Vairon, Vairon commun, Vairon de la Manche, Amarante, arlequin, charbonnier, cippa, cuzeau, garlesco, gendarme, petit blanc, sprille, veirou, verdou, véricle, voiron, gardèche, arribouille, Graevi, pesquit. (Minnow, common minnow en anglais)
un petit poisson bien connu des pêcheurs, commun dans les ruisseaux d’eaux claires d’Eurasie.

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Phoxinus phoxinus
Taxinomie
Descripteur : Linnaeus, 1758
Classe: Actinopterygii
Ordre: Cypriniformes
Famille:  Cyprinidae
Genre:  Phoxinus
Synonymes
Cyprinus aphya
Cyprinus phoxinus
Leuciscus phoxinus
Noms Communs
Vairon, Vairon commun, Vairon de la Manche, Amarante, arlequin, charbonnier, cippa, cuzeau, garlesco, gendarme, petit blanc, sprille, veirou, verdou, véricle, voiron, gardèche, arribouille, Graevi, pesquit. (Minnow, common minnow en anglais)
Membres du genre Phoxinus
Phoxinus bigerri (Kottelat, 2007)
Phoxinus phoxinus (Linnaeus, 1758)
Phoxinus septimaniae (Kottelat, 2007)
Origine géographique
Aire d'origine : Europe, Asie
Aire actuelle
Possiblement introduit en Ouzbekistan et en Irlande ou dans divers lacs (Pyrénées), dans le fleuve Golo en Corse.
Bassins des mers Atlantique, du Nord et Baltique, océan Arctique et Pacifique Nord, de la Garonne (France) jusqu’aux bassins de l’Anadyr et de l’Amour et en Corée. Grande Bretagne, Scandinavie et Russie. Bassins supérieurs de la Volga et de l’Oural, au lac Balkhach (Kazakhstan) et bassin supérieur du Sur-Daria (Aral). Absent de l’Ecosse et au sud de l’Espagne, Italie, Grèce.
Note : des études récentes montrent que le P.phoxinus sensu stricto aurait une aire restreinte aux bassins du Rhin, de la Meuse et de la Seine, les autres vairons étant des espèces différentes (voir plus bas - étude du MNHN).
Environnement
Paramètres
Milieu
Douce
Température
2 à 20 °C
pH
7 à 7,5
GH
10 à 20 °GH
Eau douce, froide à tempérée, démersal. Qui vit principalement près du fond, mais pas de façon permanente. On peut le trouver dans les eaux saumâtres de la Baltique.
C’est un petit poisson diurne, grégaire, qui vit dans des eaux fraiches, bien oxygénées : petits ruisseaux à fort courant, grands fleuves nordiques, petits lacs d’altitude, tout comme les salmonidés, avec fond de graviers typique des eaux courantes. En été, il visite la végétation en aval des chutes ou déversoirs et barrages.Très actif et pélagiques d’avril à octobre, le vairon migre et hiverne sous des racines, grosses pierres et anfractuosités de rochers, dans les zones plus profondes à faible courant et fond de substrat grossier de la fin d’automne jusqu’à la fin de l’hiver.
Il est la proie des salmonidés et grands carnivores . Ses prédateurs principaux sont les truites, perches, brochets, ainsi que le martin-pêcheur et la couleuvre vipérine.
Critère : PC
Préoccupation mineure.
Il a été introduit dans certains lacs, occasionnant des modifications de l’environnement. Par exemple, dans les étangs et lacs d’altitude dans les Pyrénées, les vairons introduits par les pêcheurs comme appâts ont favorisé la prolifération d’algues vertes en mangeant les petits crustacés planctonophages.

Le vairon concurrence fortement les truites par son régime plus large et sa consommation de leurs oeufs.
Il est lui-même menacé localement par les barrages et pollutions diverses, ainsi que les surpeuplement de Salmo.
Description
Taille
: 7 à 14 cm SL
Respiration
Branchiale
Longévité
6 à 11 ans
Régime
Carnivore
Taille moyenne de 7 cm, 14cm étant un maximum ; poids de 3 à 10 grammes.

- Épines dorsales (total) : 3 ; Rayons mous dorsaux (total) : 6 - 8 ; Épines anales : 3 ; Rayons mous anaux : 6 - 8 ; Nageoire caudale à 19 rayons; Vertèbres : 38 - 40.

Se distingue de ses congénères européens par :
- sa ligne latérale qui dépasse généralement la base de la nageoire anale,
- une rangée médio-latérale de taches allongées verticalement dont la profondeur est d'environ 1/3 à 1/2 de la profondeur du corps à la même position, souvent fusionnées en une bande médio-latérale (chez les individus conservés),
- une profondeur du pédoncule caudal 2,6 à 3,1 fois sa longueur,
- des plaques d'écailles pectorales séparées par une zone sans écailles ou (rarement) reliées antérieurement par 1 à 2 rangées d'écailles,
- une longueur du museau de 29 à 34 % de la longueur de la tête (1,1 à 1,4 fois le diamètre de l'œil)
- une origine de la nageoire anale en avant de la base du dernier rayon dorsal

La forme du corps est allongée, à section cylindrique, le museau arrondi légèrement pointu, la bouche subterminale, orientée vers le haut. Les nageoires sont arrondies, la nageoire anale droite à légèrement concave, la queue échancrée, la dorsale haute.
Les écailles sont petites, denses, le dos est gris verdâtre, les flancs gris-argentés sont striés de rayures verticales sombres.

