Botia histrionica
Loche birmane
Botia histrionica est une loche de rivière vive, claire et bien oxygénée sous couvert forestier. C'est une hôte intéressante pour les bacs "rivière" aux fonds sableux et rocheux, que sa grande taille et ses moeurs grégaires prédestinent cependant aux grands bacs.

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Taxinomie
Descripteur : Blyth, 1860
Classe: Actinopterygii
Ordre: Cypriniformes
Famille:  Cobitidae
Genre:  Botia
Synonymes
Aucune
Noms Communs
Loche birmane
Loche-clown de Birmanie (hybride ?)
Burmese loach (en)
Membres du genre Botia
Botia almorhae (Gray, 1831)
Botia birdi (Chaudhuri, 1909)
Botia dario (Hamilton, 1822)
Botia histrionica (Blyth, 1860)
Botia kubotai (Kottelat, 2004)
Botia lohachata (Chaudhuri, 1912)
Botia rostrata (Günther, 1868)
Botia striata (Narayan Rao, 1920)
Origine géographique
Aire d'origine : Asie
Chine, Inde, Myanmar, Thailande
L'espèce est signalée en Inde (Manipur et Nagaland) et au Myanmar dans le bassin versant du fleuve Salouen (Salween), Ayeyarwady, Sittaung et Ataran. Sa répartition est étendue dans les bassins de l'Irrawady et du Chindwin.
On la trouve aussi en Chine (province du Yunnan, bassin supérieur de la rivière Ayeyarwady) et à l'ouest de la Thailande.
Elle semble cependant rare dans l'ensemble de son aire de répartition.

La localité type est "Pegu, Tenasserim, Myanmar".

Les populations des différentes rivières varient dans leur configuration et il y a eu des spéculations selon lesquelles certaines pourraient s'avérer représenter des espèces distinctes à l'avenir.
Grant (2007) a provisoirement conclu que le spécimen décrit par Blyth provenait de la rivière Sittaung et qu'il devrait être considéré comme la "vraie" forme de l' espèce en attendant des études plus approfondies, car la description est quelque peu ambiguë et il est également possible que l' holotype L’holotype (du préfixe grec holo- qui vient du grec όλος, (olos) "entier, tout" et τύπος (túpos), "type", est le spécimen de référence (conservé) qui a servi à la description d’une nouvelle espèce.provienne du Salween.
Environnement
Paramètres
Milieu
Douce
Botia histrionica habite les ruisseaux clairs au fond de galets dans les basses montagnes.
Son habitat semble comporter des sections à débit relativement lent de cours d'eau ombragés par la forêt, apparemment bien oxygénés, avec de l'eau claire, un substrat mixte de sable et de roche, ainsi que beaucoup de bois flotté submergé et de litière de feuilles.
Cette espèce est présente en sympatrie avec B. kubotai dans la rivière Ataran.
Botia histrionica est rare dans les captures alimentaires et pour le commerce ornementale ce qui ne semble pas constituer une menace.
Le statut de l'espèce est donc évalué comme "Peu préoccupant".

Cependant, la déforestation pour la récolte du teck qui entraîne la sédimentation et l'envasement des rivières, constitue une menace majeure pour son habitat.
Description
Taille
: 13 à 14 cm SL
Respiration
Branchiale
Longévité
8 à 10 ans
Régime
Carnivore
La description de Botia histrionica par Blyth indique qu'il a cinq bandes sur le corps qui sont "de forme large et sub-régulière, chacune contenant une petite tache ronde sur la ligne latérale et une autre sur la crête du dos. Nageoire dorsale avec une large bande noire interrompue et un peu de noir également à la base. Pectoraux, ventraux et anaux, chacun avec deux bandes noires ; et la caudale également avec deux larges bandes et une pointe noire à chaque lobe".
Il semble qu’il décrivait un spécimen adulte puisque la taille indiquée est de onze centimètres.

Les motifs adultes des différentes formes géographiques peuvent varier considérablement, bien que les jeunes spécimens possèdent tous cinq barres sombres et nettes sur chaque flanc et sont souvent confondus avec les espèces présentant un motif juvénile similaire, en particulier B. kubotai.

Cependant, les barres horizontales sombres sur les flancs de B. kubotai se fendent généralement à un âge assez jeune et/ou développent des "pics" orientés horizontalement, tandis que celles de B. histrionica restent solides plus longtemps et la barre centrale présente généralement une tache pâle au niveau des flancs. Le dessus forme ainsi une forme de "y".
Selon Kottelat (2004), B. histrionica présente également un moindre degré de motifs noirs sur les nageoires, par exemple la bande à la base de la dorsale est soit fine, soit absente plutôt que large (bien que les jeunes spécimens aient généralement une large bande) et il y a généralement une seule bande sur les nageoires pelviennes (contre deux).

