Vallisneria spiralis
Descripteur : Linnæus, 1753
Famille : Hydrocharitaceae

Synonymes
Vallisneria aethiopica Fenzl
Vallisneria jacquiniana Spreng.
Vallisneria jacquinii Savi
Vallisneria linnet Bercht. & J.Presl
Vallisneria micheliana Spreng.
Vallisneria michelii Savi
Vallisneria numidica Pomel
Vallisneria pusilla Barbieri
Vallisneria pusilla Barbieri ex Bertol.
Vallisneria spiralis f. aethiopica (Fenzl) T.Durand & Schinz
Vallisneria spiralis var. numidica (Pomel) Maire & Weiller
Vallisneria spiralis var. pusilla (Barbieri ex Bertol.) Nyman
Descendants directs
Vallisneria spiralis var. spiralis
Vallisneria spiralis var. wylii Chodat, 1917
Noms Communs
Vallisnérie spiralée
Vallisnérie en spirale
Zostère

Tapegrass (en)
Eelgrass (en)
Genre : Vallisneria
Vallisneria americana (Michaux, 1803)
Vallisneria natans ((Loureiro) H. Hara, 1974)
Vallisneria asiatica (Shigeru Miki, 1934)
Vallisneria gigantea (Graebner (1912))
Vallisneria nana (R.Br. , 1810)
Vallisneria neotropicalis (Victorin, 1943)
Vallisneria rubra ((Rendle) Les & S.W.L.Jacobs, 2008)
Vallisneria spiralis (Linnæus, 1753)
Vallisneria australis (SWLJacobs & Les, 2008)
Vallisneria spiralis   
Vallisnérie spiralée
Origines géographiques
Aire d'origine :
Monde
Pays :
cosmopolite
 
Elle est originaire d'une zone s'étendant de l'Europe méridionale, au sud-ouest de l'Asie, à l'Afrique du Nord, et au bassin du Nil. Sa répartition est désormais mondiale dans la bande tropicale et sub-tropicale.

En France métropolitaine, la Vallisnérie a été introduite au XIXème siècle, pour l’ornement des bassins et des aquariums. Elle s’est répandue dans les grandes rivières du pays (Loire, Rhône, Saône, Erdre, Seine, Meuse et Moselle). Elle est absente de la Corse. Elle a été introduite et cultivée en Nouvelle-Calédonie, où elle est devenue une espèce envahissante: elle y est interdite d'importation. Elle est absente en Martinique.

En Belgique, elle a été observée entre 1955 et 1980 dans la vallée de la Meuse. Il semble qu'elle ait disparu depuis lors. Introduite aux Pays-Bas au début des années soixante, sa présence a été interrompue entre 1963 (hiver rigoureux) et 2001. Ces pays représentent probablement sa limite nord, les hivers trop froids provoquant sa disparition et son succès auprès des aquariophiles assurant sa réimplantation.,Elle est présente dans le sud de la Suisse (Tessin).
Environnement
Eau :
Douce
 
Vallisneria spiralis se rencontre surtout en plaine, exceptionnellement en altitude. Elle préfère les cours d'eau à courant lent, les lacs et les mares. On la trouve à petite profondeur dans les parties bien éclairées et à eau claire mais aussi à plus grande profondeur (jusqu'à 9 m en Nouvelle-Zélande) et parfois en eau boueuse. Elle forme des herbiers riches en biodiversité et contribue fortement à l'oxygénation des eaux stagnantes. Cette plante peut occasionnellement fréquenter les eaux vives des ruisseaux et des rivières.
 
Liste Rouge UICN : 
LC
 
Cette espèce est répandue et abondante dans toute son aire de répartition connue. Aucune information détaillée n'est disponible sur la taille de la population, mais la tendance est supposée stable.

Vallisneria spiralis est considérée comme invasive en dehors de son aire de répartition d'origine.
Description
Type :
Plante
Croissance :
Taille :
20 à 100 cm
 
Vallisneria spiralis forme des herbiers denses, c'est une plantes d'eau douce à racines fibreuses, à tige courte et à feuilles immergées, linéaires, en sangle ou en ruban jusqu'à 10 mm de large et 100 cm de long ou plus, disposées en rosette basale. Les feuilles à trois à cinq nervures parallèles, sont entières à marges finement dentées.

