Neocaridina davidii
Descripteur : Bouvier, 1904
Famille : Atyidae

Synonymes :
Neocaridina davidi
Neocaridina denticulata subsp. davidi (Bouvier, 1904)
Caridina davidi Bouvier, 1904
Caridina denticulata
Neocaridina heteropoda
Neocaridina denticulata sinensis
Neocaridina sinensis
Noms Communs :
Néocaridine de David

Red Cherry (en)
Genre : Neocaridina
Neocaridina palmata (Shen, 1948)
Neocaridina davidii (Bouvier, 1904)
Neocaridina zhangjiajiensis (Cai, 1996)
Neocaridina davidii   
Néocaridine de David
Origines géographiques
Aire d'origine :
Asie
Pays :
Chine, Corée, Japon, Taiwan
 
Cette crevette est originaire principalement du sud-est de la Chine, mais est également présente à Taïwan, en Corée et au Japon. Elle a été introduite à Hawaï.
Neocaridina davidi a été relâchée en 2009 dans un petit affluent de la rivière Erft (Rhénanie du Nord-Westphalie, Allemagne), où elle a prospéré.
Environnement
Paramètres du milieu naturel :
Eau :
Douce
Température :
1 à 25 °C
 
N. davidii vit dans de petites rivières et dans les lacs principalement dans des régions montagneuses. On la rencontre plutôt dans des zones à la végétation dense présentant des fonds rocheux. La température de l’eau dans son biotope naturel peut descendre à 0°C en hiver, ne dépasse que rarement 25°C en été. Lors de la période froide, les crevettes ont une activité très réduite, on constate notamment un arrêt de la reproduction jusqu'au retour des températures plus clémentes.
Menace et protection :
NE
NA
DD
LC
NT
VU
EN
CR
RE
EW
EX
Statut UICN : 
LC : Préoccupation mineure
Description
Taille :
: 2,5 à 3 cm SL  
: 2,5 à 4 cm SL
Respiration :
Branchiale
Longévité :
1 à 2 ans
 
Neocaridina davidii
La Neocaridina Davidii est une crevette de petite taille et mesure en moyenne 2,5 cm de long pour les mâles, même si certaines femelles âgées peuvent atteindre 4 cm.
Les spécimens sauvages présentent une grande variabilité de couleur, marron, vert, grise, avec ou sans motif, avec une zone de transparence plus ou moins étendue, mais généralement non uniformes.
On retrouve souvent une bande de couleur plus claire sur la longueur postérieure de la carapace, mais ce n'est pas un signe distinctif de l’espèce.
De plus, Neocaridina davidi peut contracter ses chromatophores pour adapter sa couleur à son environnement.
Son rostre est moyennement long et de forme caractéristique pour l'espèce, la carapace est bombée, les deux antennes sont aussi longues que le corps.
Photo : N. Davidii (Red cherry)

Neocaridina davidi a été déclinée en captivité en de nombreuses variétés colorées issues de l'élevage : rouge (Red cherry), orange, chocolat, jaune, vert, bleu (dreams/velvet).
La variété Sakura est issue de sélections plus poussées et présente des couleurs particulièrement prononcées.
Les variétés Rilli sont issues de sélections de Sakura et ont perdu leur coloration sur une partie ou la totalité de leur corps.
Photo de présentation : N. Davidii (blue velvet)
 
Alimentation :
Régime : 
Omnivore
Neocaridina davidi se nourrit en amenant de petites portions de nourriture à sa bouche avec des petites pinces émoussées.
Elle se nourrira du bio-film recouvrant les pierres, racines, feuilles... mais aussi de végétaux ou d'animaux morts et autres "déchets".
On peut lui proposer toutes sortes de nourritures, spécialisées ou non, comme des aliments pour crevettes, aliments pour poissons de fond, légumes pochés... Dans des aquariums matures ou communautaires de grande taille, elle sera assez autonomes quant à son alimentation. Elle ne nécessitera alors pas de distribution de nourriture spécifique, tant que la compétition alimentaire n'est trop forte.
 
Maintenance
Paramètres de maintenance :
Température :(°C)
        4      18              25      30
pH :
         6      7            8      8,2

GH :
(°GH)
         1       5              10       15
Conductivité :
(µS/cm)
         150     350          500     800
Caractéristiques de l'aquarium :
Volume :
10 l minimum (20 l recommandé)
Brassage :
Population :
6 minimum (12 recommandé)
Ratio M/F :
1 / 1
 
 Neocaridina davidii apprécie la vie en groupe. Si on peut aisément maintenir deux ou trois individus par litre d'eau, il est malgré tout important d'avoir suffisamment de place pour entretenir un groupe d'au moins douze crevettes. Sachant qu'il y a de forte chance qu'elles se reproduisent, un bac de vingt litres sera un bon compromis.

