Pissette
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Si la maintenance de la Petite-chevrette est assez simple, son élevage est lui, particulièrement compliqué.

C'est une espèce amphidrome qui se déplace entre l’eau douce et l’eau salée en fonction des différents stades de son développement. La reproduction de cette espèce s’effectue en eau douce. Les larves qui en résultent rejoignent la mer pour y subir différentes métamorphoses.


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Taxinomie
Descripteur : Guérin-Méneville, 1855
Classe: Malacostraca
Ordre: Decapoda
Famille:  Xiphocarididae
Genre:  Xiphocaris
Synonymes
Hippolyte elongatus Guérin-Méneville, 1855
Oplophorus americanus de Saussure, 1858
Xiphocaris brevirostris Pocock, 1889
Xiphocaris elongata typica Ortmann, 1895
Xiphocaris gladiator Pocock, 1889
Xiphocaris gladiator intermedia Pocock, 1889
Xiphocaris gladiator var. intermedia Pocock, 1889
Noms Communs
Pissette
Petite-chevrette
Crevette à nez jaune
Salpiche
Piquine
Yellow Nose Shrimp (eng.)
Membres du genre Xiphocaris
Xiphocaris elongata (Guérin-Méneville, 1855)
Origine géographique
Aire d'origine : Caraïbes, Amérique du sud
Barbade, Cuba, Dominique, République dominicaine, Guadeloupe, Guyane, Haïti, Jamaïque, Martinique, Porto Rico (île principale) ; Sainte-Lucie, Trinité-et-Tobago, Venezuela (continent), Îles Vierges américaines
L'espèce est connue dans tout l'archipel des Caraïbes, de Cuba à Tobago, et a également été recensée sur le continent vénézuélien (Pereira et Garcia 1995).

Xiphocaris elongata est présente en Martinique, et particulièrement dans la rivière Blanche
(SICSM) avec une densité de 88 ind/100m² mais aussi dans dans les rivières Monsieur et Galion.

Elle est aussi très présente en Guadeloupe (Baillif | Basse-Terre | Bouillante | Capesterre-Belle-Eau | Deshaies | Gourbeyre | Goyave | Lamentin | Le Gosier | Les Abymes | Morne-à-l'Eau | Petit-Bourg | Pointe-Noire | Saint-Claude | Sainte-Rose | Trois-Rivières | Vieux-Habitants)
Environnement
Paramètres
Milieu
Douce, Saumâtre
Température
30 °C
pH
8 à 8,1
GH
9 à 10 °GH
Cette espèce habite une grande variété de ruisseaux et de rivières, du niveau de la mer jusqu'à 300-400 m d'altitude. Elle apprécie les plantes aquatiques et préfère les eaux calmes.
C'est une espèce migratrice.

La crevette se rencontre dans les eaux courantes de plusieurs îles des Caraïbes. Sa répartition dans le Rio Sabaneta de Yassica, sur l'île d'Hispaniola (qui fait partie de la République dominicaine), a fait l'objet d'une étude plus approfondie.
Des juvéniles ont été observés dans l'estuaire, tandis que les crevettes adultes se trouvaient plusieurs kilomètres en amont.
Ces crevettes vivaient en petits groupes, principalement parmi les plantes aquatiques et les tapis d'algues du littoral. Sur ce site, la température de l'eau dépassait 30 °C, le pH était de 8,1, la dureté totale de 9,5 °dGH, la dureté carbonatée de 8,5 °dKH et la conductivité électrique de 451 µS. (AI, Y. & MMBAHIR (2005)

Cette espèce aurait une préférence pour les profondeurs comprises entre 40 et 50 cm (80cm). La
vitesse 30 cm/s semble être la vitesse de transition entre une très forte électivité pour les
vitesses lentes, et une très forte éviction pour les vitesses rapides Au niveau des faciès, il
semblerait que ce soit le plat courant qui marque cette transition. Une légère
préférence commune pour les blocs est observée.
Les électivités des profondeurs dans les rivières Monsieur et Galion semblent plus fortes pour
les profondeurs comprises entre 40 et 80 cm. En revanche, l’allure de la courbe de profondeur
dans la rivière Blanche (Odyssi) est difficilement explicable. L’électivité et l’éviction
respectivement inférieure et supérieure à 30 cm/s dans la rivière Galion sont très fortes.
Les préférences de grandes profondeurs et petites vitesses de cette espèce pourraient être
expliquées par son régime alimentaire. (Louise SIMONNET 2008).

