Émydure à ventre rouge
L'Emydure à ventre rouge est une tortue aquatique de bonne taille qui ne sort de l'eau que pour se chauffer au soleil, et pour pondre.
De maintenance assez facile dans un grand auqua-terrarium densément planté, elle constitue une belle acquisition pour les aquariophiles débutant-e-s, ainsi que pour les plus aguerri-e-s qui se lanceront dans sa reproduction.


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Taxinomie
Descripteur : Krefft, 1876
Classe: Reptilia
Ordre: Testudines
Famille:  Chelidae
Genre:  Emydura
Synonymes
Emydura victoriae subsp. Worrelli
Euchelymys subglobosa Krefft, 1876
Tropicochelymys leichhardti Wells & Wellington, 1985
Tropicochelymys worrelli Wells & Wellington, 1985
Emydura subglobosa subsp. angkibaanya Joseph-Ouni, Mccord, Cann, Smales et Freeman, 2019
Emydura subglobosa subsp. subglobosa (Krefft, 1876)
Emydura subglobosa subsp. worrelli Wells & Wellington, 1985
Noms Communs
Émydure à ventre rouge
Tortue à ventre rouge et cou court de Nouvelle-Guinée
angkibaanya (Gudang)
Red-bellied Short-necked Turtle (en)
Membres du genre Emydura
Emydura subglobosa (Krefft, 1876)
Origine géographique
Aire d'origine : Océanie
Papouasie-Nouvelle-Guinée, Australie
Enregistrée depuis le sud de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et de l'Australie (rivière Jardine à l'extrémité nord de la péninsule du Cap York, Queensland)

Emydura subglobosa subglobosa se rencontre au Queensland en Australie et en Nouvelle-Guinée en Indonésie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée
Emydura subglobosa worrelli se rencontre au Queensland et dans le Territoire du Nord en Australie.

Emydura subglobosa se rencontre sur les îles et les rivières des côtes australiennes et de Nouvelle-Guinée, notamment sur l’île Fraser, la rivière Jardine, Daru, le cap York, les îles Stradbroke et les îles du détroit de Torres (Legler et Georges, 1993).
On la trouve également dans les marais de plaine qui couvrent de vastes étendues des plaines tropicales ouvertes de l’ouest de la Papouasie-Nouvelle-Guinée (Georges Guarino et Bito, 2006).
Environnement
Paramètres
Milieu
Douce, Saumâtre
Emydura subglobosa vit essentiellement dans les lacs relativement profonds, les eaux saumâtres, et les rivières à bas débit.
On la trouve parfois dans les mêmes biotopes que le crocodile de Johnston (Crocodylus johnstoni).

L'habitat de prédilection des Emydure à ventre rouge est constitué des rivières, des marais et des étangs de Papouasie-Nouvelle-Guinée et d'Australie (Georges et al., 2008).
Dans le cours inférieur des rivières Kikori et Omati, elles fréquentent les eaux calmes, les marais et les zones humides saisonnières (PNG Gas Project, 2005).
Comme les autres tortues d'eau douce, les Emydura subglobosa alternent périodes d'immersion et périodes d'exposition au soleil pour augmenter leur température corporelle (Webb, 1978).
Elles passent la majeure partie de leur vie dans l'eau, où elles se nourrissent.
En cas de pénurie d'eau pendant les mois les plus chauds, elles se déplacent vers les zones inondées (Georges, Guarino et Bito, 2006).
Emydura subglobosa est classée comme espèce de "Préoccupation mineure". Cependant, des populations isolées peuvent subsister dans les régions arides de son aire de répartition, et sa maturité sexuelle est tardive. Cette situation amène certains à penser qu'un programme de conservation préventif devrait être mis en œuvre (Martins et Souza, 2008 ; Georges, 1995).
L'augmentation des menaces anthropiques constitue également un danger (Rhodin et Genorupa, 2000).
Description
Taille
: 15 à 20 cm SL  
: 20 à 28 cm SL
Respiration
Pulmonaire
Longévité
25 à 40 ans
Régime
Carnivore
L'appartient à la famille des tortues d'eau douce à cou latéral (Chelidae). Elles se caractérisent par la façon dont elles étendent et rétractent leur cou. Elles placent leur cou et leur tête latéralement, sous le bord supérieur de leur carapace (Werneburg et al., 2009).

