Botia dario
Loche du Bengal
Botia dario est une loche de rivière vive, claire et bien oxygénée. Vraisemblablement migratrice (potamodrome) et assurément soumise à de fortes variations saisonnières de milieu, elle demande une attention particulière.
C'est une hôte intéressante pour les bacs "rivière" aux fonds sableux et rocheux, que sa grande taille et ses moeurs grégaires prédestinent cependant aux grands bacs.


Des informations manquantes, des précisions à apporter? N'hésitez pas à devenir membre de B-Aqua et participer à la rédaction de la base de données!
Taxinomie
Descripteur : Hamilton, 1822
Classe: Actinopterygii
Ordre: Cypriniformes
Famille:  Cobitidae
Genre:  Botia
Synonymes
Botia geto (Hamilton, 1822)
Botia macrolineata Teugels, De Vos & Snoeks, 1986
Canthophrys flavicauda Swainson, 1839
Canthophrys zebra Swainson, 1839
Cobitis dario Hamilton, 1822
Cobitis geto Hamilton, 1822
Diacanthus flavicauda (Swainson, 1839)
Diacanthus zebra (Swainson, 1839)
Noms Communs
Loche du Bengal
Bengal loach (en)
Botuk mach (assamais)
Bou mach (bengali)
Membres du genre Botia
Botia almorhae (Gray, 1831)
Botia birdi (Chaudhuri, 1909)
Botia dario (Hamilton, 1822)
Botia histrionica (Blyth, 1860)
Botia kubotai (Kottelat, 2004)
Botia lohachata (Chaudhuri, 1912)
Botia rostrata (Günther, 1868)
Botia striata (Narayan Rao, 1920)
Origine géographique
Aire d'origine : Asie
Bangladesh, Inde, Népal
Botia dario est présente au Bangladesh, en Inde : Uttar Pradesh, Bihar, Bengale occidental, Tripura, Jharkand, Nagaland, Sikkim, Manipur, Meghalaya, Assam, Mizoram, Darjiling, Sind, et de l'Arunachal Pradesh, au sud du Bhoutan près de la rivière Gaylegphug et au Bangladesh dans les divisions de Dhaka (district de Mymensingh), Sylhet, Rajshahi et Rangpur. le nord ainsi que les Hill Tracts de la division Chittagong au sud du pays.
On la trouve aussi au Myanmar, peut-être au Népal.

C'est la plus commune de toutes les espèces de Botia.
Environnement
Paramètres
Milieu
Douce
pH
6,5 à 7,5
Botia dario est distribuée dans les bassins versants du Gange et du Brahmapoutre en Inde et dans le bassin de Meghna au Bangladesh. C'est une espèce de rivières et de ruisseaux de montagne clairs.

Il ssemble s'agir d'une espèce fluviale et, étant donné que certaines parties de son aire de répartition sont parmi les plus humides au monde, il est probable qu'elle soit migratrice dans une certaine mesure et assurément soumise à de fortes variations saisonnières de milieu.

Cette loche apparaît sur une liste de contrôle de certains affluents du Brahmapoutre, dont la rivière Barak, publiée en 2007 aux côtés de nombreuses espèces, dont Barilius bakeri, B. barna, B. dogarsinghi, Laubuca laubuca, Devario aequipinnatus, D. dangila, D. devario, Pethia conchonius, P. ticto, Crossocheilus latius, Garra annandalei, G. nasuta, Psilorhynchus balitora, Balitora brucei, Acanthocobitis botia, Schistura vinciguerrae, Botia rostrata, Pangio pangia, Canthophrys gongota, Lepidocephalichthys annandalei, L. guntea, Batasio batasio, Mystus bleekeri, Gagata gagata, Erethistes pusillus, Chaca chaca, plusieurs Glyptothorax spp. et Parambassis ranga.
Botia dario est la plus commune de toutes les espèces de Botia et est également très répandue. Bien que ses habitats soient menacés et qu'elle soit fortement exploitée à des fins de commerce ornemental, l'espèce est rustique et son statut est donc considéré comme "Peu préoccupant".
Si les impacts de la récolte et les menaces environnementales deviennent visibles, cette espèce devra être réévaluée en conséquence.

L'impact du prélèvement dû à l'approvisionnement du commerce des aquariums doit être surveillé.
Description
Taille
: 13 à 15 cm SL
Respiration
Branchiale
Longévité
10 à 12 ans
Régime
Carnivore
Selon Grant (2007), cette espèce est incluse dans le complexe B. dario d'espèces étroitement apparentées au sein du genre aux côtés de B. striata.

