obs. pers.).

On le trouve dans les régions boisées, dans les affluents d'eaux noires avec zone de stagnation en système lentique au large des canaux fluviaux principaux.
L'eau est généralement colorée en brun foncé avec des acides humiques et autres produits chimiques libérés par la décomposition de la matière organique.
Il est fréquemment sympatrique avec Paracheirodon innesi au Pérou, où la population est supposée stable et localement abondante.
Petitella georgiae est considérée comme une espèce de "Préoccupation mineure" (LC) car elle présente une large distribution dans des écosystèmes aquatiques peu perturbés, étant localement abondante.
Description
Taille
: 4 à 5 cm SL
Respiration
Branchiale
Longévité
3 à 6 ans
Régime
Omnivore
Il s'agit de l'une des trois espèces couramment vendues sous le nom de "Tétra nez rouge" ou "Nez rouge". La plus répandue est le tétra à tête de feu Hemigrammus bleheri (P. bleheri), tandis que le "vrai" Tétra nez rouge est Hemigrammus rhodostomus (P. rhodostoma). Ces trois espèces se ressemblent beaucoup, mais peuvent être distinguées par plusieurs facteurs.

Petitella georgiae se distingue de ses congénères par les caractères suivants : tête à coloration rouge ne s’étendant pas jusqu’à la région humérale et présentant une tache noire sur le bord postérieur inférieur du pédoncule caudal, contre une coloration de la tête ne s’étendant pas jusqu’à la région humérale avec une seule tache noire sur le pédoncule caudal chez P. georgiae, et une coloration de la tête s’étendant jusqu’à l’humérus avec deux taches noires sur le pédoncule caudal chez P. bleheri (Bittencourt, P.S., V.N. Machado, B.g. Marshall, T. Hrbek and I.P. Farias, 2020).

Si elle partage avec ses congénères P. bleheri et P. rhodostoma les rayures horizontales de la nageoire caudale et une tête rouge, elle possède en revanche un prémaxillaire typiquement doté d'une seule rangée de dents et d'une bouche légèrement retroussée, contre deux rangées de dents et une bouche terminale chez P. bleheri et P. rhodostomus (Géry & Boutiere (1964) et Géry & Mahnert (1986)
Une dentition comportant 9 à 11 dents à 5 cuspides (contre 6 dents à 6 ou 7 cuspides, suivies de 1 ou 2 tricuspides chez P. bleheri , et 5 à 6 dents à 5 cuspides, généralement suivies de 4 dents coniques chez P. rhodostoma), et l'absence de tache noire sur le bord postérieur inférieur du pédoncule caudal (présente chez P. bleheri et P. rhodostomus).
 
Régime Alimentaire
Dans la nature, Petitella georgiae se nourrit de vers, de petits crustacés ou insectes, et de matières végétales.

En aquarium, cet omnivore à tendance carnivore acceptera les aliments secs, mais ceux-ci doivent être finement broyés ou réduits en poudre.

Cependant, pour sa santé, une bonne proportion de son alimentation doit également être composée de petits proies vivantes telles que des daphnies ou des artémies.
Dimorphisme
Les mâles et les femelles se distinguent par leur morphologie.
Les femelles sont plus grandes et ont un ventre plus rond, et les mâles possèdent de petits crochets sur la nageoire anale.
(Cette dernière information demande confirmation car non sourcée)
Dangerosité
 
 
 Aucun
Maintenance
Population
10 minimum (20 recommandé)
Zone
Inférieure, Centrale
Ratio M/F
1 / 1
Paramètres
Température
        22      24              26      28
pH
              5,5                       7
GH
         1       2              8       12
Brassage
Aquarium
Volume
100 l minimum (250 l recommandé)
Longueur
100 cm minimum (120 cm recommandé)
La maintenance de ce Nez rouge peut se faire dans un aquarium agencé pour reproduire un biotope Amazonien.

Ce Nez-rouge fréquente les régions boisées, dans les affluents d'eaux noires avec zone de stagnation en système lentique au large des canaux fluviaux principaux.
L'eau de ces biotopes est généralement très douce, teintée de brun par les tanins provenant de la décomposition de matières organiques, et par conséquent très acide.

