Procambarus enoplosternum
Écrevisse noire tachetée
Rare mais magnifique, l'écrevisse noire tachetée demande un bac reproduisant la berge d'un ruisseaux d'eau clair sur fond de sable. Un grand paludarium tempéré sera la meilleurs configuration possible sachant que cette écrevisse sort fréquemment de l'eau pour creuser des terriers profonds.

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Taxinomie
Descripteur : Hobbs, 1947
Classe: Malacostraca
Ordre: Decapoda
Famille:  Cambaridae
Genre:  Procambarus
Synonymes
Aucun
Noms Communs
Écrevisse noire tachetée
Black Mottled Crayfish (en)
Membres du genre Procambarus
Procambarus acanthophorus (F. Villalobos, 1948)
Procambarus alleni (Faxon, 1884)
Procambarus clarkii (Girard, 1852)
Procambarus cubensis (Erichson, 1846)
Procambarus fallax (Hagen, 1870)
Procambarus milleri (Hobbs, 1971)
Procambarus pictus (Hobbs, 1940)
Procambarus pubescens (Faxon, 1884)
Procambarus pygmaeus (Hobbs, 1942)
Procambarus vazquezae (F. Villalobos, 1954)
Procambarus versutus (Hagen, 1870)
Origine géographique
Aire d'origine : Amérique du nord
Etats-Unis d'Amérique
Procambarus enoplosternum est présente dans les cours d'eau des bassins de l'Oconee et l'Ohoopee en Géorgie et dans les comtés de Caroline du Sud en aval de la ligne de partage entre la rivière Savannah et le bassin de la rivière Santee (Eversole et Jones 2004).
L'espèce est répartie du système de la rivière Little Ocmulgee en Géorgie vers l'est jusqu'au bassin de la rivière Santee en Caroline du Sud (Hobbs 1981).
Cette espèce a une distribution d'environ 45 000 km².
Environnement
Paramètres
Milieu
Douce
Procambarus enoplosternum habite de petits affluents clairs à débit modéré avec un substrat de sable (Hobbs 1946, Hobbs 1958).

L'écrevisse noire tachetée vit principalement dans les cours d'eau, mais elle a été trouvée dans de simples terriers adjacents aux cours d'eau et occasionnellement dans des habitats temporaires (Hobbs, 1981).
Dans les cours d'eau, elle est généralement associée à une sorte de couverture, en particulier de la végétation et des berges sapées. Elle peut également être trouvée dans la litière de feuilles ou associé à des roches ou à des débris ligneux.

Note : Les systèmes de grottes qu’elles creusent dans le sol humide sont des réseaux de galerie atteignent souvent deux mètres de profondeur, rejoignant la nappe phréatique. Aux sorties, ces espèces dressent des tertres d’écrevisse, dits "chimneys" (cheminées), du fait de leur allure de vieilles cheminées maçonnées.
Procambarus enoplosternum a été évalué comme Préoccupation mineure. Cette espèce a une large distribution, avec une zone d'occurrence d'environ 45 000 km2 . De plus, aucune menace connue n'affecte cette espèce.
Des recherches supplémentaires sont cependant nécessaires pour déterminer l'état de la population et les menaces qui pèsent sur cette espèce.

Le fleuve Altamaha, le bassin versant et les zones environnantes sont relativement peu développés (Weston et al . 2003).
Cependant, cette espèce a reçu le classement patrimonial de G4/G5 par NatureServe et Current Stable par l'American Fisheries Society (Taylor et al. 2007, NatureServe 2009), ce qui est dû au fait que l'espèce est apparemment en sécurité, répandue et abondante (Taylor et al. 2007 ).
Description
Taille
: 8 à 9 cm SL
Respiration
Branchiale
Longévité
3 à 4 ans
Régime
Omnivore
Cette écrevisse présente deux types de couleurs très différentes.
Le premier a une carapace sombre avec des taches de couleur crème et une bande centrale crème ou orange. Sous la couleur de base sombre, il est possible de distinguer une selle plus sombre sur l'arrière de la carapace qui devient des "cornes" pointant vers l'avant sur les côtés. L'abdomen est rouge noirâtre avec des taches rougeâtres plus claires sur les côtés inférieurs des segments abdominaux. Les griffes sont de couleur beige à brune avec des tubercules noirs.
L'autre motif de couleur est beaucoup plus clair avec une carapace et un abdomen bronzés ou brun clair; une bande centrale pâle sur la carapace est encore visible et ce motif présente la selle et les cornes décrites ci-dessus. Cependant, dans certaines populations de la phase plus claire, la selle est indistincte et les cornes sont réduites à deux points discrets. Il y a une seule épine cervicale de chaque côté de la carapace et le rostre est long avec une pointe distincte et des épines ou tubercules marginaux.
L'aréole est large. L'espèce atteint une longueur totale maximale d'environ 93 mm.