Les membres sont caractérisés par un motif de couleur composé d'une couleur de base jaune à dorée avec sept à neuf barres corporelles bleues, vertes, grises ou noires, généralement séparées par des barres plus fines et plus claires.
Chez certains individus, les barres se brisent à des degrés divers (anastomose), ce qui signifie que les motifs peuvent être très variables. Chez B. dario, la couleur du corps de base varie en effet du clair au sombre, du jaunâtre au verdâtre.
Cette loche fait néanmoins partie des plus facilement reconnaissables du genre en raison de la forme de sa tête particulièrement courbée.

Note : Des doutes considérables ont été émis sur l'identité de Botia geto, décrit comme un Cobitis aux côtés de B. dario dans la même publication de Hamilton (1822). Depuis, divers auteurs l'ont répertorié comme valide ou synonyme de B. dario et les spécimens types n'ont pas été conservés, mais il semble certain que C. geto était en fait un jeune spécimen de B. dario.
 
Régime Alimentaire
Les Botia sont principalement carnivores. Leur régime alimentaire naturel comprend des mollusques aquatiques, des insectes, des vers et d'autres invertébrés. Toutefois, ils se nourrissent également de matières végétales si elles sont disponibles, y compris souvent des plantes aquatiques à feuilles molles.

En aquarium, ils ne sont généralement pas très difficiles à nourrir, acceptant plus grand majorité des nourritures sèches. On pourra leur proposer périodiquement des larves de chironomes vivants ou congelés, tubifex, artémies, des escargots... ainsi que des fruits et légumes frais tels que le concombre, le melon, les épinards ou des courgettes blanchies.
S'ils ont plutôt tendance à se nourrir au sol, ils peuvent parfaitement venir se nourrir dans la colonne d'eau, voire même en surface en se retournant.
Dimorphisme
Les femelles sexuellement matures sont normalement plus dodues que les mâles.
Dangerosité
 
 
 Faible
Les Botia spp. possèdent des épines sub-oculaires pointues et mobiles qui sont normalement dissimulées dans une poche de peau mais dressées lorsqu'un individu est stressé, par exemple s'il est retiré de l'eau.
Il faut donc faire preuve de prudence car celles-ci peuvent s'emmêler dans les filets de capture et celles des plus gros spécimens peuvent percer la peau humaine.
Maintenance
Population
5 minimum (10 recommandé)
Zone
Inférieure
Ratio M/F
1 / 1
Paramètres
Température
        20      23              25      26
pH
         6      6,5            7      7,5
GH
              2                        10
Brassage
Aquarium
Volume
250 l minimum (300 l recommandé)
Longueur
120 cm minimum (150 cm recommandé)
Les Botia dario sont grégaires. Elles forment des hiérarchies sociales complexes et doivent être maintenus en groupes d'au moins cinq ou six individus, mais de préférence dix ou douze. Lorsqu'elles sont gardées seules, ces loches peuvent devenir renfermées ou agressives envers les poissons de forme similaire, et si seulement un couple ou un trio sont maintenus, le dominant peut stresser les autres au point qu'ils arrêtent de se nourrir.

B. dario, poisson de rivière à fortes variations saisonnières demande à être maintenu dans en bac rivière, le plus long possible, avec une eau vive et oxygénée.
Les variations saisonnières sont indispensables à sa maintenance et le bac devra être aménagé en conséquence.

Attention ! : On considère souvent qu'un poisson potamodrome ou qui, dans la nature, est soumis à de forte variations saisonnières, est facile à maintenir car supportant une large palette de paramètres de l'eau. En fait, c'est tout le contraire, un potamodrome ou un poisson soumis à de fortes variations saisonnières a un besoin vital de ces changements naturels. Il est donc impératif de les lui fournir. (N.D.A.)

Son habitat est constitué de ruisseaux et de rivière aux fonds rocheux avec du gravier et on aménagera l'aquarium afin de restituer au mieux ce milieu. Des cailloux de différentes tailles, proposant aux poissons de nombreuses cachettes constitueront le décor le plus approprié. Une litière de feuilles est un ajout saisonnier intéressant.
Si les plantes ne sont pas indispensables, elles constituent cependant un milieu apaisant pour ce poisson plutôt timide.
Dans un grand bac, on pourra avantageusement créer une berge abondamment végétalisée et une zone caillouteuse, sans plante.