Au fur et à mesure que le poisson grandit, les barres corporelles restent intactes sous certaines formes ou s'anastomosent à des degrés divers sous d'autres. Par exemple, dans la forme Ayeyarwady, les barres sombres du corps restent souvent assez nettes bien qu'elles se brisent parfois pour former des rangées verticales de marques ressemblant à des taches, et leur corps a généralement une couleur jaunâtre.
En comparaison, la forme "Salween" est normalement plus pâle/plus blanche et les barres corporelles se séparent de telle manière qu'elles contiennent une ou plusieurs taches pâles.
La forme Manipur a un motif adulte similaire à la forme "Salween", mais la couleur du corps rappelle davantage la forme Ayeyarwady.
La forme Ataran a été vendue dans le commerce sous le nom de B. sp. aff. rostrata ou B. cf. histrionica et la structuration est décrite comme "intermédiaire entre Salween B. histrionica et B. kubotai" par Grant (2007), c'est-à-dire que les barres corporelles s'anastomosent davantage que chez le premier mais pas autant que chez le second. On dit également que c'est un poisson au corps plus profond que B. kubotai. (Seriously Fish, 2009)
 
Régime Alimentaire
Les Botia sont principalement carnivores. Leur régime alimentaire naturel comprend des mollusques aquatiques, des insectes, des vers et d'autres invertébrés. Toutefois, ils se nourrissent également de matières végétales si elles sont disponibles, y compris souvent des plantes aquatiques à feuilles molles.

En aquarium, ils ne sont généralement pas très difficiles à nourrir, acceptant plus grand majorité des nourritures sèches. On pourra leur proposer périodiquement des larves de chironomes vivants ou congelés, tubifex, artémies, des escargots... ainsi que des fruits et légumes frais tels que le concombre, le melon, les épinards ou des courgettes blanchies.
S'ils ont plutôt tendance à se nourrir au sol, ils peuvent parfaitement venir se nourrir dans la colonne d'eau, voire même en surface en se retournant.
Dimorphisme
Les femelles sexuellement matures sont normalement plus dodues que les mâles avec un museau arrondi, tandis que les mâles ont un museau allongé avec des lèvres sensiblement plus charnues.
Dangerosité
 
 
 Faible
Les Botia spp. possèdent des épines sub-oculaires pointues et mobiles qui sont normalement dissimulées dans une poche de peau mais dressées lorsqu'un individu est stressé, par exemple s'il est retiré de l'eau.
Il faut donc faire preuve de prudence car celles-ci peuvent s'emmêler dans les filets de capture et celles des plus gros spécimens peuvent percer la peau humaine.
Maintenance
Population
6 minimum (10 recommandé)
Zone
Inférieure
Ratio M/F
1 / 1
Paramètres
Température
        22      24              26      28
pH
         6      6,5            7,2      7,5
GH
              5                        12
Brassage
Aquarium
Volume
240 l minimum (300 l recommandé)
Longueur
120 cm minimum (150 cm recommandé)
Les Botia histrionica sont grégaires. Elles forment des hiérarchies sociales complexes et doivent être maintenus en groupes d'au moins cinq ou six individus, mais de préférence dix ou douze. Lorsqu'elles sont gardées seules, ces loches peuvent devenir renfermées ou agressives envers les poissons de forme similaire, et si seulement un couple ou un trio sont maintenus, le dominant peut stresser les autres au point qu'ils arrêtent de se nourrir.

B. histrionica, poisson de rivière à fortes variations saisonnières demande à être maintenu dans en bac rivière, le plus long possible, avec une eau vive et oxygénée.
Les variations saisonnières sont indispensables à sa maintenance et le bac devra être aménagé en conséquence.

Attention ! : On considère souvent qu'un poisson potamodrome ou qui, dans la nature, est soumis à de forte variations saisonnières, est facile à maintenir car supportant une large palette de paramètres de l'eau. En fait, c'est tout le contraire, un potamodrome ou un poisson soumis à de fortes variations saisonnières a un besoin vital de ces changements naturels. Il est donc impératif de les lui fournir. (N.D.A.)