L'aspect général de la dossière est ovale plus large à l'arrière, de couleur brun clair, rougeâtre. Les plaques de la dossière sont parfois soulignées d'un trait plus clair.
Le plastron est de couleur rouge intense, parfois rosé.
Le dessous des pattes est rouge et elles sont courtes et munies de petites griffes.

L'Emydure à ventre rouge a la tête olive ornée d'une bande jaune crème partant du bout du nez, traversant l'œil et se prolongeant jusqu'à l'iris (Georges et al., 2008). Une tache noire est toujours présente devant et derrière la pupille chez Emydura victoriae, et sa position est variable chez Emydura tanybaraga (Thomson, 2003). Elles possèdent une mâchoire supérieure proéminente et deux barbillons jaunes sur le menton ; cette même coloration jaune se prolonge le long de la ligne claire de la mâchoire.
La partie supérieure du cou est gris foncé et la partie inférieure gris clair striée de rouge. Cette même coloration se retrouve sur la mâchoire inférieure et le ventre, bien que la couleur puisse varier entre orange vif, jaune et rose (Legler et Georges, 1993 ; Ernst et Barbour, 1989).
Le bas de la mâchoire est jaune rougeâtre, une bande jaune clair grande partie des narines jusqu'au bas des tympans, une autre ligne va du museau jusqu'aux tempes, juste au-dessus des yeux. Son cou est assez court, son bec est de couleur jaune, son museau est court et sa mâchoire est ronde. L'œil est jaune et la pupille est noire et ronde, une barre noire le traverse horizontalement.
Les membres, la queue, le plastron et l'abdomen sont tous marqués de rouge (Ernst et Barbour, 1989). Les jeunes Emydure à ventre rouge présentent généralement des marques plus vives qui s'estompent avec l'âge, leur couleur rouge virant au rosé (Ernst et Barbour, 1989).
Les femelles ont une carapace plus longue, mais une queue plus courte. La longueur de la carapace des mâles varie de 13,3 à 17,3 cm, celle des femelles de 15,2 à 25,5 cm.

En cas d'agression, elles rentrent la tête et inclinent leur carapace vers les prédateurs afin de limiter les dommages aux parties molles de leur corps (Legler et Georges, 1993).
Emydura subglobosa possède aussi quatre glandes odoriférantes qui constituent un mécanisme de défense contre les prédateurs. L'odeur n'est généralement libérée qu'en cas de menace. Bien que l’utilisation du musc soit inconnue, des données récentes suggèrent qu’une fois que la puissante odeur est libérée, les prédateurs à proximité quittent la zone environnante (Legler et Georges, 1993 ; Latta, 2009).

Les Emydure à ventre rouge possèdent des sens très développés, essentiels à la communication et à la perception. Ces sens leur permettent de trouver de la nourriture, d'éviter les prédateurs et de trouver des partenaires pendant la saison des amours.
Des études ont montré que ces tortues d'eau douce peuvent communiquer entre elles grâce à une large gamme de vocalisations trop faibles pour être entendues par l'homme.
Il semblerait également que l'écholocation leur serve à repérer leurs proies et à se représenter leur environnement en trois dimensions (Latta & Craig, 2009).

Comme les autres tortues d'eau douce, les Emydure à ventre rouget possèdent une membrane nictitante (troisième paupière transparente) pour la vision sous-marine.
Leur odorat est assuré par le nez et par un organe spécialisé, l'organe de Jacobsen, qui identifie les particules chimiques en suspension dans l'air et dans l'eau.

Bien que les tortues n'aient pas d'orifice auditif externe, elles possèdent un tympan recouvert de peau, capable de détecter les vibrations de basse fréquence sous l'eau et sur terre. L'Emydure à ventre rouge possède quatre glandes odorantes dans sa carapace. Ces glandes produisent une odeur servant à la défense contre les prédateurs et lors des compétitions entre mâles pendant la saison des amours. Elles communiquent avec les partenaires potentiels par le biais de parades nuptiales élaborées, notamment en hochant la tête et en alignant leur corps (Legler et Georges, 1993).