Dans toute son aire de répartition, l'écrevisse tachetée noire a été capturée avec plusieurs autres membres du genre Procambarus, y compris plusieurs espèces étroitement apparentées.
Elle diffère de l'écrevisse à tubercule blanche (Procambarus spiculifer) et de l'écrevisse Ogeechee (P. petersi) en n'ayant qu'une seule épine cervicale de chaque côté de la carapace au lieu de deux de chaque côté. Diffère de la "White River Crawfish" (P. acutus), Hummock Crayfish (P. lunzi), "Eastern Red Swamp Crawfish" (P. troglodytes) et "Ornate Crayfish" (P. howellae) en ayant une aréole beaucoup plus large. Enfin, il s'est produit avec l'écrevisse noire (P. litosternum) qui peuvent être similaires en apparence ; des détails sur la structure reproductive des mâles seront probablement nécessaires pour séparer ces deux espèces.
 
Régime Alimentaire
Aucune étude sur l'alimentation de l'écrevisse noire tachetée n'est connue.
Les écrevisses sont considérées comme des omnivores opportunistes et se nourrissent probablement de végétation vivante et en décomposition, de larves d'insectes aquatiques, de petits poissons et de matières animales mortes.

L'écrevisse noire tachetée n'échappe pas à cette règle et pourra être nourrie en captivité avec des aliments secs pour écrevisses disponibles dans le commerce, des aliments vivants (larves de moustiques, Tubifex, etc.), des légumes blanchis ou frais, et des feuilles de hêtre ou de chêne.

Les feuilles d'automne sont vivement recommandées, car elles favorisent une mue saine.
Les escargots sont appréciés et souvent consommés.

Un apport de calcium sera indispensable à la croissance et à la mue des écrevisses. Si la nourriture habituelle n'est pas suffisamment variée, on complémentera avec des aliments spécialisés riche en calcium.

Attention ! comme toutes les écrevisses, elles sont faciles à nourrir, mais plus encore à suralimenter.
On veillera à ne pas laisser de nourriture se décomposer dans le bac en nourrissant selon les besoins. Dans un aquarium riche en matière organique et équilibré, on pourra nourrir tous les deux jours.
Cependant, les espèces agressives ne doivent pas non plus être affamées pour éviter les querelles au gagnage.
Dimorphisme
Il est assez facile de différencier les écrevisses mâles et femelles, car il suffit de regarder sous la carapace, les organes reproducteurs. Aussi, au stade pré‐reproductif (juvénile), il est presque impossible de différencier les mâles des femelles à l'œil nu.
Chez certaines espèces, il peut également avoir d'autres critères tels que la taille, la coloration, les griffes, etc. Cependant, bon nombre de ces traits ne sont présents que chez les adultes matures et appartiennent à une espèce particulière.

Les écrevisses sont sexuellement dimorphes et leur sexe peut être déterminé de l'extérieur*.
Chez le mâle, la cinquième paire de pattes locomotrices porte des orifices génitaux (deux appendices en forme de L , les organes de transfert de sperme).
En outre, les deux premières paires d'appendices abdominaux (pléopodes) sont hypertrophiés en gonopodes. Le gonopode est un organe reproducteur mâle issu d'une modification d'appendices qui sont originellement des nageoires.
Chez la femelle, la troisième paire de pattes locomotrices porte des orifices
génitaux (réceptacle de sperme circulaire). Les premiers et deuxièmes pléopodes ne présentent pas d'hypertrophie.