Son habitat est constitué de ruisseaux aux fonds rocheux avec du gravier et on aménagera l'aquarium afin de restituer au mieux ce milieu. Des cailloux de différentes tailles, proposant aux poissons de nombreuses cachettes constitueront le décor le plus approprié. Une litière de feuilles est un ajout saisonnier intéressant.
Si les plantes ne sont pas indispensables, elles constituent cependant un milieu apaisant pour ce poisson plutôt timide.
Dans un grand bac, on pourra avantageusement créer une berge abondamment végétalisée et une zone caillouteuse, sans plante.

La filtration devra être efficace et modulable, afin de pouvoir reproduire les variations saisonnières de courant.
Les paramètres de l'eau devront aussi pouvoir être radicalement changés afin de restituer les changement que l'espèce subit lors des changement saisonniers. L'espèce est possiblement potamodrome, comme beaucoup de membres du genre.

Comme on l'a vu plus haut, c'est une espèce grégaire qui a besoin d'être entourée d'individus de sa propre espèce. La communication entre les individus réside en des mouvements de la tête et des "craquements".
Les spécimens d'un même groupe se connaissent individuellement et s'organisent en une sorte de classement.
Cette particularité permet sans doute aux poissons d'un même groupe de se mélanger à d'autres lors du frai, vraisemblablement collectif.
Dans un aquarium, chaque poisson doit avoir sa propre zone de quiétude. Les rapports d'agression intraspécifique sont toujours le fait de conditions de maintenance défavorables.
Cette espèce nocturne et crépusculaire est donc relativement pacifique, mais peut être agressive avec ses semblables, Un aquarium richement doté de cache individuelle est indispensable pour constituer un groupe de six poissons ou plus.

Maladie spécifique
Les botiidés sont également sensibles à une maladie communément appelée "maladie maigre" et caractérisée par une perte de poids. Ceci est particulièrement fréquent chez les spécimens nouvellement importés et semble être causé par une espèce du genre flagellé Spironucleus.
Il est possible de la soigner bien que les médicaments recommandés varient selon les pays. Les amateurs au Royaume-Uni ont tendance à utiliser l'antibiotique Levamisole et ceux aux États-Unis, le Fenbendazole (alias Panacur).

Comportements propres aux botiidés

Certaines habitudes comportementales des Botia spp. ont été enregistrées suffisamment souvent pour être considérés comme spécifiques du genre.

Par exemple, lors de batailles de domination qui se produisent assez souvent lorsque les poissons ont été introduits dans un nouvel aquarium ou que de nouveaux individus ont été ajoutés à un groupe existant, les protagonistes perdent normalement une grande partie de leur couleurs, un phénomène désormais connu sous le nom de "grisée".
De telles manifestations se produisent parfois également au sein d’un groupe établi, lorsque les individus cherchent à améliorer leur classement social.

Il est intéressant de noter que certaines observations suggèrent que le caractère du poisson le mieux classé, ou alpha, semble affecter celui de l'ensemble du groupe, même s'il faut dire que les études scientifiques sur le comportement des loches botiidés sont pratiquement inexistantes.

Il semble évident qu'ils affichent une certaine personnalité, certains spécimens étant naturellement plus audacieux ou plus agressifs que d'autres, par exemple. L'alpha est normalement le plus gros spécimen du groupe et souvent une femelle.

"L'observation" est aussi un comportement notable dans lequel les individus plus jeunes nagent flanc contre flanc avec les plus âgés, imitant chacun de leurs mouvements. Certains éleveurs rapportent que plusieurs poissons plus petits peuvent simultanément suivre un plus gros, avec même trois ou quatre de chaque côté !
La raison en est inconnue. Cela peut concerner un groupe dont les individus restent en contact les uns avec les autres lorsque les rivières gonflent en période d'inondation, réduisant peut-être la traînée en nageant "en formation" ou en ayant une autre fonction de communication (migratoire ?).
Il a été observé dans des aquariums avec un débit d'eau élevé ou faible et semble être habituel dans la mesure où certains individus observeront d'autres poissons si aucun congénère n'est présent.

Le son semble également être un facteur important de communication puisque ces loches sont capables de produire des clics audibles, ceux-ci augmentant en volume lorsque les poissons sont excités.
Les aspects comportementaux de ce phénomène restent largement sous-étudiés, mais on pense que les sons sont produits par le grincement des dents pharyngées ou des épines suboculaires .

