Procambarus acanthophorus
Écrevisse épineuse
Rare dans les aquariums européens, l'écrevisse épineuse est élevée pour la consommation humaine au Mexique et en Louisiane (USA).

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Taxinomie
Descripteur : F. Villalobos, 1948
Classe: Malacostraca
Ordre: Decapoda
Famille:  Cambaridae
Genre:  Procambarus
Synonymes
Aucun
Noms Communs
Écrevisse épineuse
Reculilla (esp)
Membres du genre Procambarus
Procambarus acanthophorus (F. Villalobos, 1948)
Procambarus alleni (Faxon, 1884)
Procambarus clarkii (Girard, 1852)
Procambarus cubensis (Erichson, 1846)
Procambarus fallax (Hagen, 1870)
Procambarus milleri (Hobbs, 1971)
Procambarus pictus (Hobbs, 1940)
Procambarus pubescens (Faxon, 1884)
Procambarus pygmaeus (Hobbs, 1942)
Procambarus vazquezae (F. Villalobos, 1954)
Procambarus versutus (Hagen, 1870)
Origine géographique
Aire d'origine : Amérique du nord
Mexique
Procambarus acanthophorus a été décrite comme répandue dans tout Veracruz, Chiapas, Mexique.
Environnement
Paramètres
Milieu
Douce
Procambarus acanthophorus est connue des ruisseaux, des lagunes et des habitats marécageux, et sa population double rapidement.
Procambarus acanthophorus a été décrite comme abondante.
Cette espèce est récoltée comme source de nourriture, bien que cela ne soit pas considéré comme une menace majeure à l'heure actuelle.
Description
Taille
: 10 cm SL
Respiration
Branchiale
Régime
Omnivore
Ecrevisse de couleur orange à brun mesurant jusqu'à dix centimètres et possédant de la soie sur ses pinces. Les motifs de la carapace font penser à ceux de Procambarus fallax. 
Régime Alimentaire
À l'état sauvage, Procambarus acanthophorus se montre opportuniste et se nourrit aussi bien de plantes aquatiques, de petits poissons et d'alevins vivants que d'animaux ou végétaux morts.

En aquarium, P. acanthophorus est donc aussi un mangeurs omnivores et opportunistes qui accepte une grande variété d'aliments, y compris les comprimés pour poissons de fond, morceaux de poisson, les légumes blanchis et presque tout ce qu'elle peut se procurer en raison de son comportement.
Elle mangera également des plantes vivantes conservées dans leur aquarium. C'est l'une des raisons pour laquelle les aquariophiles ayant des aquariums plantés évitent les écrevisses.
Elle est volontiers cannibale et n'hésitera pas à manger d'autres écrevisses dans l'aquarium. Surtout si elle sent qu'il y a une menace pour son territoire ou si elle manquent de protéines dans son alimentation.

Afin d'éviter ce problème, on lui proposera des morceaux crevettes, de poisson ou de crabe, de la spiruline des vers de sang, lombrics aquatiques...
On lui fournira aussi des légumes (petits pois, laitue, pomme de terre, carotte, concombre, des plantes... Vous pouvez ajouter de l'os de seiche, du chou frisé blanchi ou de la coquille d'œuf à l'aquarium pour compléter le calcium, ce qui aidera à la formation de l'exosquelette.

Ces écrevisses doivent être nourries tous les jours pour les empêcher d'attaquer leurs compagnons de réservoir.
Ne pas suralimenter, cependant. Retirez tout aliment non consommé après vingt-quatre heures pour éviter la pollution de l'eau.
Dimorphisme
Les Procambarus sp. mâles ont des pinces beaucoup plus grosses que celles des femelles. Leurs queues sont également plus étroites.

L'écrevisse mâle a deux appendices en forme de L (organes de transfert de sperme) derrière leurs pattes appelés fermoirs. Les femelles ont un réceptacle circulaire pour les spermatozoïdes entre les bases des deux dernières paires de pattes ambulatoires.

Note : Il est assez facile de différencier les écrevisses mâles et femelles, car il suffit de regarder sous la carapace, les organes reproducteurs. Aussi, au stade pré‐reproductif (juvénile), il est presque impossible de différencier les mâles des femelles à l'œil nu.
Chez certaines espèces, il peut également avoir d'autres critères tels que la taille, la coloration, les griffes, etc. Cependant, bon nombre de ces traits ne sont présents que chez les adultes matures et appartiennent à une espèce particulière.