Comment procéder ?
On retournera l'animal pour exposer sa face ventrale. On portera des gants pour les grandes espèces pouvant pincer fortement.
En regardant la partie inférieure de leur abdomen (la partie inférieure de la partie blanche du ventre), nous pouvons voir que les mâles ont un ensemble supplémentaire de pléopodes utilisés pour la fécondation interne.
Il y a une formation triangulaire de petites pattes (appendices en forme de L), qui a révélé un mâle.
Les femelles ont des réceptacles séminaux et n'ont pas les pléopodes supplémentaires visibles derrière les pattes ambulatoires.

*On notera que chez Procambarus fallax "virginalis", il n'y a que des femelles, la reproduction étant parthénogénétique.
Dangerosité
 
 
 Faible
Les écrevisses de grande taille peuvent pincer, généralement sans gravité.
On évitera donc de la manipuler sans précaution.

Attention ! Les écrevisses américaines transmettent potentiellement la peste de l'écrevisse (aphanomycose) et ne doivent donc jamais être en contact avec les autres écrevisses qui y sont sensibles. Les spores de l'agent pathogène se trouvent dans l'eau dans laquelle les écrevisses américaines sont maintenues, il faut donc s'assurer qu'aucune eau, qu'aucun matériel, qu'aucune plante... ne puisse se retrouver dans l'aquarium des écrevisses du genre Astacus ou Cherax.

Porteuse saine, elles représentent une menace pour les espèces indigènes d'Asie et d'Europe (Keller et al., 2014), avec lesquelles elle est également susceptible d’entrer localement en compétition.
Maintenance
Population
2 minimum
Zone
Inférieure
Ratio M/F
1 / 1
Paramètres
Température
        10      15              20      25
pH
         6,5      7            7,5      8
GH
         5       8              10       15
Brassage
Aquarium
Volume
60 l minimum (80 l recommandé)
L'écrevisse noire tachetée, Procambarus enoplosternum, n'est que très peu élevée en aquarium, et les données fiables sont plus que rares.

On se rapprochera donc au mieux des conditions naturelles en créant un bac reproduisant la berge d'un ruisseaux d'eau clair sur fond de sable.
Un grand paludarium tempéré sera la meilleurs configuration possible sachant que cette écrevisse sort fréquemment de l'eau pour creuser des terriers profonds.
On pourra avantageusement y ajouter une litière de feuilles, des branchages, et des enrochements permettant les cachettes.

La température doit rester fraiche et, si possible, ne pas dépasser vingt degrés Celsius.
La dureté de l'eau n'est pas importante tant quelle reste moyenne.

L'eau devant rester claire et le courant assez fort, on filtrera en conséquence.
La lumière n'a guère d'importance, sinon pour la survie des plantes qui seront cultivées, sur la berge notamment.

Les ​​Procambarus sp., sont très agressives et territoriales. Bien qu'il puisse y avoir quelques exceptions à cette règle, il n'y a aucune garantie de cohabitation pacifique inter et même intra spécifique.
Il est donc préférable de maintenir ces écrevisses dans un aquarium spécifique de grand volume.

Attention :Les procambarus sp. peuvent se noyer si elles sont maintenues dans l'eau sans oxygénation ajouté. Cela rend les barboteurs d'air obligatoires. Certains éleveurs, au lieu du barboteur, place une pierre dans l'aquarium pour que les écrevisses puissent sortir de l'eau.

L'aquarium doit être à l'épreuve des évasions, car les écrevisses aiment se promener et passent facilement à travers de très petites fissures.

Comme pour tous les arthropodes, l'acclimatation douce est cruciale.
Avant d'ajouter les écrevisses, l'eau du réservoir doit être exempte de chlore et de tout autre produit chimique, et l'acclimation devra se faire goutte à goutte sur deux ou trois heures.