Coloration nuptiale : C’est à cette période que le dimorphisme sexuel se manifeste, la « robe nuptiale » permettant de différencier les espèces de Phoxinus :

- Chez le mâle en période de reproduction, le ventre est blanc, vire au rose cuivré qui ne se prolonge pas sur le pédoncule caudal. Aucune rayure en z3, noires en z2 et vertes en z4 , barres distinctes sur le pédoncule caudal. Les lèvres ainsi que la base des nageoires paires et anales sont rosées. Le museau et sommet de la tête sont brun foncé, une barre noire sur l’opercule s’étend du sommet de la tête jusqu’aux rayons branchiostégaux, les joues sont blanches, opercule avec une tache blanche à l’angle postérieur supérieur. Tache jaune sur le bord postérieur inférieur de l’opercule, sous opercule noirâtre.
- Chez la femelle, il y a présence d’une bande noire sur z3, ligne noire en z5 entre la base des pectorales et anale, taches blanches et jaunes sur l’opercule et taches blanches à la base des nageoires paires.

Note : une étude du MNHN a révélé la présence en France de 6 espèces de Phoxinus. (Clef de détermination dans l’article cité dans les sources, en bas de page)
 
Régime Alimentaire
C’est un petit poisson carnivore, mais aussi opportuniste, qui consomme des arthropodes aquatiques, dont le Gammare (Gammarus lacustris), des larves d’insectes (Ephémères, Trichoptères, plécoptères, Chironomes…), des vers et petits mollusques. Il peut consommer également des algues, débris végétaux et oeufs d’autres poissons.
Dimorphisme
voir "description" pour la robe nuptiale.
Maintenance
Population
6 minimum
Zone
Inférieure, Centrale
Paramètres
Température
              0                       22
pH
              6                       9
GH
              10                        20
Aquarium
Volume
200 l minimum
Longueur
120 cm minimum
Le volume est donné à titre indicatif, en fonction d’un nombre d’individus minimum, conditionné par le mode de vie de l'espèce, et à l’exclusion d’autres espèces.
En clair, si on convoite deux espèces nécessitant cent litres chacune, cela fait un volume deux cents litres à partager , en particulier si elles occupent les mêmes espaces de nage !

C’est un petit poisson rhéophile, grégaire, qui vit en bancs compacts, aux 3/4 familiaux. Il nécessite un aquarium biotope, type rivière à truites, avec fond de petits galets, graviers et sable, très propres.
Il est plutôt de facilité moyenne de maintenance si on le met en monospécifique et satisfait à ses besoins (voir ceux de la truite), avec une bonne longueur de nage, un filtre à forte capacité et une pompe de brassage pour oxygénation efficace.

Il est plus fréquent en aquarium public que chez les particuliers, qui le maintiennent plutôt en bassin extérieur. (NB : la plupart du temps, ce sont des vairons gardés en attente d’être utilisés pour la pêche. Nous parlons ici d’une maintenance en tant qu’espèce d’agrément ).

Attention à l’origine des poissons : il est sujet à des parasites dont le Pomphorhynchus laevis, un Acanthocephale dont le cycle implique un passage dans l’intestin d’arthropodes, en particulier les gammares dont les vairons sont friands. Une fois dans ce dernier, son hôte définitif, il infecte l’intestin tout d’abord en partie haute et consomme la bile chez le poisson, puis près de la première anse intestinale à l’état adulte. Le parasite secrète plusieurs neurotransmetteurs qui peuvent modifier le fonctionnement physiologique du tube digestif de leur hôte.
Les oeufs du P.laevis, libérés dans le milieu, sont consommés par les gammares où ils colonisent l’hémocèle après éclosion.

Attention, donc, à toute tache orangée sur des gammares que vous pourriez distribuer aux poissons !
Reproduction
Difficulté
Difficile
Paramètres
Température
17 °C
pH
7
GH
12 °GH
La maturité sexuelle est atteinte à 2 ou 3 ans voire plus tard, 5 à 7 ans, selon la région (retardée en milieu froid).
Les mâles et femelles forment des bancs séparés. D’avril-mai à juillet, arrivés sur le site de frai, ils déposent les oeufs adhésifs en eau peu profonde, avec courant ou vagues au bord des rives (s’ils habitent des lacs), sur un fond de sable ou graviers. La femelle pond en quatre lots successifs entre 200 et 1000 oeufs. Ces derniers mesurent de 1 à 1,8mm. Les alevins sortent au bout de 4 à 5 jours à 18°C et font environ 2,5mm. Ils restent cachés entre les galets jusqu’à résorption du sac vitellin.
Commentaires
Etymologie : du grec Phoxinos = « certains poissons de rivière ». Vairon est dérivé du latin « varius » = tacheté, utilisé en vieux français pour désigner les poissons tachetés.

