Barbeau à bande étroite
Le Barbeau à bande étroite vit dans les cours d'eau de plaine et de montagne, dans les zones rocheuses et rapides.
Il est très probablement potamodrome et on pense qu'il effectue des migrations saisonnières durant lesquelles on le trouve dans des eaux plus profondes et plus troubles .
On l'accueillera donc en aquarium "rivière vive", d'eau claire, plutôt fraiche et soumise à d'importantes variations saisonnières.


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Taxinomie
Descripteur : Kottelat, 2000
Classe: Actinopterygii
Ordre: Cypriniformes
Famille:  Cyprinidae
Genre:  Crossocheilus
Synonymes
Labeo oblongus (Cuvier & Valenciennes, 1842)
Crossocheilus siamensis (Smith, 1931)
Epalzeorhynchos siamensis Smith, 1931
Epalzeorhynchos stigmaeus Smith, 1945
Noms Communs
Barbeau à bande étroite
Siamese Algae Eater (en)
Membres du genre Crossocheilus
Crossocheilus atrilimes (Kottelat, 2000)
Crossocheilus latius (Hamilton, 1822)
Crossocheilus oblongus (Kuhl & Van Hasselt, 1823)
Crossocheilus elegans (Kottelat & Tan, 2011)
Crossocheilus cobitis (Bleeker, 1854)
Crossocheilus langei (Bleeker, 1860)
Origine géographique
Aire d'origine : Asie
Cambodge, Laos, Thaïlande
Cette espèce est connue du bassin versant du Chao Phraya en Thaïlande et du bassin versant du Mékong au Laos à partir des environs de Vientiane, en Thaïlande et au Cambodge.

La localité type est "Keng Nam Mang, à environ 6 km en amont de Ban Hatkhai (18°26'33″N, 103°10'32″E), dans la province de Vientiane, Laos", mais on pense que l'espèce est présente dans tous les bassins versants du Mékong et du Chao Phraya. On peut donc la trouver également en Thaïlande et au Cambodge.

La répartition des espèces de Crossocheilus à rayures latérales, notamment en Thaïlande, nécessite des études complémentaires car certaines populations pourraient apparemment représenter des espèces non décrites.
Environnement
Paramètres
Milieu
Douce
Ce poisson vit dans les cours d'eau et leurs affluents, sur un substrat de rochers, de galets, de gravier et de sable , souvent dans des zones où affleurent des bois flottés ou des racines d'arbres.
L'eau claire, souvent peu profonde, permet à la lumière du soleil de pénétrer la surface et favorise le développement d'un biofilm riche recouvrant les surfaces immergées, sur lequel il se nourrit.
On pense qu'il effectue des migrations saisonnières durant lesquelles on le trouve dans des eaux plus profondes et plus troubles.

On associe généralement les Crossocheilus spp. à des eaux claires et relativement rapides, contenant du gravier ou des blocs rocheux (Kottelat, M., 2001).
D'après Kottelat, M., (2000) Crossocheilus atrilimes et C. oblongus coexistent parfois, mais C. oblongus se rencontre dans les eaux vives, les rapides et les torrents, tandis que C. atrilimes fréquente des habitats plus calmes.
Mais il peut s'agir d'un biais dû à la saison de prélèvement de ce poisson migrateur. (NDLA)
Cette espèce est présente dans le bassin du Chao Phraya en Thaïlande et dans le bassin du Mékong au Cambodge, au Laos et dans le nord de la Thaïlande. On la trouve dans les cours d'eau aux eaux claires et au courant relativement rapide. Bien que sensible aux modifications de la morphologie des cours d'eau, son aire de répartition géographique (AOO) et son aire d'occurrence (EOO) étendues la classent comme espèce de "Préoccupation mineure".

Aucune menace spécifique n'est connue, mais l'exploitation forestière, la déforestation et l'agriculture sont pratiquées dans la région, avec des impacts attendus sur le milieu aquatique (M. Kottelat, communication personnelle, 2011).
La construction de barrages aura également un impact sur ce milieu, en réduisant le débit et en augmentant la sédimentation.
Description
Taille
: 6,5 à 7,5 cm SL
Respiration
Branchiale
Longévité
8 à 10 ans
Régime
Algivore
Les membres du genre Crossocheilus se caractérisent par la présence de huit rayons ramifiés à la nageoire dorsale, de lobes rostral immobiles, de l'absence d'épine dorsale et par le fait que les lèvres supérieure et inférieure ne sont pas reliées, la lèvre supérieure étant attachée à la mâchoire inférieure par une fine membrane.

Bien qu'il soit parfois difficile de distinguer les poissons vendus sous l'appellation "C. siamensis", l'identification est relativement simple.