Plantes dioïques, elle porte des inflorescences axillaires à nombreuses fleurs minuscules imparfaites. Les fleurs femelles sont solitaires à l'extrémité d'un long pédoncule blanchâtre en spirale et qui se rétracte après la floraison. Les fleurs mâles très petites et très nombreuses, sont regroupées dans une spathe.

Vallisneria est un genre exclusivement hydrophyte; les plantes sont totalement immergées. Les feuilles se présentent en grappes à partir de leurs racines. Les feuilles, basales, assez longues, en forme de ruban, mesurent un demi-centimètre de large, l'apex de la feuille étant légèrement denticulé à la pointe. Les individus mâles et femelles forment des pieds différents! Les fleurs sont dioïques. Les mâles ont de très petites fleurs qui apparaissent près des racines, et prennent une teinte jaune avant l'ouverture. Les fleurs femelles sont supportées par une longue tige filiforme et en spirale.
 
Dispo vente :
Commun
Des variétés, naine (nana) ou tigrée (tiger), de Vallisneria spiralis sont disponibles dans le commerce des aquariums, et les appellations commerciales sont très nombreuses, voire erronées.

Si elle est protégée dans certaines régions françaises, c'est une plante envahissante en Nouvelle-Zélande où sa vente et son transport sont interdits.
Maintenance
Paramètres de maintenance :
Température :
1 à 31°C
pH :
6,5 à 8
GH :
2 à 15
Eclairage :
Brassage :
Substrat nutritif :
Obligatoire
Dry Start :
Non
 
En aquarium, il convient de planter la vallisnérie, en prenant soin de ne pas enterrer trop profondément la base des feuilles pour laisser libre le collet, dans un sol riche et profond (8 à 10 cm), constitué de sable, d'argile, de tourbe et de terre de bruyère.
Relativement peu exigeante sur les qualités physico-chimiques de l'eau, V. spiralis préférera toutefois une eau douce et légèrement acide. Elle appréciera un éclairage fort, d'une durée importante (10 à 12 heures par jour).

Si elle supporte des températures extrêmes, Vallisneria spiralis préfèrera une température moyenne de 22 à 24 °C. Présente jusque dans le nord de la France, Vallisneria spiralis peut être maintenue en extérieur si la profondeur du bassin peut lui éviter le gel.

Du fait de sa taille importante, jusqu'à un mètre, il convient de planter Vallisneria spiralis dans un aquarium avec une colonne d'eau d'au moins 50 cm. Ses longues feuilles rubanées, s'étaleront en surface, procureront de l'ombre à des plantes craignant la lumière, et serviront également d'abri ou de substrat de ponte à de nombreuses espèces de poissons.

C'est un plante qui peut rapidement devenir envahissante et doit être réservée aux grands aquariums.
Les vallisnéries doivent être régulièrement contenues afin qu'elles n'envahissent pas l'aquarium. On lit parfois que les feuilles peuvent être coupées, cette action ralentissant leur croissance, c'est faux. Si on coupe une feuille, elle cesse immédiatement sa croissance et, ce faisant, s'abime et devient très sensible aux algues.
Pour "tailler" une vallisnérie, il faut couper une partie des feuilles au ras du collet. Plus simplement, on retirera les grandes plantes pour laisser la place aux plus petites qui ne manqueront pas de pousser au pied de celle-ci.

On peut limiter sa croissante en lui réservant un "coin" de terre peu fertile (sable seulement) ou en bordant son "coin" de rocaille sans couche fertile. Toutefois, elle parviendra finalement à s'évader.

Un substrat de sable convient bien pour la plantation, mais il est conseillé d'utiliser un mélange formé de sable, d'argile et d'humus en parts égales pour constituer un sol nutritif. Les espèces de Vallisneria sont toutes gourmandes en nutriments et en fer chélate. Des injections de gaz carbonique à l'aide d'un kit CO2 ne sont pas les bienvenues pour conserver une eau légèrement neutre à basique, surtout qu'il faut un peu de mouvement de l'eau de surface pour la bonne tenue des feuilles flottantes juste sous la surface, ce qui gêne le maintien du CO2 dans l'eau.