Une autre curiosité est ce qu'on appelle la "danse des loches" qui implique un groupe entier nageant de manière constante et agitée autour des côtés du réservoir, en utilisant généralement toute la longueur et la hauteur.
Les raisons de ce phénomène sont inconnues et les rapports quant au moment où cela se produit varient, mais les déclencheurs les plus courants semblent être l'ajout de nourriture, d'eau fraîche ou de nouveaux congénères, et cela peut durer de quelques minutes à un jour ou plus. Il pourrait être lié à un comportement saisonnier précédent le frai. (NDLA)

Les botiidés s'installent aussi souvent dans des positions particulières, coincés verticalement ou latéralement entre des éléments de décor, ou même à plat sur le substrat. Il n’y a pas lieu de s’alarmer et cela semble être un comportement naturel au repos. (Seriously Fish,2011)

Disponibilité commerciale : Très rare

Comme cette loche est rare dans la nature, on veillera à s'informer sur la provenance des individus convoités afin d'éviter qu'il soient d'origine sauvage.
Cependant, l'élevage produit des hybrides dont il n'est pas raisonnable de faire l'achat.
On tâchera donc d'obtenir un maximum d'informations sur la provenance des animaux ne serait-ce pour mesurer l'honnêteté du vendeur.
Reproduction
Type
Ovipare
Difficulté
Difficile
Aucun cas de reproduction en aquarium de Botia histrionica n'a été signalé, et les spécimens commercialisés sont produits en masse pour le commerce aquariophile grâce à l'utilisation d'hormones ou récoltées dans la nature.

On connait mal la biologie de cette espèce, mais elle semble proche de celle des autres membres du genre, à savoir un comportement potamodrome saisonnier précédant la reproduction.

À moins de posséder un immense bac rivière permettant de recréer les conditions naturelles du frai (ou de pouvoir mettre en oeuvre des moyens techniques importants), il ne semble pas possible de reproduire ce poisson en captivité.
Commentaires
Etymologie : Botia, nom générique issu de la langue assami (assamais), langue indo-aryenne parlée en Assam dans la vallée du Brahmapoutre, et histrionica dérivé du latin histrio "acteur" (histrionne).

Utilisation traditionnelle, scientifique et/ou commerciale :
Cette loche est très rare et ne présente donc aucun intérêt pour la pêche commerciale.
Références
GBIF, IUCN,
Fishbase, Seriously Fish,
- Ao, S., Dey S.C. et Sarmah, S.K. "Poissons et pêcheries du Nagaland." Gouvernement du Nagaland. (2008)
- Chaudhry, S. "Botia histrionica" (version modifiée de l'évaluation de 2010). La Liste rouge de l'UICN des espèces menacées 2020
- Grant, S., "Fishes of the genus Botia Gray, 1831, in the Indian region (Teleostei: Botiidae)." in Ichthyofile Number 2: 1-106 (2007)
- Kottelat, M., "Zoogeography of the fishes from Indochinese inland waters with an annotated check-list". in Bull. Zoöl. Mus. Univ. Amsterdam 12(1):1-55 (1989)
- Kottelat, M., "Botia kubotai, a new species of loach (Teleostei: Cobitidae) from the Ataran River basin (Myanmar), with comments on botiinae nomenclature and diagnosis of a new genus." in Zootaxa 401: 1-18 (2004)
- Kottelat, M., "Conspectus cobitidum: an inventory of the loaches of the world (Teleostei: Cypriniformes: Cobitoidei)." in Raffles Bulletin of Zoology Supplement 26: 1-199 (2012)
- Menon, A.G.K., 1999. Check list - fresh water fishes of India. Rec. Zool. Surv. India, Misc. Publ., Occas. Pap. No. 175
- Nalbant, T. T., "Sixty million years of evolution. Part one: family Botiidae (Pisces: Ostariophysi: Cobitoidea)." in Travaux du Museum d'Histoire Naturelle 'Grigore Antipa' 44: 309-333 (2002)
- Nalbant, T. T., "Hymenphysa, Hymenophysa, Syncrossus, Chromobotia and other problems in the systematics of Botiidae. A reply to Maurice Kottelat." in Travaux du Museum d'Histoire Naturelle 'Grigore Antipa' 47: 269-277 (2004)
- Ng, H. H., "Botia udomritthiruji, a new species of botiid loach from southern Myanmar (Teleostei: Botiidae)." in Zootaxa 1608: 41-49 (2007)
- Zheng, H.-T., Y. Gong, F. Chen, Y. Liang and D. Huang, 2018. Length‐weight relationships for three fishes in the Mali Hka River and Nmai Hka River, Myanmar. J. Appl. Ichthyol. 34:1228-1229.

Pour citer cette fiche :"Botia histrionica, Blyth, 1860" B-Aqua / GP (2023)