Crossocheilus atrilimes est l'un des plus petits membres du genre et sa taille adulte est de sept à sept centimètres et demi.

Bande latérale noire bien visible, s'étendant de l'extrémité du museau à l'extrémité des rayons caudaux médians.
Généralement une ou deux rangées de points discrets le long des rangées d'écailles sous la bande latérale et une et demi à deux rangées d'écailles entre l'anus et son origine (Kottelat, M., 2001)
Hauteur du corps : 23,8 à 26,4 % de la longueur standard ; une seule paire de barbillons (Kottelat, M., 2000).

La bande latérale noire s'étend du museau à l'extrémité de la nageoire caudale ; l'œil est brun clair au-dessus de la pupille et blanc en dessous ; les barbillons maxillaires ne sont pas visibles ; la ligne latérale est incurvée ; les nageoires sont d'un jaune pâle légèrement grisâtre. Selon son humeur, cette espèce a la capacité de modifier l'apparence de la bande sombre qui orne son corps, notamment lors des combats où elle s'élargit et s'éclaircit considérablement.

C. langei lato sensu semble être un autre Crossocheilus à rayures latérales couramment commercialisé et peut être distingué de C. atrilimes par les caractères suivants : l'œil est rouge doré au-dessus de la pupille et blanc en dessous ; il possède deux paires de barbillons ; la ligne latérale est essentiellement droite et passe par le centre de la rayure sombre du corps ; les nageoires sont brunâtres.

Bien que la bande corporelle s'éclaircisse lors des combats, sa largeur reste inchangée. Un autre signe distinctif, simple à identifier, est la présence d'une tache sombre juste devant la nageoire anale, sur la face ventrale. Ce poisson est souvent désigné comme « mangeur d'algues siamois » (SAE) dans la littérature aquariophile, mais compte tenu de ses légères différences avec C. langei sensu stricto, il est possible qu'il ne s'agisse pas de cette espèce.

Le troisième poisson le plus répandu en aquariophilie est une espèce non décrite, parfois appelée C. sp. "citripinnis". C'est un poisson de grande taille, atteignant quinze centimètres de longueur standard, et possédant une paire de barbillons maxillaires bien visibles. Ses nageoires sont jaune citron, une couleur qui s'intensifie avec l'âge ; la bande sombre qui orne son corps reste inchangée en largeur et en couleur lors des combats ; sa ligne latérale est incurvée et sa morphologie générale est similaire à celle de C. atrilmes, ce qui explique qu'il soit facilement confondu avec un juvénile. Il est possible que d'autres espèces, potentiellement non décrites, originaires de Thaïlande, soient commercialisées sous le nom de "C. siamensis", mais aucune étude détaillée n'a encore été menée à ce sujet.

En 2009, Tan et Kottelat a ont décrit une nouvelle espèce à rayures latérales, "C. obscurus", provenant du bassin versant de la rivière Batang Hari à Sumatra. Cette espèce atteint une taille relativement importante (au moins 14,2 cm) et se distingue par les caractéristiques suivantes : une paire de barbillons rostrales, absence de barbillons maxillaires ; une rayure latérale médiane aux bords peu contrastés, légèrement incurvée vers le bas, estompée chez les plus grands individus, se prolongeant sur les rayons médians de la nageoire caudale jusqu’au bord postérieur ; absence de marque noire entre l’anus et la nageoire anale ; bouche large (30 à 36 % de la longueur de la tête). Il est possible que C. obscurus soit également commercialisé en aquariophilie sous un autre nom.

D'autres espèces de Crossocheilus à rayures latérales existent également et peuvent être disponibles de temps à autre, mais elles se distinguent plus facilement du groupe décrit ci-dessus.

Chez C. nigriloba, par exemple, la bande sombre du corps se fragmente de manière unique en une série de taches lorsque les poissons se battent, sont stressés ou dorment, et le lobe inférieur de la nageoire caudale contient une pigmentation sombre imprégnée de rouge, tandis que C. burmicanus présente une tache de coloration bleue à la base des nageoires pectorales.

Pour ajouter encore à la confusion, le Garra cambodgiensis, vaguement similaire (lui-même souvent appelé à tort G. taeniata), est généralement vendu sous le nom de "faux Crossocheilus" bien que celui-ci soit facilement identifiable car la bande latérale foncée se termine au niveau du pédoncule caudal, tous les barbillons sont minuscules et il possède une mâchoire inférieure en forme de disque qui développe parfois une coloration rouge vif sur les lèvres externes.
 
Régime Alimentaire
Les Crossocheilus spp. sont connus pour consommer des algues, principalement des algues pinceaux de la famille des Rhodophyta. Toutefois, ils semblent ne les consommer que dans sa phase de croissance et ne plus s'y intéresser une fois la taille adultes atteinte. Même s'ils peuvent aider a se débarrasser des algues pinceaux, ils ne doivent en aucun cas être maintenus juste pour cela.