Lorsque la tortue plonge sous l'eau, ses narines se bouchent, sa glotte se ferme et elle plonge en apnée. Si elle descend à de faibles profondeurs, elle remonte environ toutes les dix minutes à la surface pour respirer.
Les Chelidae peuvent effectuer de courtes plongées jusqu'à dix minutes ou des plus longues pouvant rarement excéder une heure. (Gordos et Franklin, 2006)

Note : Certaines tortues aquatiques sont aussi capables de capter l‘oxygène de l’eau grâce à différentes surfaces de leur corps sur lesquelles affleurent des vaisseaux sanguins : la muqueuse de leur gorge, leur peau, et même leur cloaque.
Ce phénomème concerne t-il les Chelidae ? (en attente de vérification sourcée)
 
Régime Alimentaire
Les Emydura subglobosa sont omnivores et se nourrissent d'algues filamenteuses, de périphyton, d'éponges, de macrophytes aquatiques, de macro-invertébrés aquatiques, d'insectes terrestres tombés à l'eau et de charognes.
Elles consomment également quotidiennement des mollusques, des poissons, des insectes, des vers, des plantes aquatiques, des végétaux et des graines en les broyant (PNG Gas Project, 2005).

Elles utilisent leurs mâchoires larges, pointues et cornées ainsi que leurs pattes antérieures pour déchirer leur nourriture, tandis que leur langue la dirige vers leur gosier. De nombreuses tortues d'eau douce à cou court, comme E. subglobosa et les espèces du genre Chelodina, ingèrent de grandes quantités d'eau contenant leurs proies en les aspirant (Legler & Georges, 2007).

La combinaison d'un tube digestif allongé et d'un transit lent assure une assimilation optimale des fibres ingérées. L'apport alimentaire est influencé par la température : une hausse de la température ambiante accélère le rythme cardiaque, ce qui stimule le métabolisme et permet une digestion plus rapide. Les bactéries commensales et autres micro-organismes contribuent à la dégradation de la cellulose lors de son passage dans le tube digestif. Les graisses étant stockées dans l'abdomen, elles n'ont pas d'incidence sur la thermorégulation.

Note : Les malformations des tortues peuvent être dues à des restrictions alimentaires, notamment la défiguration des pièces buccales causée par un excès de kératine et la mégacéphalie, un trouble où les tortues, mangeant et broyant des aliments durs comme les mollusques, développent une tête fortement agrandie, jusqu'à 20 % de la longueur de la carapace (Legler & Georges, 1993).

En captivité, c'est une tortue qui n'est pas difficile à nourrir.
Elle accepte tous les types d'aliments avec une préférence pour la nourriture carnée. Il est conseillé de nourrir la tortue à ventre rouge trois à cinq fois par semaine lorsqu'elle est jeune puis deux à trois fois par semaine une fois adulte.
Les crevettes, escargots, moules, petits poissons entiers, et les végétaux comme le kiwi, banane, pomme, rondelles de concombre... sont généralement acceptées.
Dimorphisme
Pour différencier les sexes, le spécimen doit faire minimum huit à neuf centimètres.
La queue du mâle adulte est plus longue et le cloaque éloigné du plastron, contrairement à la femelle chez qui la queue est très courte avec un cloaque proche du plastron.
Dangerosité
 
 
 Faible
Les tortues à ventre rouge, comme les autres tortues du genre mordent lorsqu'elles se sentent menacées, infligeant des blessures douloureuses (Legler et Georges, 1993).

On se contentera d'éviter les manipulations inutiles et se méfiera des morsures des grands spécimens.
Maintenance
Population
1 minimum (2 recommandé)
Zone
Inférieure, Centrale, Supérieure
Ratio M/F
1 / 1
Paramètres
Température
        22      24              27      29
pH
         6,5      7            7,5      8
GH
         5       10              15       20
Brassage
Aquarium
Volume
300 l minimum (500 l recommandé)
Longueur
150 cm minimum
Hauteur
40 cm minimum
Les Émydure à ventre rouge sont timides et facilement inquiètes. Ne mettez pas leur aquarium dans un lieu de passage, ou à la portée d'animaux ou d'enfants turbulents.
La quiétude est indispensable à leur bien-être et à leur développement harmonieux.

