Physa fontinalis
Physe des fontaines
Retrouvez dans cette fiche, toutes les informations sur les Physa fontinalis (Physe des fontaines) . D'où ils viennent, comment les maintenir en aquarium, comment les reproduire,...

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Taxinomie
Descripteur : Linnaeus, 1758
Classe: Gastropoda
Ordre: Basommatophora
Famille:  Physidae
Genre:  Physa
Synonymes
Bulimus fontinalis (Linnaeus, 1758)
Bulinus fontinalis (Linnaeus, 1758)
Bulinus fontinalis subsp. obtusata H.Beck, 1838
Bulinus fontinalis subsp. producta H.Beck, 1838
Bulinus fontinalis subsp. subacuta H.Beck, 1838
Bulla fluviatilis Turton, 1819
Bulla fontinalis Linnaeus, 1758
Bulla gelatinosa Gmelin, 1791
Helix bullaoides Donovan, 1803
Helix pellucida Razoumowsky, 1789
Limnea fontinalis Sowerby, 1821
Physa acutespira Servain, 1882
Physa adversa (Da Costa, 1778)
Physa bulla (O.F.Müller, 1774)
Physa bulla (O.F.Müller, 1774)
Physa canariensis Bourguignat, 1856
Physa coronadoi Servain, 1880
Physa fluviatilis T.Brown, 1827
Physa fontinalis subsp. normalis Westerlund, 1871
Physa fontinalis var. albina Jeffreys, 1862
Physa fontinalis var. aplexoides Colbeau, 1868
Physa fontinalis var. curta Van den Broeck, 1869
Physa fontinalis var. flava Cockerell, 1893
Physa fontinalis var. lepida Moquin-Tandon, 1855
Physa fontinalis var. minor Moquin-Tandon, 1855
Physa fontinalis var. oblonga Jeffreys, 1862
Physa fontinalis var. rufula Locard, 1880
Physa fontinalis var. typica Westerlund, 1871
Physa minima Brusina, 1866
Physa semiglobosa Westerlund, 1871
Physa stabilei Lessona, 1880
Physa subglobosa Clessin, 1886
Physa taciti Servain, 1882
Planorbis bulla O.F.Müller, 1774
Rivicola fontinalis Fitzinger, 1833
Turbo adversus Da Costa, 1778
Noms Communs
Physe des fontaines
Physe bulle
Physe commune
Bladder snail (en)
Quell-Blasenschnecke (all)
Membres du genre Physa
Physa fontinalis (Linnaeus, 1758)
Physa marmorata (Guilding, 1828)
Origine géographique
Aire d'origine : Europe
Albanie, Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Monténégro, Pays Bas, Macédoine du Nord, Norvège, Pologne, Roumaine, Fédération de Russie, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Ukraine, République tchèque, Royaume-Uni
Aire actuelle
Israël, Japon
La physe des fontaines est endémique de l'Europe, dont elle occupe l'ensemble du territoire. Elle a également été signalée en Turquie, sur les îles Canaries, ainsi qu’en Iraq.

Cette espèce a été décrite en Europe, s'étendant au nord jusqu'en Scandinavie et à l'est jusqu'en Sibérie occidentale. Elle a également été signalée aux îles Canaries (Taylor 2003) et en Turquie (Yildirim 2004), ainsi qu’en Iraq.
Environnement
Paramètres
Milieu
Douce
La physe des fontaines vit essentiellement dans des systèmes lentiques comme des rivières à faible courant, étangs, marais, les lacs ainsi que les canaux et les fossés d'irrigation.
Cette espèce est opportuniste et peut être trouvée dans des plans d'eau (modérément) pollués (Appleton et Brackenbury 1998, Whitehead 2008).
Elle est présente dans des habitats pauvres en nutriments et à végétation riche (Vermonden et al. 2009), mais ne supporte pas les eaux saumâtres, contrairement à d'autres physes.
Cette espèce est répandue dans toute l'Europe et la Russie, et a été décrite comme étant commune avec une distribution assez continue (Leung et al. 2004, D.van Damme comm. pers. 2011).