Disponibilité commerciale : Très rare

Cette écrevisse ne semble pas disponible dans le commerce dédié, mais seulement auprès des éleveurs amateurs d'écrevisses.
Reproduction
Type
Ovipare
Difficulté
Possible
Paramètres
Température
15 à 20 °C
pH
7 à 7,5
GH
8 à 12 °GH
La reproduction de Procambarus enoplosternum a généralement lieu au printemps et à l'automne, mais des mâles en état de reproduction peuvent être trouvés à tout moment de l'année.
Lorsque les écrevisses femelles sont prêtes à pondre, elles trouvent généralement une cachette sûre et sont donc rarement rencontrées.
Lorsque les œufs sont libérés, la femelle les attache à ses pléopodes. À l'éclosion, les écrevisses juvéniles sont encore attachées à la mère. Après que les juvéniles aient mué pour la deuxième fois, ils sont libérés de la mère, mais restent proches et la retiendront pendant un certain temps. Finalement, ils s'en iront d'eux-mêmes. Les écrevisses muent six ou sept fois au cours de leur première année de vie et la plupart sont probablement capables de se reproduire à la fin de cette année.
Des écrevisses noires tachetées mâles en état de reproduction ont été capturées en Géorgie et en Caroline du Sud tous les mois sauf janvier et décembre (Hobbs 1981).
Des femelles portant des œufs ont été trouvées en mars, avril, mai, juin et juillet et des femelles avec des jeunes ont été trouvées en avril, mai et août. Le plus petit mâle adulte connu mesure environ 29 mm et la plus petite femelle avec des œufs mesure environ 48 mm de longueur (Hobbs 1981).
Commentaires
Étymologie : Procambarus du latin Cambarus, altération du latin cammarus "homard" du grec ancien κάμμαρος (kámmaros ) et enoplosternum, du grec ancien ἔνοπλος, enoplos "en armes, armé" et sternum, de στέρνον, stérnon "poitrine".
Références
GBIF, IUCN,
NatureServe. 2009
- Crandall, K. A., and S. De Grave. 2017. An updated classification of the freshwater crayfishes (Decapoda: Astacidea) of the world, with a complete species list. Journal of Crustacean Biology 37(5):615-653.
- Eversole, A. G. and D. R. Jones. 2004. Key to the Crayfish of South Carolina. Department of Forestry and Natural Resources, Clemson University.
- Eversole, A.G. & Cordeiro, J. 2010. Procambarus enoplosternum. The IUCN Red List of Threatened Species 2010
- Hobbs, H. H. Jr. 1946. Two New Crayfish of the genus Procambarus from Georgia, with Notes on Procambarus pubescens. Quarterly Journal of the Florida Academy of Science 9: 1-18.
- Hobbs, H. H. Jr, 1958. The Evolutionary Hirstory of the Puctus Group of the Crayfish Genus Procambarus (Decapoda, Astacidae). Quarterly Journal of the Florida Academy of Science 21: 71-91.
- Hobbs, H.H., Jr. 1981. The crayfishes of Georgia. Smithsonian Contributions to Zoology 318:1–549.
- Hobbs, H.H., Jr. 1989. An illustrated checklist of the American crayfishes (Decapoda: Astacidae, Cambaridae, and Parastacidae). Smithsonian Contributions to Zoology 480: 1-236.
- Skelton Christopher E. "Procambarus enoplosternum Hobbs, 1947" in Georgia Biodiversity (2012)
- Skelton, C.E. 2010. History, status, and conservation of Georgia crayfishes. Southeastern Naturalist 9 (special issue 3):127-138.
- Taylor, C.A., Schuster, G.A., Cooper, J.E., DiStefano, R.J., Eversole, A.G., Hobbs III, H.H., Robison, H.W., Skelton, C.W. and Thoma, R.F. 2007. A Reassessment of the Conservation Status of Crayfishes of the United States and Canada after 10+ Years of Increased Awareness. Fisheries, American Fisheries Society 32(8): 372-389.
- Weston, N.B., J.T. Hollibaugh, J. Sandow and S.B. Joye. 2003. Nutrients and dissolved organic matter in the Altamaha river and loading to the coastal zone. In: Kathryn J. Hatcher (ed.), Proceedings of the 2003 Georgia Water Resources Conference. Institute of Ecology, The University of Georgia, Athens, Georgia.

Pour citer cette fiche : "Procambarus enoplosternum Hobbs, 1947" in B-Aqua / GP (2022)