Note : Les vallisnéries sont parmi les rares plantes d'aquarium couramment commercialisées qui tolèrent l'eau saumâtre, à condition que le poids spécifique ne dépasse pas 1003 (environ 10% de la salinité de l'eau de mer normale).
Plantation et multiplication :
Vallisneria spiralis
Reproduction végétative :
La multiplication se fait par les stolons. C'est le principal mode de propagation, celui utilisé en aquariophilie. Il suffira de détacher les plantules racinées formées sur les stolons et de les repiquer.

Reproduction végétative :
La multiplication des plantes se réalise par voie végétative quand les plantes se plaisent en culture, elles ne tardent pas à émettre des rejets. Une division par coupure d'un rejet permet de diffuser le plant.

Fleur femelle

Reproduction sexuée : C'est une plante dioïque. Le plant femelle porte des fleurs blanc rosâtre, de 4 à 7 mm et solitaires à l'extrémité d'un long (jusqu'à plus d'un mètre) pédoncule blanchâtre en spirale. Le plant mâle porte des fleurs très petites, très nombreuses et regroupées dans une spathe qui se détache de la plante et remonte en surface où il libère les étamines. L'eau les transporte (pollinisation hydrogame) jusqu'aux fleurs femelles qui sont retenues par leur pédoncule. Une fois la fleur fécondée, le pédoncule se rétracte. Le fruit se développe ainsi à proximité du fond. Le fruit contient une seule graine (akène) qui sera dispersée par le courant (dissémination hydrochore).
Commentaires
Étymologie : Vallisneria a été nommée en hommage au médecin et naturaliste italien Antonio Vallisneri (1661-1730) et spiralis, "spiralée"

La plante est adoucissante, réfrigérante et gastrique. Il est utilisé pour le traitement de la leucorrhée et est transformé en thé au sésame ( Sesamum indicum ) pour augmenter l'appétit. Parfois, ses jeunes feuilles sont consommées crues.
Sources
GBIF, MNHN, IUCN
DORIS, Tela Botanica
- Kasselmann, Christel : "Aquarienpflanzen. 3rd edition". in DATZ Aquarienbuch, Ulmer Verlag (2010)
- Les, D.H., Jacobs, S.W.L., Tippery, N.P., Chen, L., Moody, M.L. & Wilstermann-Hildebrand, M.: "Systematics of Vallisneria (Hydrocharitaceae)". in Systematic Botany 33 (2008)
- Chen, J., Hoch, P. et Raven, PH. "Flora of China" Vol. 13: Épilobium. (2011)
- Cook, CDK "Les plantes aquatiques" . Éditions académiques SPB, Amsterdam / New York. (1996)
- Duke, JA. "Bases de données phytochimiques et ethnobotaniques". ( 2010)
- Ho, PH. Cay Co Vietnam (Une flore illustrée du Vietnam) . Nha Xuat Ban Tre, Vietnam. (1999)
- Kress, WJ, DeFilipps, RA, Farr, E. et Kyi, DYY. "Liste de contrôle des arbres, arbustes, herbes et grimpeurs du Myanmar". Washington DC (2003)
- Maxwell, JF. "Végétation et flore vasculaire du Mékong, provinces de Kratie et Steung Treng, Cambodge." in Maejo International Journal of Science and Technology 3 (1): 143-211. (2009)
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-Simpson, D. (éd.). "Hydrocharitaceae". in RM Polhill (éd.), Flora of Tropical East Africa , pp. 29. Balkema, Rotterdam, Pays-Bas. (1989)
- Symoens JJ . "Hydrocharitaceae". in Edwards, Sebsebe & Hedberg (éd.), Flora of Ethiopia and Eritrea , Addis-Abeba. (1997)
- Symoens JJ. "Hydrocharitaceae". in Flora Zambesiaca 12, 2 , pp. 18-57. Jardins botaniques royaux de Kew. (2009)
- Udomsri, C., Premcharoen, S., Thawatphan, C., Vidthayanon, C. et Vajrodaya, S. "Structure communautaire des plantes aquatiques à Bung Khong Long, province de Nongkhai, site Ramsar de Thaïlande". in Kasetsart Journal (Sciences naturelles) 39: 64-75. (2005)

Photo : Grand-Père