Bien que cette espèce démontre une tolérance réduite à la pollution, les impacts de la pollution de l'eau provenant de diverses sources constituant la principale menace pour la population mondiale de cette espèce (DV Damme, comm. pers. 2011).
Physa fontinalis est cependant largement diffusé et abondant dans toute l'Europe, c'est pourquoi il a été évalué comme Préoccupation mineure (LC) à la fois au niveau européen et au niveau des vingt-sept États membres de l'Union européenne. Bien que dans certains pays, elle soit inscrite sur les listes rouges nationales et régionales, la large gamme de l'espèce signifie qu'il n'y a actuellement aucune menace majeure pour l'état de la population dans son ensemble.

Il n'y a pas de mesures de conservation spécifiques à l'espèce en place et aucune n'est considérée comme nécessaire compte tenu de l'aire de répartition de cette espèce holarctique, mais elle est considérée comme localement menacée. Cette espèce est répertoriée comme "Quasi menacée" sur la Liste rouge de la République tchèque (Beran et al. 2005) et comme "Très menacée" sur la Liste rouge nationale suisse (Turner et al. 1994 cité dans Byrne et al. 2009). Elle est également répertoriée comme "rare" sur la liste rouge régionale de la région Alsace (France).
Description
Taille
: 0,7 à 1,2 cm SL  
: 0 cm SL
Respiration
Pulmonaire, Cutanée
Régime
Autre
La coquille de la physe des fontaines est de couleur brune, elle est localement parsemée de taches dorées. Elle est ovale, mince et brillante
On peut la distinguer des autres membres du genre grâce à son apex plutôt arrondi, contrairement à Physella acuta dont l'apex est pointu.
Le corps est brun grisâtre et la bouche de couleur rose. Elle ne possède pas d'opercule.

Comme toutes les physes, la coquille de la physe des fontaines est sénestre, c’est-à-dire qu’elle tourne vers la gauche (sens antihoraire)*. Elle compte de trois à quatre spires dont la dernière représente plus des trois quarts de la longueur totale. La longueur de la coquille varie de 7 mm à 12 mm pour une largeur comprise entre 4 et 7 mm.

Note : Les Physidés (Physidae) possèdent un ensemble complexe de muscles qui est unique parmi les gastéropodes. Ce complexe, appelé "musculature Physidée", donne aux physes la capacité de mouvoir rapidement leur coquille, leur permettant ainsi d'échapper à leurs prédateurs.
Les physes sont des escargots pulmonés, mais dans un milieu suffisamment riche en oxygène l'absorption peut être cutanée.

*Cette caractéristique distingue les physes des limnées, autre famille d’escargots vivant en eau douce, mais dont la coquille tourne vers la droite (dextre ou horaire).

Attention ! : L’identification des Physidae est cependant une affaire de spécialistes étant donné les ressemblances très nettes qui existent entre les nombreuses espèces de la famille (environ quatre-vingt recensées au niveau mondial). La physe des fontaines est un représentant des Physidés natif d’Europe, et d’autres espèces cohabitent avec elle et notamment sur le territoire français.
- La physe voyageuse ou physe aiguë (Physa acuta) : contrairement à la physe des fontaines, c’est une espèce vraisemblablement importée d’Amérique du Nord, actuellement acclimatée aux eaux douces naturelles de l’hémisphère nord. C’est une espèce très commune des aquariums et des bassins. L’extrémité de la coquille est pointue, ce en quoi elle diffère de la physe des fontaines dont le bout de la coquille est arrondi.
- La physe élancée (Aplexa hypnorum) : la coquille est dans ce cas sombre et élancée. L’espèce également endémique des eaux douces de France est néanmoins plus rare et la forme plus allongée de sa coquille la différencie assez nettement des deux autres espèces mentionnées.
- La physe marbrée (Physa marmorata) souvent mentionnée en tant qu’espèce présente dans les aquariums n’est pas signalée à l’état naturel sur le territoire français. Elle est souvent à tort confondue avec Physa acuta plus petite et nettement plus commune.
 
Régime Alimentaire
Cette physe se nourrit d'algues vertes, de biofilm et de détritus. Elle ne se nourrit pas de plantes en bonne santé.