La Neocaridina davidii aime vivre au milieu de la végétation aquatique, il est donc naturel que son aquarium soit densément planté. La présence de mousses est souhaitable. En effet, ces dernières s'adaptent bien à une eau oxygénée nécessaire aux crevettes et héberge de grandes quantités de micros nourritures sous forme d'infusoire. Elles offrent aussi un milieu protecteur pour les juvéniles lorsqu'ils sont maintenus en aquarium communautaire.

Cette crevette accepte la majorité des aliments destiné aux crevettes disponibles sur le marché aquariophile. Vous pouvez bien entendu la nourrir avec des produits spécialement adaptés aux crevettes naines.
Outre la nourriture artificielle, la majeure partie de ses besoins alimentaires peut être comblée par des éléments déjà présents dans l'aquarium.
Naturellement, elle se nourrira d'algues et de micro-organismes présents dans la végétation et sur le décor.
Ajouter des feuilles en décomposition (chêne, aulne, ortie...) ou quelques restes de plantes mortes assurera la base de l'alimentation de cette espèce, ces éléments constituant la base de son régime alimentaire en milieu naturel.
Beaucoup d'éleveurs de crevettes préconisent de mettre des feuilles d'amandier indien, des cônes d'aulne, des feuilles de chêne, etc. dans l'aquarium comme source de nourriture pour les crevettes.
Les feuilles se décomposent lentement et les crevettes semblent se nourrir à la fois des feuilles et des autres organismes qui décomposent les feuilles.
On peut avantageusement leur donner des légumes blanchis tels que des courgettes, du concombre, des carottes, de la laitue, etc.

Cette crevette est très adaptable, d'où son succès. Plus que des paramètres de l'eau stricts, elle nécessite essentiellement un grande stabilité de ces derniers. Les changements d'eau doivent donc être réduit au minimum, mais attention, l'eau doit rester parfaitement propre (peu de nitrates, pas de nitrite ou ammoniac). La filtration doit correctement oxygéner l'eau sans pour autant créer de fort courant. Un filtre exhausteur peut donc être un bon choix.

Le chlore et les métaux (surtout le cuivre) sont extrêmement dangereux. Il est impératif de laisser reposer l'eau deux jours afin d'éliminer le chlore et d'utiliser un conditionneur d'eau contenant un chélateur (EDTA par exemple) afin de neutraliser les métaux. De nombreux traitements médicaux ou algicides contiennent du cuivre et peuvent leur être fatal.

La température optimale pour se situe entre 4°C et 28°C. En dessous de 4°C elle s'enfouit dans la vase et entre en léthargie jusqu'à ce que les températures remontent. À l'inverse, des périodes dépassant 30°C de manière prolongée peuvent lui être fatales.
 
Dispo vente :
Commun
Les formes sauvages sont quasi introuvables dans le commerce.
La première variété sélectionnée pour l'aquariophilie, de couleur rouge, appelée "red cherry" a été développée à Taïwan.
C'est aujourd'hui la forme la plus commune dans le commerce mais de nombreuses autres sélections existent :
- Sakura: couleur uniforme et intense
- Rili: identique à la sakura, mais avec un partie du corps transparent, elle existe aussi en plusieurs couleurs
- Fire : De couleur très intense
- Néon : Possède un ligne blanche longitudinale
- White pearl : Uniformément blanche

La plupart de ces sélections existent dans différentes couleurs (Noire, Bleue, Rouge, Orange, Jaune,...)
Reproduction
Type :
Ovipare
En aquarium :
Courante
Paramètres types pour la reproduction :
Température :
18 à 22 °C
pH :
7 à 8
GH :
5 à 10 °GH
Dimorphisme :
La femelle possède des pléopodes plus longs que ceux du mâle, ils lui servent à protéger ses œufs.
Les femelles sont généralement plus grandes que les mâles.
La principale différence morphologique se situe au niveau de l’abdomen : la femelle porte ses œufs entre des pléopodes, son abdomen inférieur est donc arrondie, tandis qu’il est droit chez les mâles.

Déterminer le sexe avec certitude impose d'examiner les pléopodes. Mais le sexage demande trop de dextérité pour être employé couramment.
Les crevettes ont des pléopodes bien développés et des pattes de marche minces.
L'abdomen est séparé en six segments. Les cinq premiers segments ont une paire d'appendices sur la face inférieure, qui ont la forme de pagaies et sont utilisés pour nager.
Les appendices (pléopodes) peuvent être utilisés à des fins autres que la nage.
Les crevettes femelles les utilisent pour maintenir les œufs en développement et pour ventiler les œufs. Les mâles utilisent les deux premières paires pour l'insémination. Ces deux premières paires contiennent des structures de reproduction spécialisées utilisées dans la production et le transfert de sperme. Ils sont lisses et en forme de gants de baseball avec un organe en forme de tige au centre. La deuxième paire est connue comme l'appendice masculin. Ceux-ci ont la forme de sphères et sont recouverts de poils.
Processus de reproduction :
Neocaridina davidii reproduction
Dans la nature, la reproduction est saisonnière et s’effectue lors du réchauffement de la température de l'eaux après l’hiver. Elle se déroule totalement en eau douce.
En aquarium, une température comprise autour de 24° C est idéale, notamment après une coupure du chauffage d’un mois ou deux pour simuler une période froide.
Les crevettes sont sexuellement matures lorsqu'elles ont entre trois et quatre mois.