La filtration devra être efficace et modulable, afin de pouvoir reproduire les variations saisonnières de courant.
Les paramètres de l'eau devront aussi pouvoir être radicalement changés afin de restituer les changement que l'espèce subit lors des changement saisonniers. L'espèce est possiblement potamodrome, comme beaucoup de membres du genre.

Comme on l'a vu plus haut, c'est une espèce grégaire qui a besoin d'être entourée d'individus de sa propre espèce. La communication entre les individus réside en des mouvements de la tête et des "craquements".
Les spécimens d'un même groupe se connaissent individuellement et s'organisent en une sorte de classement.
Cette particularité permet sans doute aux poissons d'un même groupe de se mélanger à d'autres lors du frai, vraisemblablement collectif.
Dans un aquarium, chaque poisson doit avoir sa propre zone de quiétude. Les rapports d'agression intraspécifique sont toujours le fait de conditions de maintenance défavorables.
Cette espèce nocturne et crépusculaire est donc relativement pacifique, mais peut être agressive avec ses semblables,

Maladie spécifique
Les botiidés sont également sensibles à une maladie communément appelée "maladie maigre" et caractérisée par une perte de poids. Ceci est particulièrement fréquent chez les spécimens nouvellement importés et semble être causé par une espèce du genre flagellé Spironucleus.
Il est possible de la soigner bien que les médicaments recommandés varient selon les pays. Les amateurs au Royaume-Uni ont tendance à utiliser l'antibiotique Levamisole et ceux aux États-Unis, le Fenbendazole (alias Panacur).

Comportements propres aux botiidés
Certaines habitudes comportementales des Botia spp. ont été enregistrées suffisamment souvent pour être considérés comme spécifiques du genre.

Par exemple, lors de batailles de domination qui se produisent assez souvent lorsque les poissons ont été introduits dans un nouvel aquarium ou que de nouveaux individus ont été ajoutés à un groupe existant, les protagonistes perdent normalement une grande partie de leur couleurs, un phénomène désormais connu sous le nom de "grisée".
De telles manifestations se produisent parfois également au sein d’un groupe établi, lorsque les individus cherchent à améliorer leur classement social.

Il est intéressant de noter que certaines observations suggèrent que le caractère du poisson le mieux classé, ou alpha, semble affecter celui de l'ensemble du groupe, même s'il faut dire que les études scientifiques sur le comportement des loches botiidés sont pratiquement inexistantes.

Il semble évident qu'ils affichent une certaine personnalité, certains spécimens étant naturellement plus audacieux ou plus agressifs que d'autres, par exemple. L'alpha est normalement le plus gros spécimen du groupe et souvent une femelle.

"L'observation" est aussi un comportement notable dans lequel les individus plus jeunes nagent flanc contre flanc avec les plus âgés, imitant chacun de leurs mouvements. Certains éleveurs rapportent que plusieurs poissons plus petits peuvent simultanément suivre un plus gros, avec même trois ou quatre de chaque côté !
La raison en est inconnue. Cela peut concerner un groupe dont les individus restent en contact les uns avec les autres lorsque les rivières gonflent en période d'inondation, réduisant peut-être la traînée en nageant "en formation" ou en ayant une autre fonction de communication (migratoire ?).
Il a été observé dans des aquariums avec un débit d'eau élevé ou faible et semble être habituel dans la mesure où certains individus observeront d'autres poissons si aucun congénère n'est présent.

Le son semble également être un facteur important de communication puisque ces loches sont capables de produire des clics audibles, ceux-ci augmentant en volume lorsque les poissons sont excités.
Les aspects comportementaux de ce phénomène restent largement sous-étudiés, mais on pense que les sons sont produits par le grincement des dents pharyngées ou des épines suboculaires .

Une autre curiosité est ce qu'on appelle la "danse des loches" qui implique un groupe entier nageant de manière constante et agitée autour des côtés du réservoir, en utilisant généralement toute la longueur et la hauteur.
Les raisons de ce phénomène sont inconnues et les rapports quant au moment où cela se produit varient, mais les déclencheurs les plus courants semblent être l'ajout de nourriture, d'eau fraîche ou de nouveaux congénères, et cela peut durer de quelques minutes à un jour ou plus. Il pourrait être lié à un comportement saisonnier précédent le frai. (NDLA)

Les botiidés s'installent aussi souvent dans des positions particulières, coincés verticalement ou latéralement entre des éléments de décor, ou même à plat sur le substrat. Il n’y a pas lieu de s’alarmer et cela semble être un comportement naturel au repos. (Seriously Fish,2011)

Disponibilité commerciale : Disponible

L'espèce pourrait être en déclin en raison du commerce des poissons d'ornement, mais cette information n'est pas quantifiée.