Si un bac de deux-cents litres peut convenir à de jeunes tortues, un bac beaucoup plus grand, voire un bassin d'intérieur, sera nécessaire pour un couple d'adultes.
On privilégiera un bac de type aqua-terrarium, ou un bassin, de grande taille permettant une profonde zone aquatique, et une plage lumineuse contenant une profondeur de sable suffisante pour la ponte.
Le niveau d'eau peut atteindre un demi mètre pour les adultes, mais plutôt quinze centimètres pour les juvéniles.

La température de l’eau sera maintenue entre 24 et 25°C en hiver et 27 à 29°C en été.
Sur la plage, la température sera de 27-32°C (4 à 8°C de plus que l’eau). Une bonne luminosité et le rayonnement UVB sont indispensables. Si la plage ne peut être naturellement ensoleillée, on utilisera une lampe spécialement conçue pour les tortues.
Attention ! : Les Ultra Violet sont indispensables pour cette espèce et toutes les tortues en général. Ce sont les UVB qui sont utiles à leur développement, sans UVB, la tortue peut subir des déformations de carapace, mais ceux-ci sont filtrés par le vitrage courant. Une véranda ensoleillée n'est donc pas la panacée. Une lampe additionnelle est fortement conseillée.

Les Émydure à ventre rouge nagent et se prélassent au soleil pour réguler leur température corporelle interne.
Note : Lors de cette exposition au soleil direct, des larmes coulent le long de leur tête et dans leur bouche, tandis que celle-ci s'ouvre et se ferme (mouvements gulaires). On observe parfois une respiration haletante et de la mousse au niveau de la bouche, phénomènes plus fréquents chez E. macquarii que chez les autres espèces d'Emydura.
Humidifier la tête et les membres, éloigner les extrémités de la chaleur directe et modifier leur respiration sont autant de mécanismes qui préviennent la surchauffe (Webb, 1978).
En cas de sécheresse, si elles ne trouvent pas immédiatement de l'eau pour s'y baigner, elles peuvent mourrir déshydratées.

Les Emydura subglobosa ne défendent pas activement un territoire. On peut donc en accueillir plusieurs si on en a la possibilité. Un mâle pour deux ou trois femelles est un bon ratio, mais on se contente la plupart du temps d'un simple couple par manque de place.

L'espèce n’hiberne pas. Toutefois un repos hivernal semble conseillé. Il s'agit, pendant quatre à six semaines de diminuer le temps d'éclairage, l'alimentation ainsi que la température en ne baissant jamais en-dessous de 16°C.

Une bonne filtration est indispensable pour cette espèce sensible aux mycoses.
Les tortues sont naturellement "salissantes" de par leur importante alimentation aquatique, mais aussi à cause de leur incessants remue-ménage qui bouleverse le substrat.
On choisira donc un filtre efficace mais n'entrainera pas de courant excessif. Une décantation externe sera sans doute le système le plus approprié. On pourra ainsi dissocier une partie sédimentation (filtration mécanique) et un partie épuration (filtration biologique) évitant ainsi l'encrassement rapide de la seconde.

Si certains sites préconisent d'accueillir les tortues dans un aquarium nu, évitant ainsi les problème de pollution, nous rappellerons ici que l'aquariophilie doit tenir compte du bien-être animal qui passe bien avant les préoccupations de propreté de l'acquéreur.

L'habitat de prédilection des Emydure à ventre rouge est constitué des rivières, des marais et des étangs. Elles fréquentent les eaux calmes aux berges végétalisées, voire le couvert forestier.

L'aménagement sera donc idéalement de type rivière lente, ou marais côtier, avec une berge fortement plantée et une pente douce donnant accès à une plage de sable.
Dans le lit de la rivière lui-même on évitera les plantes qui risquent d'être déracinées ou, si on choisit de planter, on privilégiera des plantes très robustes qu'on installera bien avant l'arrivée des animaux.
Quelques racines façon mangrove procureront des cachettes utiles au repos et permettant la cohabitation avec une faune destinée à l'alimentation.
Attention ! : toutefois de ne pas créer des entrelacs susceptibles de devenir des pièges mortels.