Cette espèce doit être maintenue en groupes de dix individus minimum, mais plus sera un gage de réussite. Sa nature nageuse active nécessite un aquarium d'une longueur minimale d'un mètre.
Ils vivent en bancs très serrés et ne se plairont pas en petit nombre.
En banc d'une vingtaine d'individus ou plus, plus propice au bien-être de l'espèce, leurs déplacements dans un grand bac seront bien plus impressionnants.

Utilisez un substrat de sable de rivière et ajoutez quelques branches de hêtre ou de chêne, et des racines entrelacées (aulne). Quelques poignées de feuilles mortes (de hêtre ou de chêne, par exemple des strobiles d'aulne...) renforceront l'aspect naturel.

Les plantes aquatiques ne font pas partie de l'habitat naturel de cette espèce. Laissez le bois et les feuilles colorer l'eau. Un petit sac en filet rempli de tourbe adaptée aux aquariums peut être ajouté au filtre pour favoriser la simulation des eaux noires, mais son extraction est peu écologique.

Utilisez un éclairage tamisé avec un faible éclairage, ou ombré par des plantes flottantes, pour le bien-être des poissons.

Il est toutefois possible de le maintenir dans un aquarium plus standard de préférence densément planté, mais au détriment de ce bien-être.

Paisible et ne se souciant que très peu des autres poissons, il convient à un aquarium biotope communautaire, mais ses colocataires devront être suffisamment petits pour ne pas devenir des prédateurs. On évitera les gros cichlidés.

Note : Il est notable que l'espèce se rencontre fréquemment en compagnie de Paracheirodon innesi au Pérou.
Un aquarium biotope accueillant les deux espèces pourra donc être avantageusement envisagé.

Disponibilité commerciale : Très rare

Attention ! : les poissons vendus sous le nom de Petitella georgiae sur le marché sont presque toujours des Petitella bleheri.

Petitella georgiae est capturée pour le commerce aquariophile, bien qu'en petites quantités comparée aux autres tétras à nez rouge (P. bleheri et P. rhodostomus).

La récolte pour l'aquariophilie ne peut cependant être considérée comme ayant un impact significatif sur l'espèce, car elle est très répandue et seules quelques sous-populations sont prélevées.
Reproduction
Type
Ovipare
Difficulté
Possible
Paramètres
Température
24 à 27 °C
pH
5,5 à 6,5
GH
1 à 5 °GH
L'élevage des Petitella peut s'avérer délicat.
Si vous souhaitez élever un nombre élevé d'alevins, il vous faudra aménager un bac dédié.
Un aquarium d'environ cinquante litres convient parfaitement. L'éclairage doit être tamisé et l'aquarium doit contenir des touffes de plantes à feuilles fines, comme de la mousse de Java ou des supports de ponte, afin d'offrir aux poissons un endroit où déposer leurs œufs.
Vous pouvez également recouvrir le fond de l' aquarium d'un grillage. Les mailles doivent être suffisamment larges pour laisser passer les œufs, mais suffisamment fines pour que les adultes ne puissent pas les atteindre.

L'eau doit être douce et acide , avec un pH compris entre 5,5 et 6,5, une dureté totale de GH 1 à 5, et une température d'environ 24 à 27°C.
La filtration de l'eau sur tourbe est préconisée, tout comme l'utilisation d'eau osmosée.
Note : L'utilisation de tourbe reste toutefois critiquable tant son extraction du milieu naturel et dévastateur des écosystèmes.
Un petit filtre à mousse à air, fonctionnant à faible débit, suffit pour la filtration.

Il est possible de les faire frayer en groupe, une demi-douzaine de spécimens de chaque sexe étant idéale. En leur fournissant une alimentation abondante de petites proies vivantes, la reproduction ne devrait pas poser de problèmes majeurs.
Les adultes peuvent être retirés dès l'apparition des œufs, ou, dans un aquarium très densément planté, laissés en place et les alevins prélevés à l'aide d'un siphon au fur et à mesure de leur apparition.