Dans le cadre d'une aquariophilie responsable, on veillera néanmoins à questionner le vendeur sur l'origine des poissons convoités.
Reproduction
Type
Ovipare
Difficulté
Difficile
Aucun cas de reproduction en aquarium de Botia dario n'a été signalé, et les spécimens commercialisés sont ou capturés dans la nature ou produits pour le commerce aquariophile grâce à l'utilisation d'hormones avec les possibilité d'hybridation que cela suppose.

On connait mal la biologie de cette espèce, mais elle semble proche de celle des autres membres du genre, à savoir un comportement potamodrome saisonnier précédant la reproduction.

À moins de posséder un immense bac rivière permettant de recréer les conditions naturelles du frai (ou de pouvoir mettre en oeuvre des moyens techniques importants), il ne semble pas possible de reproduire ce poisson en captivité.
Commentaires
Etymologie : Botia, nom générique issu de la langue assami (assamais), langue indo-aryenne parlée en Assam dans la vallée du Brahmapoutre, et dario est directement dérivé du Bengali "Darhi", nom local de certains poissons. Ici, le nom dario est sans doute en rapport avec les rayures portées par l'espèce, ressemblant (un peu) à celle portées par certains poissons du genre Dario (?).
Références
GBIF, IUCN,
- Baensch, H.A. and R. Riehl, 1991. Aquarien atlas. Bd. 3. Melle: Mergus, Verlag für Natur-und Heimtierkunde, Germany.
- Chaudhry, S. "Botia dario." Liste rouge de l'UICN des espèces menacées 2010
- Grant, S., "Fishes of the genus Botia Gray, 1831, in the Indian region (Teleostei: Botiidae)." in Ichthyofile Number 2: 1-106 (2007)
- Hamilton, F., "An account of the fishes found in the river Ganges and its branches." Edinburgh & London: 1-405 (1822)
- Kar, D. and N. Sen, "Systematic List and Distribution of Fishes in Mizoram, Tripura and Barak Drainage of Northeastern India." in Zoo's Print Journal 22(3): 2599-2607 (2007)
- Kottelat, M., "Zoogeography of the fishes from Indochinese inland waters with an annotated check-list". in Bull. Zoöl. Mus. Univ. Amsterdam 12(1):1-55 (1989)
- Kottelat, M., "Conspectus cobitidum: an inventory of the loaches of the world (Teleostei: Cypriniformes: Cobitoidei)." in Raffles Bulletin of Zoology Supplement 26: 1-199 (2012)
- Menon, A.G.K., 1999. Check list - fresh water fishes of India. Rec. Zool. Surv. India, Misc. Publ., Occas. Pap. No. 175
- Nalbant, T. T., "Sixty million years of evolution. Part one: family Botiidae (Pisces: Ostariophysi: Cobitoidea)." in Travaux du Museum d'Histoire Naturelle 'Grigore Antipa' 44: 309-333 (2002)
- Nalbant, T. T., "Hymenphysa, Hymenophysa, Syncrossus, Chromobotia and other problems in the systematics of Botiidae. A reply to Maurice Kottelat." in Travaux du Museum d'Histoire Naturelle 'Grigore Antipa' 47: 269-277 (2004)
- Menon, A.G.K., 1999. Check list - fresh water fishes of India. Rec. Zool. Surv. India, Misc. Publ., Occas. Pap. No. 175,
- Petr, T., 1999. Coldwater fish and fisheries in Bhutan. p. 6-12. In T. Petr (ed.) Fish and fisheries at higher altitudes: Asia. FAO Fish. Tech. Pap. No. 385. FAO, Rome.
- Talwar, P.K. and A.G. Jhingran, 1991. Inland fishes of India and adjacent countries. vol 1. A.A. Balkema, Rotterdam.
- Tang, Q., B. Xiong, X. Yang and H. Liu, "Phylogeny of the East Asian botiine loaches (Cypriniformes, Botiidae) inferred from mitochondrial cytochrome b gene sequences.
" in Hydrobiologia 544(1): 249-258 (2005)

Pour citer cette fiche :"Botia dario, Hamilton, 1822" B-Aqua / GP (2023)