Voir aussi l'étude : de Lou Frotté et Nadia Améziane "Acquisition de connaissances sur les espèces des Antilles et Guyane françaises" (2015) (https://professionnels.ofb.fr/sites/default/files/pdf/2015_036.pdf)
Cette espèce est présente dans tout l'archipel des Caraïbes, de Cuba à Tobago, et a également été observée au Venezuela continental, dans une grande variété de cours d'eau. Compte tenu de cette large répartition et de l'absence de menaces majeures connues, l'espèce est considérée comme de préoccupation mineure.
Description
Taille
: 3 à 6 cm SL  
: 5 à 7 cm SL
Respiration
Branchiale
Longévité
1 à 3 ans
Régime
Omnivore
La petite-chevrette (Xiphocaris elongata) est une crevette de taille moyenne (3 à 7 cm), possédant de gros yeux globuleux et ayant également le corps translucide laissant apparaître ses organes.
En effet, son corps est en grande partie transparent aux reflets jaunes, parfois bleus.

Ses caractéristiques les plus remarquables sont son «nez» jaune vif, parfois rouge, et son rostre très long et pointu. Ce dernier peut se détacher facilement, mais il repousse lors de la mue suivante.
Il semblerait que cet atout participe de la lutte contre les prédateurs, poissons notamment (Crowl, Todd A et al. 2015).

Elle appartient à la famille plus primitive des Xiphocarididae, qui se caractérise par la présence d'épipodes en forme de lanières sur au moins les trois premières paires de péréiopodes et par un processus molaire émoussé.
 
Régime Alimentaire
Xiphocaris elongata est une découpeuse de feuilles, détritivore, omnivore opportuniste.
On retrouve le plus souvent la Pissette prés des berges herbeuses, là où des particules foliaires tombent dans l’eau. La faible vitesse (du courant) permet de maintenir les particules au fond de la rivière (Monti, communication personnelle).

Étant détritivore, la petite-chevrette a un rôle important dans la décomposition des végétaux de la rivière.

En aquarium, elle consommera les plantes mortes, les restes végétaux, et sans doute les restes animaux.
Il ne sera donc pas nécessaire de la nourrir dans un aquarium bien planté et pourvu d'une micro et méso-faune implanté, mais elle acceptera cependant la plupart des aliments du commerce.
Dimorphisme
En dehors de la phase de reproduction, le dimorphisme sexuel semble difficile à appréhender.
Chez les crevettes, le mâle est généralement plus petit et plus coloré que la femelle.
Les femelles sont légèrement plus rondes et présentent une tache ovigère sur le cou.
Dangerosité
 
 
 Aucun
Maintenance
Population
6 minimum (12 recommandé)
Zone
Inférieure, Centrale, Supérieure
Ratio M/F
1 / 1
Paramètres
Température
              22                       28
pH
         6,5      7            8      8,5
GH
         5       8              15       20
Brassage
Aquarium
Volume
50 l minimum
La maintenance de la Pissette sera compliquée par les moeurs amphidromes de l'espèce.

Si on maintient X. elongata sans espoir de reproduction, on peut néanmoins accueillir la Pissette dans un petit aquarium reproduisant un cours d'eau lent, au sol caillouteux et végétalisé en marge.
On préférera un bac de forme allongé, propre à reproduire un biotope fluvial.