Dans la nature, les espèces de Crossocheilus sont des brouteurs qui se nourrissent d'algues, de diatomées et d'autres phytoplanctons, ainsi que de micro-organismes associés.
Du fait de son régime algivore, son domaine vital, se mesurant en surface de gagnage, doit être spacieux.

En aquarium, il convient donc d'éviter l'utilisation d'aliments riches en protéines, car les poissons sont incapables de métaboliser efficacement certains composants.
Une consommation régulière et prolongée peut entraîner des dépôts excessifs de graisse, voire une dégénérescence des organes digestifs.

Des produits séchés de bonne qualité riches en spiruline ou équivalent est idéal, mais une quantité importante de matières végétales doit également être incluse dans le régime comme des pois écossés, de la courgette blanchie, des épinards et des fruits hachés...

Attention ! : Même s'il peut aider a limiter la croissance des algues, il ne doit en aucun cas être maintenu juste pour cette raison.
Dans ce cas, il mourrait de faim dès sa tache accomplie.
Dimorphisme
Les femelles sexuellement matures sont normalement plus rondes que les mâles, mais il est impossible de sexer les jeunes poissons avec précision sur ces caractéristiques externes.
Dangerosité
 
 
 Aucun
Maintenance
Population
4 minimum (6 recommandé)
Zone
Inférieure, Centrale
Ratio M/F
1 / 1
Paramètres
Température
        15      18              24      26
pH
         6      6,5            7      7,5
GH
         2       4              10       15
Brassage
Aquarium
Volume
100 l minimum (250 l recommandé)
Longueur
120 cm minimum (150 cm recommandé)
Les espèces de Crossocheilus vivent dans les cours d'eau et leurs affluents, sur des substrats de rochers, de galets, de gravier et de sable, souvent dans des zones où affleurent des bois flottés ou des racines d'arbres.
L'eau claire, souvent peu profonde, permet à la lumière du soleil de pénétrer la surface et favorise le développement d'un biofilm riche recouvrant les surfaces immergées, sur lesquelles les poissons se nourrissent.

Attention ! : On pense qu'ils effectuent des migrations saisonnières au cours desquelles on les trouve dans des eaux plus profondes et plus troubles.
On considère souvent qu'un poisson potamodrome Qui migre exclusivement dans les cours d'eau douce.est facile à maintenir car supportant une large palette de paramètres de l'eau. En fait, ce n’est pas tout à fait vrai, un potamodrome Qui migre exclusivement dans les cours d'eau douce.a un besoin vital de ces changements naturels saisonniers. Il est donc impératif de les lui fournir. (N.D.A.)

On composera donc pour le bien-être de cette espèce, un aquarium rivière vive, dans un bac tout en longueur. Il sera assez grand et contiendra une eau claire et oxygénée, avec un substrat composé de roches émoussées de tailles variées (galets), de gravier polis par l'eau, et de sable fin.
Ces supports doivent être bien éclairées, afin que se développe du biofilm. Un éclairage vif favorisera la croissance d'algues dont les poissons se nourriront.

La filtration doit être assez forte afin de parfaitement oxygéner l'eau et de créer un courant vif. La possibilité de faire varier le flux sera un plus appréciable, le poisson étant inféodé à de fortes variations saisonnières d'habitat.
Comme de nombreux poissons d'eau courante, il est sensible à l'accumulation de déchets organiques et exige une eau parfaitement propre en permanence pour prospérer. Il se développe également mieux avec un taux élevé d'oxygène dissous et une bonne circulation d'eau dans l'aquarium.
L'utilisation de filtres externes puissants (x10 ou plus), de pompes de brassage temporaire ou d'appareils similaires est donc recommandée.

Si la plupart des plantes ne prospèrent pas dans un tel environnement, des espèces robustes comme les Microsorum, Bolbitis ou Anubias spp. peuvent être cultivées fixées au décor.

Très pacifique, il peut parfaitement être maintenu en aquarium biotope communautaire. La seul difficulté sera de trouver des colocataires appréciant le même type d'environnement fortement brassé.

Les Crossocheilus spp. vivent généralement en petits groupes dans leur milieu naturel et peuvent se montrer timides ou craintifs s'ils sont maintenus seuls ou en petit nombre. Ce sont des poissons grégaires, et non des bancs, qui développent une hiérarchie bien définie. Il est préférable de les maintenir en groupe de six individus ou plus, car les plus faibles risquent d'être constamment harcelés si le nombre est insuffisant. Vous profiterez ainsi d'un aquarium plus naturel et d'interactions intéressantes entre les poissons.