La cohabitation avec d'autres espèces est possible, et même souhaitable, mais la nature prédatrice des tortues le leur laissera que peu de chance de survie.
Pour l'équilibre naturel du bac, on choisira d'accueillir des escargots courants (planorbes, limnées, physes...), des crevettes, des aselles et de petits poissons faciles à élever... qui serviront immanquablement de repas.

Disponibilité commerciale : Disponible

Emydura subglobosa abonde dans le sud de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, où elles est exploitée pour la consommation et le commerce locaux.
Une partie du commerce provenant d'Indonésie est destinée aux marchés internationaux des animaux de compagnie, mais la majeure partie de la demande actuelle semble être satisfaite par l'élevage en captivité en Europe.
Reproduction
Type
Ovipare
Difficulté
Possible
Paramètres
Température
25 à 32 °C
Dans la littérature l'Emydure à ventre rouge est considérée comme facile à reproduire, pourtant les animaux nés en captivité ne sont pas toujours faciles à trouver.
Les pontes comptent entre trois et onze oeufs et les femelles peuvent pondre jusqu'à quatre fois par an.
Les Emydura subglobosa abandonnent leurs œufs une fois pondus et ne protègent pas les nouveau-nés (Georges, Limpus & Parmenter, 1993).
Après avoir creusé une cavité et y avoir déposé leurs œufs, les femelles retournent immédiatement en eau douce, laissant les œufs à découvert.
À la naissance les jeunes sont déjà très colorés et mesurent moins de trois centimètres.
Les oeufs peuvent être incubés artificiellement à 25-30°C, avec une humidité assez élevée de l'ordre de 70 à 80%. Les petits naissent au bout de soixante à quatre-vingt jours.

Chez de nombreuses tortues marines, d'eau douce et terrestres, le sexe de l'embryon est influencé par la température d'incubation. Cependant, ce n'est pas le cas chez les tortues australiennes étudiées à ce jour, qui ne présentent pas de détermination du sexe dépendante de la température (Georges et Legler, 1993).

Les espèces d'Emydura s'accouplent toute l'année, avec des pics d'activité au printemps et à l'automne.
Les mâles possèdent des spermatozoïdes dans leurs épididymes en permanence. Les femelles accumulent du vitellus dans leurs ovaires de la fin de l'été jusqu'à l'hiver.
Pendant la saison des amours, les mâles communiquent avec les femelles par une série de signaux, notamment des caresses simultanées, des clignements d'yeux et des hochements de tête.
La femelle peut être immobile ou nager. Lorsqu'elle interrompt le contact et remonte à la surface, le mâle se place rapidement face à face, en effectuant des projections nasales.
Mâles et femelles continuent de hocher la tête alternativement tout en alignant leurs corps. Une fois cette manœuvre terminée, l'accouplement commence (Georges & Legler, 1993).
Pendant l'accouplement, les cloaques se touchent. Ils restent ensemble pendant plusieurs heures, même si la copulation peut être brève. Ce processus d'accouplement peut se répéter plusieurs fois pendant plusieurs jours et impliquer plusieurs partenaires simultanément.
Les Emydura possèdent des glandes odorantes dans leur carapace qui produisent des odeurs utilisées lors des compétitions entre mâles pendant la saison des amours.

Chez les Emydura, les femelles possèdent une large cavité interne pour stocker les œufs, tandis que les mâles ont une queue plus longue.
L'ovulation et la nidification débutent au début du printemps. Seules les femelles quittent l'eau la nuit ou tôt le matin pour déposer leurs œufs dans des cavités creusées dans le sable ou la terre. La ponte a lieu en une heure environ. Les espèces Emydura subglobosa, E. novaeguineae et Carettochelys insculpta pondent leurs œufs dans le sol forestier, souvent près du pied des arbres ou dans le sol sableux des marais d'eau douce, durant la saison sèche, entre août et octobre (Georges, 2007 ; Georges et al., 2006).