Cette crevette vit en groupe sur les fonds sableux des eaux calmes et ensoleillées des rivières.
Le sol pourra être sableux, recouvert de galets et de débris végétaux (feuilles, branchettes...).
Une partie (rive) sera abondamment plantée, et riche en cachettes.

L'eau, si on fait l'impasse sur la période de reproduction, sera celle des ruisseaux et rivières locales.
La dureté y est assez variable et le pH plutôt élevé.
En effet, la température, la dureté et le débit seront variables en fonction de la saison (saison sèche : débit faible, eau "chaude" et eau plus dure, et des pluies : eau plus vive, plus fraiche et plus douce).
Voir l'étude : de Lou Frotté et Nadia Améziane "Acquisition de connaissances sur les espèces Antilles et Guyane françaises" (2015) (https://professionnels.ofb.fr/sites/default/files/pdf/2015_036.pdf)

Comme la crevette semble grégaire, on tâchera d'accueillir une petite colonie d'au moins six individus, plus serait préférable.

La longévité est inconnue mais devrait être proche de deux ans, exceptionnellement trois. En l'absence de reproduction, la colonie devra donc être régulièrement étoffée.
On note toutefois des longévités annoncées de dix ans et plus encore (18 ans ???), mais les références bibliographiques manquent ce qui incite à la plus grande prudence.

Attention ! : La petite-chevrette est capable de sortir de l’eau en cas de danger ou pour contourner un obstacle. On devra maintenir l'aquarium correctement fermé afin de prévenir son évasion.

Disponibilité commerciale : Très rare

Xiphocaris elongata ne semble pas disponible dans le commerce européen courant, mais peut parfois être trouvée auprès d'amateurs de crevettes rares.
Il est cependant plus facile de s'en procurer aux Antilles où elle est présente naturellement.
Reproduction
Type
Ovipare
Difficulté
Difficile
C'est une espèce amphidrome se déplace entre l’eau douce et l’eau salée en fonction des différents stades de son développement. Une reproduction réussie en aquarium ne serait donc probablement possible qu'au prix d'efforts considérables.

La reproduction de cette espèce s’effectue en eau douce. Les larves qui en résultent rejoignent la mer pour y subir différentes métamorphoses.
Leur déplacement est passif et suit le courant (dévalaison).
À l’état de post larves ou juvéniles, elles reviennent ensuite en douce pour y poursuivre leur vie adulte. Pour cela, elles remontent activement le courant selon un rhéotactisme positif (montaison). (Louise Simmonet, 2008)

Étant donné que les larves et les juvéniles de la crevette à long nez des Caraïbes vivent en eau saumâtre, tandis que les adultes remontent le courant en eau douce, on peut supposer que cette espèce appartient au type reproductif primitif originel. Dans ce type de reproduction, les larves zoé éclosent des œufs, dérivent vers l'aval en eau saumâtre ou en eau de mer, où elles se développent en juvéniles, avant de remonter le courant. (AI, Y. & MMBAHIR (2005).

Voir aussi l'étude : de Lou Frotté et Nadia Améziane "Acquisition de connaissances sur les espèces Antilles et Guyane françaises" (2015) (https://professionnels.ofb.fr/sites/default/files/pdf/2015_036.pdf)

La reproduction en captivité n'a pas encore abouti.
Si on envisage de tenter l'aventure, on se rapprochera donc de la reproduction de Caridina multidentata.
Après l'éclosion, les larve s devront être récupérées et l'aquariophile devra reproduire au mieux la dévalaison en augmentant progressivement la salinité de l'eau. Une nourriture adaptée (phyto et zooplancton) devra être fournie aux larves.
On devra ensuite reproduire la montaison et adoucir progressivement l'eau.
Commentaires
Etymologie : Xiphocaris elongata du grec ancien ξίφος, (xiphos) "épée" et καρίς, (karís) "crevette", et élongata, du latin, "allongée".