Les physes ont un régime détritivore, et se nourrissent de bactéries, d’algues microscopiques qui prolifèrent sur les plantes subaquatiques, de détritus végétaux voire occasionnellement des plantes subaquatiques elles-mêmes. Elles sont à ce titre utilisées en aquariophilie puisqu’elles débarrassent les aquariums du surplus de nourriture donnée aux poissons, des feuilles abîmées et des algues.

Toutefois, n'espérez pas résoudre une invasion d'algue avec elle, car son appétit est proportionnel à sa taille.
Dimorphisme
Les physes sont hermaphrodites.
Dangerosité
 
 
 Aucun
Les escargots d’eau douce sont réputés pour servir d’hôtes à des vers parasites, dont certains peuvent induire des pathologies humaines ou aviaires.
On peut notamment citer les trématodes, dont les larves utilisent les mollusques en tant qu’hôte intermédiaire au cours de leur cycle de croissance et d’infestation future d’un hôte définitif (douves et schistosomes parmi les principaux intervenants dans les pathologies humaines). Des travaux de recherche ont par exemple été menés sur l’existence (d’ailleurs finalement non avérée) d’une intervention de Physella acuta dans la transmission de la grande douve du foie Fasciola hepatica.
Maintenance
Population
1 minimum (2 recommandé)
Zone
Inférieure, Centrale, Supérieure
Paramètres
Température
        1      10              25      28
pH
         6      6,5            7,5      8
GH
         2       3              15       30
Brassage
Aquarium
Volume
10 l minimum
Les physes sont rarement "maintenues" en aquarium, mais leur présence spontanée est une bénédiction pour l'aquariophile. Il n'y a théoriquement rien à faire pour les voir proliférer si le milieu leur est favorable.

Si les physes arrivent toutes seules dans un aquarium, en général sous forme d'oeufs accrochés aux plantes, beaucoup d'aquariophiles n'hésitent pas à les importer dans un nouveau bac. En effet, les physes participent à l'élimination des feuilles mortes qui ne manquent pas avant le reprise des plantes.

Une fois l'aquarium équilibré, ces auxiliaires aquariophiles se chargeront de limité les algues en en consommant une partie, et la nourriture en excès.

En tant qu’escargots pulmonés, les physes viennent régulièrement respirer l'air atmosphérique à la surface, mais l’essentiel de l’oxygène consommé est absorbé directement au niveau du manteau. Ce sont donc des escargots à surveiller comme indicateurs de l'oxygénation de l'eau ou de l'excès de CO2 dans le cas d'injection artificielle.

Les physes se régulent seules. Leur présence en grand nombre indique un déséquilibre, généralement un excès de nourriture disponible. Il peut s'agir de nourrissage excessif ou de mauvaise santé des plantes qui produisent alors des déchets végétaux .
Attention ! : Certains aquariophiles débutants croient alors que ce sont les physes qui mangent les plantes et les abiment. Ce n'est pas le cas. Les escargots sont la solution, pas le problème !

Dans le cas contraire, lorsque les physes disparaissent, on peut s'inquiéter. Il peut s'agir d'une pollution, mais il peut s'agir de poisson, d'arthropodes ou d'escargots molluscivores, ou du manque de détritus. Les physes n'apprécient pas un aquarium trop propre.

La qualité de l'eau n'a que peu d'importance, mais elle sera de préférence fraiche et peu brassée. Néanmoins, un eau assez dure favorisera sa croissance en lui apportant le carbonate de calcium nécessaire à la formation de sa coquille.

Si elles peuvent survivre dans un bocal, on leur réservera tout de même un bac de taille suffisante pour qu'elles n'aient pas à souffrir de la faim. Un aquarium dédié aux crevettes est l'idéal.
On évitera la présence d'écrevisses, d'Anentome helena et bien sûr de poissons friands de mollusques si on ne veut pas voir leur population disparaitre.