Pour une reproduction plus "productive", il est cependant préférable d'isoler les poissons par couples.
La technique consiste à acclimater les mâles et les femelles dans des aquariums séparés, ou à utiliser une cloison. Lorsque les femelles sont bien remplies d'œufs et que les mâles arborent leurs plus belles couleurs, sélectionnez la femelle la plus grosse et le mâle aux couleurs les plus éclatantes et transférez-les dans l' aquarium de ponte le soir même. La ponte devrait avoir lieu le lendemain matin. Si aucun œuf n'est apparu après quelques jours, retirez le couple et essayez-en un autre.

Attention ! : Dans les deux cas, les adultes mangeront les œufs s'ils en ont l'occasion et doivent être retirés dès la fécondation effectuée.

L'éclosion a lieu en 24 à 36 heures et les alevins nagent librement trois à quatre jours plus tard.
Il est conseillé de les nourrir avec des infusoires pendant les premiers jours, jusqu'à ce qu'ils soient assez grands pour consommer des micro-vers ou des nauplies d'artémies.
Les œufs et les alevins sont sensibles à la lumière durant leurs premiers stades de vie ; il est donc préférable de maintenir l' aquarium dans une demi obscurité.
Commentaires
Etymologie : Petitella, en l'honneur du zoologiste-anatomiste Georges Petit (1892-1973) suivi du suffixe -ella, diminutif connotant l'affection, et georgiae qui rend hommage à Georgie, épouse du descripteur, Jacques Robert Géry, ichtyologiste français (1917-2007).
Références
GBIF, IUCN,
Fishbase, Seriously fish
- Beolens, B., M. Grayson et M. Watkins , 2023. Dictionnaire des éponymes de poissons. Dunbeath, Caithness (Écosse, Royaume-Uni) : Whittles Publishing Limited.
- Bittencourt, P.S., V.N. Machado, B.g. Marshall, T. Hrbek and I.P. Farias, 2020. Phylogenetic relationships of the neon tetras Paracheirodon spp. (Characiformes: Characidae: Stethaprioninae), including comments on Petitella georgiae and Hemigrammus bleheri. Neotropical Ichthyology 18(2):1-11.
- Géry, J. and Boutiére, H. 1964. Petitella georgiae gen. et sp. nov. (Pisces, Cypriniformes, Characoidei). Vie et Milieu 17(473-483, 1 table).
- Géry, J. & V. Mahnert. 1986. A new rummynose tetra from the Rio Negro, Brazil: Hemigrammus bleheri n. sp. (Characidae, Tetragonopterinae), with comments on Paracheirodon. Tropical Fish Hobbyist 34(11): 37, 40-41, 44-45, 48-49, 52.
- Lima, F.C.T., L.R. Malabarba, P.A. Buckup, J.F. Pezzi da Silva, R.P. Vari, A. Harold, R. Benine, O.T. Oyakawa, C.S. Pavanelli, N.A. Menezes, C.A.S. Lucena, M.C.S.L. Malabarba, Z.M.S. Lucena, R.E. Reis, F. Langeani, C. Moreira et al. …, 2003. Genera Incertae Sedis in Characidae. p. 106-168. In R.E. Reis, S.O. Kullander and C.J. Ferraris, Jr. (eds.) Checklist of the Freshwater Fishes of South and Central America. Porto Alegre: EDIPUCRS
- Lima, F. C. T., T. H. S. Pires, W. M. Ohara, F. C. Jerep, F. R. Carvalho, M. M. F. Marinho, & J. Zuanon. 2013. Characidae. In: L. J. Queiroz, G. Torrente-Vilara, W. M. Ohara, T. H. S. Pires, J. Zuanon & C. R. C. Doria (ed.), Peixes do rio Madeira, pp. 213-395. Dialeto Latin America Documentary, São Paulo.
- Lima, F. 2023. Petitella georgiae . Liste rouge des espèces menacées de l’UICN 2023
- Mirande JM, "Morphology, molecules and the phylogeny of Characidae" in Cladistics 35(3): 282–300 (2019)

Vidéo en captivité : https://www.youtube.com/watch?v=2-o_V74qdJw

Pour citer cette fiche :"Petitella georgiae Géry & Boutière, 1964" B-Aqua / TE, GP (2018-26)


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