Utilisation traditionnelle, scientifique et/ou commerciale :
La petite-chevrette semble pêchée localement pour la consommation.
Cependant, la pêche en rivière est interdite sur tout le territoire de la Martinique depuis 2009 en raison de la contamination à la chlordécone (DEAL de la Martinique).
Références
GBIF, IUCN
- AI, Y. & MMBAHIR (2005) : Lanacaris, un nouveau genre de crevettes d'eau douce du Sri Lanka (Crustacea : Decapoda : Atyidae).- The Raffles Bulletin of Zoology 2005 Suppl. N° 12 : 39-46
- Frotté Lou, Nadia Améziane Étude des traits de vie des migrateurs dans les DOM – Acquisition de connaissances sur les espèces Antilles et Guyane françaises, Convention Onema/MNHN - Action 8 (2015)
- Guérin-Méneville, F.E. (1855-1856). Animales articulados con piés articulados. In: de la Sagra, R., Historia fisica politica y natural de la isla de Cuba. Segunda Parte. Historia Natural. Tomo VII (Crustaceos, Aragnides é Insectos) [1856]. Tomo VIII (Atlas de Zoologia) [1855]: i-xxxii, 1-371, pls. 1-20. Paris.
- De Grave, S.; Fransen, C.H.J.M. (2011). Carideorum catalogus: the recent species of the dendrobranchiate, stenopodidean, procarididean and caridean shrimps (Crustacea: Decapoda). Zoologische Mededelingen, Leiden. 85(9): 195-589.
- De Grave, Sammy, and C. H. J. M. Fransen. (2011). Carideorum catalogus: the recent species of the Dendrobranchiate, Stenopodidean, Procarididean and Caridean Shrimps (Crustacea: Decapoda). Zoologische Mededelingen, Vol. 85, No. 9.
- De Grave, S. 2013. Xiphocaris elongata . Liste rouge des espèces menacées de l'UICN 2013
- Meunier et al 2002. Atlas des poissons et crustacés d’eau douce de la Martinique.
- Monti, D., Keith, P. & Vigneux, E. 2010. Atlas des poissons et des crustacés d'eau douce de la Guadeloupe. Patrimoines naturels, 69: 1-128.
de Saussure, H. (1858). Mémoire sur divers Crustacés nouveaux des Antilles et du Mexique. Mémoires de la Société Physique et d'Histoire naturelle de Genève. 14(2): 417-496, pls. I-VI.
- Ortmann, A. E. (1895). A study of the systematic and geographical distribution of the decapod family Atyidæ Kingsley. Proceedings of the Academy of Natural Sciences of Philadelphia. 1894: 397-417.
- Ocasio-Torres, Maria E, Giray, Tugrul, Crowl, Todd A et al. "Antipredator defence mechanism in the amphidromous shrimp Xiphocaris elongata (Decapoda: Xiphocarididae): rostrum length". Journal Of Natural History, 49(25-26), (2015).
- Pereira, G. et Garcia, J. 1995. Sur la présence de Micratya poeyi , Xiphocaris elongata (Decapoda, Atyidae et Xiphocarididae) et Moina macrocopa macrocopa (Caldocera, Moinidae) au Venezuela. Acta Biol. Venez. 15 : 89-95.
- Pocock, R.I. (1889). Contributions to our knowledge of the Crustacea of Dominica. Annals and Magazine of Natural History, ser. 6. 3(13): 6-22; Pl. 2.
- Simmonet Louise "Détermination des relations de préférence d’habitat dans des cours d’eau de la Martinique" Master professionnel en science et technologies biodiversité tropical. Spécialité : Écosystèmes naturels et exploités N° 2008 - 22. Université des Antilles et de la Guyane, Faculté des sciences exactes et naturelles. (2008)

Vidéo aquarium : https://www.youtube.com/watch?v=p9zPLXoXOHM

Pour citer cette fiche :"Xiphocaris elongata, Guérin-Méneville, 1855" B-Aqua / TE, GP (2018-26)