Photo : N. Davidii juvénile (5 jours)

La reproduction s’effectue après la mue de la femelle, qui peut alors être fécondée. Elle transfert alors vingt à trente œufs depuis la poche ovarienne située à l’arrière du céphalo-thorax, vers ses pléopodes sous l’abdomen. Les œufs sont alors bien visibles, leur couleur dépendant de la variété. La femelle "grainée" va s’en occuper pendant trois à quatre semaines, notamment en les aérant avec ses pléopodes et en éliminant les œufs morts.

A l’éclosion, les juvéniles ne mesurent que deux à trois millimètres et sont totalement formés et autonomes. Il n'y a donc pas de phase larvaire. En aquarium communautaire, le risque de prédation est très élevé, aussi faut-il prévoir des cachettes dans le bac, notamment une végétation basse très dense. Les juvéniles atteindront leur taille adulte au bout de deux à trois mois.
Il doit y avoir suffisamment d'algues et/ou de biofilm dans le réservoir pour que les jeunes puissent se nourrir. Dans les réservoirs dépourvus d'algues ou de biofilm, les jeunes crevettes peuvent être nourries en écrasant les flocons d'algues.

Les changements d'eau doivent donc être réduit au minimum, mais attention, l'eau doit rester parfaitement propre (peu de nitrates, pas de nitrite ou ammoniac). La filtration doit correctement oxygéner l'eau sans pour autant créer de fort courant. Un filtre exhausteur, un filtre éponge ou un filtre Matten est un bon choix. Ces filtres sont bon marché, faciles à entretenir et à nettoyer, ils offrent une grande surface sur laquelle brouter et sont absolument sans danger pour les bébés crevettes. Vous n'aurez pas à couvrir l'entrée du filtre avec une éponge pour éviter que les bébés crevettes ne soient aspirés

Si deux individus de sexes différents suffisent à "démarrer" un élevage, il faut néanmoins tenir compte de la possible perte génétique que cela engendrera.
Il est pertinent de se constituer un cheptel composé d'une douzaine d'individus d'au moins deux souches différentes.
D'autre part, certains éleveurs préconisent un sexe ratio de 1/3 afin que les femelles ne soient pas trop sollicitées.
Il est clair qu'un ratio inversé 3/1 serait dangereux pour les femelles fragilisées par la mue.

Afin de ne pas perdre la couleur caractéristique de vos crevettes, vous ne devez pas les maintenir avec d'autres espèces de Neocaridina en raison du risque d'hybridation. Neocaridina davidi peut s'hybrider avec Neocaridina palmata.

Comme nous l'avons vu toutes les variétés de couleurs proposées sont issu de sélection, et les lignée mises en vente, rarement pures.
Elles sont donc relativement instables et demandent une sélection permanente pour conserver leurs caractéristiques initiales.
Si vous avez une souche de "red cherry" par exemple, il faudra, dès le deuxième ou troisième génération, veiller à écarter tous les spécimens qui ne sont pas rouge soutenu.
Rien ne vous empêche de regrouper toutes celles qui sont tigrées ou partiellement transparentes afin d'obtenir une lignée, certes déclassée, mais toute aussi attachante.
Si vous avez de la chance, et en sélectionnant encore de la même manière, vous pouvez obtenir votre propre lignée orange, voire bleue. Plus sûrement, vous obtiendrez sans doute une souche transparente ou grise.
Les spécimens écartés lors des sélections peuvent avantageusement servir de nourriture vivante aux poissons carnivores.
Commentaires
Étymologie : Neocaridina davidii, de neo "nouvelle" et caridine qui vient du grec καρίς (karís) "crevette", et davidii "de David" en l'honneur du père David, missionnaire botaniste qui collecta pour le Muséum en 1869, des milliers de spécimens de plantes et d’animaux en Asie.
Sources
GBIF, MNHN, AGRIS,
- A. Włodarczyk, S. Student, M. Rost-Roszkowska "Autophagy and apoptosis in starved and refed Neocaridina davidi (Crustacea, Malacostraca) midgut". in Canadian Journal of Zoology. (2018).
- Sebastian Weber et Walter Traunspurger "Influence of the ornamental red cherry shrimp Neocaridina davidi (Bouvier, 1904) on freshwater meiofaunal assemblages". in Limnologica 59 (2016)
- Gerhard Schoolmann, Hartmut Arndt "Leaf-litter preferences of the introduced freshwater shrimps Atyaephyra desmarestii and Neocaridina davidi". in Crustaceana 90 (2017).
- "Life-history traits and ecological characteristics of the ornamental shrimp Neocaridina denticulata (De Haan, 1844), recently introduced into the freshwater systems of Israel". in Aquatic Invasions. (2019).

Données personnelles GP
Photographies : Jebeddo, Tom, Grand-Père