Disponibilité commerciale : Commun

Il ne s'agit pas ici d'une disponibilité "commerciale" proprement dite, puisque les physes ne sont pas en vente, mais sont introduites via les plantes dans la plupart des aquariums. Elles sont cependant très répandues en aquariophilie bien qu'on ne sache pas vraiment de quelle espèce de physe il s'agit.
Certains pensent que c'est l'espèce Physa acuta qui est de loin la plus fréquente en aquarium.
Reproduction
Type
Ovipare
Difficulté
Courante
Comme de leurs cousins les escargots terrestres, les physes sont hermaphrodites, chaque individu est donc à la fois mâle et femelle.
Dans le cas des physes, un accouplement (reproduction bigame) n'est pas obligatoire. Elles peuvent ainsi pondre spontanément (autogame): c'est une reproduction par parthénogénèse.
Il semble que cette reproduction autogame soit prédominante.
L’avantage de ce mode de reproduction est lié à un taux de reproduction nettement supérieur. Il induit toutefois un risque de moindre résistance aux parasites et peut conduire à des effondrements brutaux de populations infestées.

La reproduction a lieu du printemps à l’automne, de une à trois fois par an. Des amas gélatineux contenant environ une vingtaine d’œufs au maximum sont déposés sur les plantes subaquatiques. Les œufs éclosent après dix-huit à vingt jours. Les jeunes physes nées à l’automne peuvent hiberner durant l’hiver et vivre environ 1 an. Les individus nés au printemps vivent environ trois à quatre mois.
Commentaires
Etymologie : Physa, du grec [physa], "gonflement" (bulle) , et fontinalis, du latin fons, "fontaine", "fontinale", qui vit, qui croît dans les fontaines ou au bord de leurs bassins.

Note : Le nom commun physe est une francisation du nom scientifique de genre Physa, créé par le naturaliste français Jacques Philippe Raymond Draparnaud en 1801.
Références
GBIF, IUCN, DORIS
- Appleton, CC et Brackenbury, TD 1998. Gastéropodes d'eau douce introduits en Afrique avec une référence particulière à Physa acuta. Harare.
- Bank, R., von Proschwitz, T. et Falkner, G. 2006. Manuscrit non publié de la section mollusca du site Web Fauna Europea (http://www.faunaeur.org) .
- Beran, L., Juřičková, L. et Horsák, M. 2005. Mollusca. Dans : Farkač J., Král D., Škorpík M. (éd.), Liste rouge des espèces menacées en République tchèque, Invertébrés , pp. 69-74. AOPK ČR, Prague.
- Byrne, A., Moorkens, EA, Anderson, R., Killeen, IJ et Regan, EC 2009. Liste rouge irlandaise n° 2 – Mollusques non marins. Service des parcs nationaux et de la faune. Département de l'environnement, du patrimoine et du gouvernement local, Dublin, Irlande.
- Kantor, YI, Schileyko, AA, Vinarski, MV et Sysoev, AV 2009. Catalogue des mollusques continentaux de Russie et des territoires adjacents.
- Leung, KMY, Morley, NJ, Grist, EPM, Morritt, D. et Crane, M. 2004. Toxicité chronique de la tributyline sur le développement et la reproduction de l'escargot hermaphrodite Physa fontinalis : Influence de la densité de population. Recherche sur l'environnement marin 58(2-5): 157-162.
- Taylor, DW 2003. Introduction aux Physidae (Gastropoda : Hygrophila); biogéographie, classification, morphologie. Revista de Biologie Tropical Suppl. 1 : 1-287.
- Turner, H., Wüthrich, M. et Rüetschi, J. 1994. Rote Liste der gefährdeten Weichtiere der Schweiz. In: P. Duelli (ed.), Rote Listen der gefährdeten Tierarten der Schweiz , pp. 97. Bundesamt für Umwelt, Wald und Landschaft, EDMZ Bern.
- Vermonden, K., Louvain, RSEW, van der Velde, G., van Katwijk, MM, Roelofs, JGM et Hendriks, AJ 2009. Systèmes de drainage urbain : Un habitat sous-évalué pour les macroinvertébrés aquatiques. Conservation biologique 142 : 1105-1115.
- Whitehead, PF 2008. La qualité de l'habitat du ruisseau Bow à Defford au cours du XIXe siècle basée sur des preuves de mollusques. Record du Worcestershire 24 : 23-24.
- Yıldırım, MZ 2004. Les gastéropodes du lac Eğirdir. Journal turc de zoologie 28 : 97-102.

Pour citer cette fiche :"Physa fontinalis, Physa fontinalis" B-Aqua / GP (2023)