Le volume est donné en fonction d’un nombre d’individus minimum, conditionné par le mode de vie de l'espèce, et à l’exclusion d’autres espèces.
En clair, si on convoite deux espèces nécessitant cent litres chacune, cela fait un volume deux cents litres à partager , en particulier si elles occupent les mêmes espaces de nage !
Carnegiella strigata semble être un habitant exclusif des environnements d'eaux noires caractérisé par une végétation riveraine épaisse, souvent en surplomb, et des substrats couverts de branches tombées, de racines d'arbres et de feuilles mortes.
L'eau est généralement acide, de dureté carbonatée et de conductivité négligeables et colorée en brunâtre en raison de la présence de substances humiques libérées par la décomposition de la matière organique.
Pendant la période d'inondation, de petits poissons tels que C. strigata se déplacent en amont dans les affluents de la rivière, puis latéralement dans la forêt inondée elle-même pour se nourrir et se reproduire, avant de retourner dans les affluents lorsque l'eau tombe.
On peut donc supposer que ces poissons, dont l'habitat est soumis aux variations saisonnières, sont aussi conditionnés par les changements des paramètres de l'eau. La saison des pluies entrainant une eau plus fraiche, plus douce et des inondations permettant aux poissons l'exploration des branches et racines en eau acide et ambrée, riches en proies.
En bac biotope, on tâchera de reproduire ces changements dans l'aquarium à l'aide de changements d'eau et d'augmentation du courant afin de recréer au mieux les conditions de vie de l'espèce.
Pour nombre d'espèce de poissons, le respect des changements saisonniers augmentent leur longévité, évite le stress en les maladies qui en découlent, et favorisent le frai.
On accueillera donc ce poisson assez délicat dans un bac "rivière" d'eau noire, acide et très douce.
Certains auteurs préconisent de le maintenir dans un bac de d'un mètre cinquante de longueur, rempli uniquement à moitié, l'espace libre entre l'eau et le couvercle étant de 25 à 30 cm.
Un bac richement doté en branchage et en végétation sera préférable, mais une zone de nage libre, propre à accueillir un banc favorisera les échanges intra-spécifiques.
Attention, l'éclairage doit être modéré tout en ne pénalisant pas les plantes choisies.
Un substrat de couleur sombre sera privilégié, avec un lit de feuilles et de tourbe. Ces dernières favoriseront en particulier l'établissement de colonies de micro-organismes lors de leur décomposition .
De tels micro-organismes fournissent une précieuse source de nourriture secondaire pour les alevins, tandis que les tanins et autres produits chimiques libérés par les feuilles en décomposition sont également considérés comme bénéfiques.
La filtration sur tourbe est quasi obligatoire pour conserver l'acidité nécessaire (pH 5,5 et 6,5), avec un débit d'une à deux fois le volume du bac par heure, car ce poisson n'apprécie pas un courant de surface trop fort.
De fréquents changements d'eau légèrement vieillie, sont préconisés (15 à 20 % du volume du bac par semaine).
Le couverture de l'aquarium doit être bien ajusté car cette espèce peut sauter lorsqu'elle est surprise ou pour attraper quelque insecte.
Ce n'est pas un poisson idéal pour l'aquarium communautaire en raison de sa petite taille et de sa nature plutôt timide. C'est un animal très grégaire qui demande à être maintenu en groupe important.
Dans un bac communautaire, il est préférable de le garder avec des characidés pacifiques de taille similaire et de petits loricariidé, si la taille du bac le permet, bien sûr.
C'est aussi un poisson compatible avec les Apistogramma spp. et d'autres cichlidés nains du même milieu car il a tendance à habiter les régions moyennes à supérieures du réservoir et ne s'attaque pas activement aux alevins des autres poissons.
Attention ! : Si on veut tenter la reproduction de l'espèce, on l'accueillera bien entendu en bac biotope spécifique.
Disponibilité commerciale : Rare
Carnegiella strigata, importé dès 1910, reste assez rare en aquarium, même si c'est l'un des poisson-hachettes les plus fréquemment importé.
On distingue habituellement deux variétés de C. strigata :
La première, la forme amazonienne Carnegiella strigata var. fasciata, possède une large bande médiane (troisième bande large), partant de la partie la plus basse de la "quille" pour se diriger vers le haut et l'arrière.
La deuxième, la forme guyanaise Carnegiella strigata var. strigata où cette troisième bande forme un V.
Cette dernière est parfois appelée Carnegiella vesca par les aquariophiles.
Toutefois, la taxonomie officielle ne reconnait plus aujourd'hui ces deux morphes.
Attention ! : Carnegiella strigata est une espèce toujours populaire dans l'aquariophilie, mais n'est pas élevée sur une base commerciale, tous les poissons proposés à la vente étant collectés dans la nature dans le bassin du rio Negro, au Brésil.
On veillera donc à s'assurer de la provenance des poissons convoités pour ne pas ajouter une cause à leur déclin dans le milieu naturel.