Attention ! : Les Crossocheilus spp. ont la réputation de s'attaquer aux autres poissons et leur infliger des blessures importantes. Cela n'arrive que si le poisson n'est pas accueilli comme il se doit, dans un milieu lui convenant.
Le volume utile est donné à titre indicatif, en fonction d’un nombre d’individus minimum. Il est conditionné par le mode de vie de l'espèce, et à l’exclusion d’autres espèces.
En clair, si on convoite deux espèces nécessitant cent litres chacune, cela fait un volume deux cents litres à partager, en particulier si elles occupent les mêmes espaces de nage ou la même niche écologique !"

Disponibilité commerciale : Très rare

Crossocheilus atrilimes est occasionnellement pêché pour le commerce des poissons d'ornement.

On ne dispose cependant d'aucune information fiable sur l'utilisation ou le commerce de cette espèce.
Il est possible cependant qu'elle apparaisse sporadiquement dans le commerce en lieu et place d'autres espèces du genre.
Elle serait alors mal identifiée et l'aquariophile devra faire preuve de vigilance lors de l'achat de Crossocheilus spp..

Attention ! : Crossocheilus atrilimes fréquente une large gamme d'habitats dans la nature, et est de plus soumis à d'importantes variations saisonnières, d'où son apparente tolérance à des paramètres de l'eau extrêmement divers. En réalité, ses exigences initiales sont déterminées par la localité et la saison de collecte. Il est donc préférable de demander à votre grossiste le lieu de pêche des poissons convoités et les conditions d'eau dans laquelle ils ont été maintenu jusqu'a l'achat.
Reproduction
Type
Ovipare
Difficulté
Difficile
La reproduction en aquarium semble difficile à mener à terme et il n'y a aucun retour d'expérience de reproduction réussie pour cette espèce.
Ce Crossocheilus n'est pas élevé pour le commerce, mais les poissons du même genre largement disponibles sont élevés grâce à l'utilisation d'hormones.

Les Crossocheilus spp. sont potamodromes Qui migre exclusivement dans les cours d'eau douce.et effectuent des migrations saisonnières.

On pense que Crossocheilus atrilimes effectue aussi des migrations saisonnières durant lesquelles on le trouve dans des eaux plus profondes et plus troubles.
Il est de ce fait difficile à reproduire sans un bac spécifique simulant les importants changements de milieu indispensables au frai et à l'élevage des alevins.
Commentaires
Etymologie : Crossochilus du grec κροσσός (krossós), "pompon, frange", et χεῖλος (kheîlos), "lèvre", et atrilimes, du latin ater, "noir", et limes, "un espace étroit et allongé" en référence à la bande noire étroite qu'il arbore.

Utilisation traditionnelle, scientifique et/ou commerciale :
Cette espèce est utilisée dans le cadre de la pêche de subsistance locale (M. Kottelat, comm. pers., 2011).
Références
GBIF, IUCN,
Fishbase, Seriously fish
- Kottelat, M. (2000). Diagnoses of a new genus and 64 new species of fishes from Laos (Teleostei: Cyprinidae, Balitoridae, Bagridae, Syngnathidae, Chaudhuriidae and Tetraodontidae). Journal of South Asian Natural History. 5(1): 37-82.
- Kottelat, M. , "Fishes of Laos". WHT Publications Ltd., Colombo 5, Sri Lanka. (2001)
- Kottelat, M., "Nomenclatural status of Crossocheilus burmanicus, C. horai and C. multirastellatus (Osteichthyes: Cyprinidae)." in Raffles Bulletin of Zoology 51(2): 399-401 (2003)
- Kottelat, M. "Crossocheilus atrilimes". The IUCN Red List of Threatened Species 2012
- Kottelat, M., "The fishes of the inland waters of southeast Asia: a catalogue and core bibiography of the fishes known to occur in freshwaters, mangroves and estuaries." in The Raffles Bulletin of Zoology Supplement 27: 1-663 (2013)
- Niederle, J., "My anabasis with red-algae eaters known as Crossocheilus siamensis." in The Aquarium Gazette 8 ( 2009)
- Rainboth, W. J., "Fishes of the Cambodian Mekong. FAO Species Identification Field Guide for Fishery Purposes." in FAO, Rome: 1-265 (1996)
- Tan, H. H. and M. Kottelat, "The fishes of the Batang Hari drainage, Sumatra, with description of six new species." in Ichthyological Exploration of Freshwaters 20(1): 13-69 (2009)

Vidéo en captivité : https://www.youtube.com/watch?v=_oi1nimEGk4

Pour citer cette fiche :"Crossocheilus atrilimes, Kottelat, 2000" B-Aqua / TE, GP (2018-26)