On le trouve souvent dans le biotope des salmonidés, il est d’ailleurs utilisé pour la pêche au vif à la truite. L’animal accroché par les lèvres au bout d’un hameçon attire les carnivores par ses soubresauts et signaux de détresse. Parfois, il est transpercé par le dos, la caudale, ou même les flancs via sa ligne latérale (on rappelle que c’est une zone très sensible chez les poissons !). Cette pratique est parfois interdite localement. Non seulement cette méthode cruelle le fait souffrir, mais il lui arrive de se décrocher, d’où les proliférations de vairons dans des lacs d’où ils ne sont pas natifs. Moins barbare est la technique dite du « vairon manié » où le vairon est mort, ce sont les oscillations précises de la canne par le pêcheur qui mettent l’appât en mouvement et attirent le prédateur convoité.

Il arrive aussi que des pêcheurs peu scrupuleux (en infraction avec la loi et le code de leur association) libèrent leurs stock non utilisés sur les lieux de pêche, ce qui n'est pas sans conséquence sur l'écologie locale. Consommateurs de zoo plancton et petits arthropodes planctonophages, les vairons provoquent indirectement le développement du phytoplancton, à l’origine de l’eau « verte », qui masque la luminosité en profondeur et peut génèrer une eutrophisation suivie d’anoxie.

Le vairon est très utilisé en laboratoire pour les recherches toxicologiques, notamment les effets des pollutions environnementales par le zinc, cadmium, PCB, divers médicaments…
Cela en fait une bonne espèce bio-indicatrice : il ne vit que dans des eaux de bonne qualité, comme les truites.

A noter : le taux de polluants diminue chez les vairons lorsqu’ils sont parasités par P. laevis, ce qui peut fausser l’indice biotique du milieu. Le parasitisme est favorisé par une coloration orangée sur les gammares, les rendant plus visibles par les vairons, ainsi qu’un comportement modifié : alors que les gammares sont plutôt photophobes, ils sortent à la lumière lorsqu’ils sont parasités, augmentant ainsi la probabilité de prédation donc de transmission du parasite.

On l’utilise également en éthologie sur ses capacités sensorielles excellentes (ouie, odorat, entre autres) pour identifier ses prédateurs. Sa formation en banc serré favorise l’apprentissage, la mémorisation, l’innovation avec des comportements individuels et personnalités distinctes, contrairement à ce que ce mode de vie suggère (DORIS). Il peut sécréter une substance d’alarme perceptible par ses congénères, s’il détecte un prédateur dans un rayon de 60 mètres.

Le célèbre éthologue Karl Von Frisch, connu pour son prix Nobel sur l’étude des abeilles, a été l’un des premiers à étudier son comportement d’alerte et son ouïe développée.

L’OPSN signale une étude du Muséum National d’Histoire Naturelle, en 2020, qui a recensé 6 espèces de Vairons en France : Le vairon basque (Phoxinus bigerri), du Danube (P.csikii), de la Manche (P.phoxinus, présent dans le bassin de la Seine - Normandie), du Languedoc (P.septimaniae), de la Garonne (P.dragarum), ligérien (P.fayollarum). Une septième espèce, selon les données moléculaires, est aussi évoquée.
Références
- Fishbase : https://fishbase.se/summary/Phoxinus-phoxinus.html
- DORIS : https://doris.ffessm.fr/Especes/Phoxinus-phoxinus-Vairon-1656
- GBIF : https://www.gbif.org/species/4409653
- OPSN : https://www.observatoire-poissons-seine-normandie.fr/poissons/vairon/
- Révision de Phoxinus en France : Denys et al.,2020.-Revision of Phoxinus in France with the description of two new species (Teleostei, Leuciscidae). Cybium, 44(3): 205-237. DOI : 10.26028/cybium/2020-443-003
- avec clef de détermination : https://sfi-cybium.fr/sites/default/files/pdfs-cybium/5-Denys%25201164%2520%255BCybium%25202020%252C%2520443%255D.pdf
- Origin and history of Phoxinus : https://link.springer.com/article/10.1007/s10530-020-02279-5?
- Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Vairon_(poisson)
- Un petit poisson soupçonné de faire virer au vert les lacs des Pyrénées : https://www.20minutes.fr/planete/4051523-20230906-pyrenees-lacs-altitude-virent-vert-poisson-importe-collimateur-chercheurs
- Les acanthocéphales parasites de poissons : présentation d’une espèce commune en Bourgogne : https://ressources.shna-ofab.fr/fichiers/bn1-pages43a46_1404985371.pdf
- La pêche au vairon : https://www.peche-en-riviere.fr/peche-a-la-truite/peche-de-la-truite-au-vairon-conseils-et-astuces/


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