Les écrevisses sont sexuellement dimorphes et leur sexe peut être déterminé de l'extérieur*.
Chez le mâle, la cinquième paire de pattes locomotrices porte des orifices génitaux (deux appendices en forme de L , les organes de transfert de sperme).
En outre, les deux premières paires d'appendices abdominaux (pléopodes) sont hypertrophiés en gonopodes. Le gonopode est un organe reproducteur mâle issu d'une modification d'appendices qui sont originellement des nageoires.
Chez la femelle, la troisième paire de pattes locomotrices porte des orifices
génitaux (réceptacle de sperme circulaire). Les premiers et deuxièmes pléopodes ne présentent pas d'hypertrophie.

Comment procéder ?
On retournera l'animal pour exposer sa face ventrale. On portera des gants pour les grandes espèces pouvant pincer fortement.
En regardant la partie inférieure de leur abdomen (la partie inférieure de la partie blanche du ventre), nous pouvons voir que les mâles ont un ensemble supplémentaire de pléopodes utilisés pour la fécondation interne.
Il y a une formation triangulaire de petites pattes (appendices en forme de L), qui a révélé un mâle.
Les femelles ont des réceptacles séminaux et n'ont pas les pléopodes supplémentaires visibles derrière les pattes ambulatoires.

*On notera que chez Procambarus fallax "virginalis", il n'y a que des femelles, la reproduction étant parthénogénétique.
Dangerosité
 
 
 Faible
Les écrevisses de grande taille peuvent pincer, généralement sans gravité.
On évitera donc de la manipuler sans précaution.

Attention ! Les écrevisses américaines transmettent potentiellement la peste de l'écrevisse (aphanomycose) et ne doivent donc jamais être en contact avec les autres écrevisses qui y sont sensibles. Les spores de l'agent pathogène se trouvent dans l'eau dans laquelle les écrevisses américaines sont maintenues, il faut donc s'assurer qu'aucune eau, qu'aucun matériel, qu'aucune plante... ne puisse se retrouver dans l'aquarium des écrevisses du genre Astacus ou Cherax.

Porteuse saine, elles représentent une menace pour les espèces indigènes d'Asie et d'Europe (Keller et al., 2014), avec lesquelles elle est également susceptible d’entrer localement en compétition.
Maintenance
Population
2 minimum
Zone
Inférieure
Ratio M/F
1 / 1
Paramètres
Température
        21      23              25      28
pH
         7      7,5            8      8,5
GH
         5       10              15       18
Brassage
Aquarium
Volume
80 l minimum (100 l recommandé)
L'espèce étant très peu maintenue et élevé en aquarium, les données de maintenance sont presque inexistantes.
On s'en tiendra donc aux généralités.

L'écrevisse n'a pas de besoins particuliers et se satisfera d'un grand bac au fond de sable et de graviers, agrémenté de tas de pierres proposant de nombreuses cachettes.
Les plantes sont peu utile à l'espèce et le plus souvent sectionnées ou déracinées.
La filtration devra être importante car les écrevisses sont plutôt "polluantes".
L'éclairage n'est pas indispensable.
Le bac devra être fermé, car les écrevisses grimpe volontiers et sortent si elles en ont l'occasion.

Comme dit plus haut, on veillera à nourrir fréquemment, tout en veillant à ne rien laisser qui pourrait engendrer de la pollution.

Attention ! Il est presque impossible de garder des Procambarus acanthophorus dans un aquarium communautaire. Leur comportement agressif, leur taille et leurs habitudes alimentaires les destinent à une installation mono-spécifique.
Par ailleurs, cette écrevisse est très territoriale, aussi vaut-il mieux ne maintenir qu'un seul couple, sauf a avoir un aquarium très spacieux.
La cohabitation avec des poissons peut aussi être difficile.
Les Procambarus acanthophorus, comme leurs cousins ​​Procambarus, sont très agressives et territoriales. Bien qu'il puisse y avoir quelques exceptions à cette règle, il n'y a aucune garantie de cohabitation pacifique.
Il est donc préférable de maintenir cette écrevisse dans un aquarium spécifique de grand volume.