Les œufs d'Emydura subglobosa sont blancs, calcaires et ellipsoïdes, mesurant en moyenne 35,0 ± 0,05 mm de long et 19,0 ± 0,02 mm de large. Le poids moyen estimé des œufs est de 7,68 ± 0,20 g. Ces tortues peuvent pondre deux à quatre fois par an, déposant de quatre à onze œufs à chaque fois, avec une moyenne de sept œufs par ponte (Georges et al., 2006).
L'incubation et l'éclosion ont lieu pendant la saison sèche suivante, de juillet à août. De nombreux facteurs peuvent influencer la durée d'incubation et d'éclosion : la température ambiante, la nébulosité, le niveau et le débit des cours d'eau, les marées et les phases de la lune.
Les températures élevées favorisent une éclosion précoce, tandis que les températures froides la retardent.

Après la perforation (éclatement de la coquille), les nouveau-nés restent un jour ou deux dans la coquille de l'œuf, où ils survivent grâce aux restes du sac vitellin (Georges et al., 2007).

Les jeunes tortues rejoignent l'eau douce sans l'aide ni la protection de leurs parents (Georges et al., 1993).

Elles atteignent généralement leur maturité sexuelle entre sept et douze ans, mâles et femelles mesurant alors entre quatorze et quinze centimètres de longueur de carapace (Georges et al., 2006).
Selon Martins et Souza (2008) l'âge estimé de la maturité sexuelle est de quatorze ans pour les mâles et de neuf ans pour les femelles. L'espérance de vie maximale des tortues chélidées est estimée à environ cent ans pour les deux sexes.

Des recherches suggèrent que ces tortues grandissent plus rapidement avant d'atteindre la maturité, puis leur croissance ralentit brusquement afin de dégager les ressources nécessaires à la reproduction (Georges, 1995).
Chez les espèces des genres Emydura et Chelodina, les femelles ont tendance à grandir plus vite et à atteindre une longueur de carapace supérieure à celle des mâles. La carapace des femelles est généralement plus profonde et plus spacieuse que celle des mâles afin de faciliter le stockage des œufs (Georges et Legler, 1993).

Attention ! : Fritz & Baur (1995) signalent un hybride viable entre Emydura subglobosa et Elseya novaeguineae.
Commentaires
Etymologie : Le nom générique Emydura dérive du grec emys (tortue d'eau douce) et oura (queue), latinisés en ura. Son genre grammatical est féminin, et subglobosa provient probablement du latin sub "sous, quelque peu" et globosus "sphérique", en référence à la forme de la carapace de cette espèce. (G. Shea, comm. pers., 9 févr. 2024)

Le nom sous-spécifique angkibaanya fait référence au mot dialectal aborigène australien signifiant « arc-en-ciel » dans la langue du peuple Gudang, habitants traditionnels de la zone la plus septentrionale de la péninsule du cap York, en allusion à la coloration faciale et ventrale audacieuse de ce taxon.

Utilisation traditionnelle, scientifique et/ou commerciale :
La production de viande et de produits dérivés de la tortue est importante pour l'économie de la Nouvelle-Guinée (Georges, 2007). Les tortues d'eau douce et leurs œufs constituent une source importante de protéines pour certaines populations (Rhoden et Genorupa, 2000).

De plus, les tortues à ventre rouge se nourrissent d'insectes et de plantes. En fouillant le sol pour pondre leurs œufs ou chercher de la nourriture, elles contribuent à une meilleure aération du sol, permettant ainsi aux nutriments de le revitaliser et d'améliorer sa capacité de rétention d'eau (Georges, 2007). Elles constituent une source de nourriture pour les populations locales, mais aussi pour les grands prédateurs (Legler et Georges, 1993).
Références
GBIF, UICN
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TTWG (Groupe de travail sur la taxonomie des tortues : Rhodin, AGJ, Iverson, JB, Bour, R., Fritz, U., Georges, A., Shaffer, HB et van Dijk, PP). 2017.
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Pour citer cette fiche :"Emydura subglobosa, Krefft, 1876" B-Aqua / TE, GP (2020-26)