Il faut compter 80 L pour un couple de cette espèce. Ensuite, il faut compter 50 litres par écrevisse supplémentaire. Si cette condition n'est pas respectée, l'agressivité est beaucoup plus prononcée, et la pollution rendra le maintien difficile.

Par conséquent, à moins que vous ne soyez un aquariophile expérimenté, vous ne devriez pas essayer de maintenir plusieurs écrevisses bleues dans le même aquarium. Cependant, si vous êtes toujours prêt à prendre le risque, vous devrez prévoir de nombreuses cachettes pour qu'elles puissent se cacher les unes des autres.
Si vous prévoyez malgré tout de garder plusieurs écrevisses dans le même bac, présentez-les toutes dans le bac en même temps pour réduire le niveau d'agressivité initiale. Sinon, le premier venu est beaucoup plus susceptible de considérer les nouveaux comme des envahisseurs et de les attaquer immédiatement.

D'une manière générale, si plusieurs écrevisses sont conservées dans le même bac, elles doivent être de la même taille et de sexe différent, sinon les plus petites écrevisses seront attaquées et, très probablement, mangées par les plus grosses écrevisses.


Attention :Les procambarus sp. peuvent se noyer si elles sont maintenues dans l'eau sans oxygénation ajouté. Cela rend les barboteurs d'air obligatoires. Certains éleveurs, au lieu du barboteur, place une pierre dans l'aquarium pour que les écrevisses puissent sortir de l'eau.

L'aquarium doit être à l'épreuve des évasions, car les écrevisses aiment se promener et passent facilement à travers de très petites fissures.

Comme pour tous les arthropodes, l'acclimatation douce est cruciale.
Avant d'ajouter les écrevisses, l'eau du réservoir doit être exempte de chlore et de tout autre produit chimique, et l'acclimation devra se faire goutte à goutte sur deux ou trois heures.

Disponibilité commerciale : Très rare

Cette écrevisse semble très difficile à trouver en Europe ailleurs que chez les amateurs spécialisés.
Reproduction
Type
Ovipare
Difficulté
Possible
Paramètres
Température
23 à 25 °C
pH
7,5 à 8,5
GH
10 à 15 °GH
Procambarus acanthophorus étant très peu maintenue et, par conséquent, élevée en aquarium, les données de maintenance sont presque inexistantes.

On pourra se reporter, le cas échéant, aux méthodes d'élevage appliquées dans le commerce alimentaire.
Commentaires
Étymologie : Procambarus du latin Cambarus, altération du latin cammarus "homard" du grec ancien κάμμαρος (kámmaros ) et acanthophorus, (acanthophore) "portant des épines".

Utilisations traditionnelles ou commerciales :
Cette espèce est récoltée comme source de nourriture, bien que cela ne soit pas considéré comme une menace majeure à l'heure actuelle.
Cette écrevisse est élevée pour la consommation humaine au Mexique et en Louisiane.
Références
GBIF, IUCN,
- Alvarez, F., López-Mejía, M. & Pedraza Lara, C. 2010. Procambarus acanthophorus. The IUCN Red List of Threatened Species 2010
- Hernández-Vergara Martha P., B. Cruz-Ordóñez Selene, Pérez-Rostro Carlos I., Pérez-Legaspi I. Alejandro, "Policultivo del acocil (Procambarus acanthophorus) y tilapia del Nilo (Oreochromis niloticus) como estrategia de uso sustentable del agua" in Hidrobiológica vol.28 no.1 (2018)
- Leonor Mendoza-Vargas, Facundo Rivera-Becerril, Fabiola Galicia-Mendoza, G. Arriola-Pizano, "Distribution, ecology and conservation of crayfish Procambarus acanthophorus" In Geographic distribution, Ecology Impact, and Conservation Strategies for North American Crayfish (pp.83-112) Publisher: Nova Science Press, New York, NY (2016)
- Villalobos, A. 1948. Estudios de los Cambarinos Mexicanos VII. Anales del Instituto de Biologia, Universidad de Mexico 19 : 175-182.
- Villalobos, A. 1954. Estudios de los Cambarinos Mexicanos XII. Anales del Instituto de Biologia, Universidad de Mexico 25 : 289-379.

Pour citer cette fiche : "Procambarus acanthophorus F. Villalobos, 1948" in B-Aqua / GP (2022)