Faux Crossocheilus
Le Faux Crossocheilus est un poisson rhéophile à maintenir dans un bac "rivière vive", et de grande taille. Du fait de son régime algivore, son domaine vital, se mesurant en surface de gagnage, doit être spacieux.

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Taxinomie
Descripteur : Boulenger, 1894
Classe: Actinopterygii
Ordre: Cypriniformes
Famille:  Cyprinidae
Genre:  Paracrossochilus
Synonymes
Crossochilus vittatus Boulenger, 1894
Paracrossochilus bicornis Popta, 1904
Noms Communs
Faux Crossocheilus
Crossocheilus de Bornéo
Blackline algae eater (en)
Yellow Flying Fox (en)
Seluang batu (malais)
Tulum (malais)
Membres du genre Paracrossochilus
Paracrossochilus vittatus (Boulenger, 1894)
Origine géographique
Aire d'origine : Asie
Brunei, Indonésie, Malaisie
Paracrossochilus vittatus est endémique de Bornéo, où on le trouve dans les bassins versants de sa chaîne montagneuse centrale, notamment ceux du Kapuas, du Mahakam, du Barito et du Kusan (Kalimantan, Indonésie), du Rajang (Sarawak, Malaisie) et du Temburong (Brunei Darussalam) (Roberts 1989, Parenti et Lim 2005, D. Lumbantobing, observation personnelle, 2007).
Son aire de répartition est estimée à environ 332 063 km².

Cette espèce est relativement commune et moyennement abondante dans son habitat de prédilection, d'après les collections muséales (Parenti et Lim 2005, D. Lumbantobing, observation personnelle 2007). La taille totale de la population adulte est incertaine, mais on suppose qu'elle est importante, soit plus de dix mille individus, compte tenu de sa large répartition à Bornéo.

Paracrossochilus vittatus a été décrit scientifiquement sous le nom de Crossocheilus vittatus par le zoologiste britannique George Albert Boulenger en 1894, à partir de plusieurs spécimens collectés par le naturaliste Alfred Hart Everett dans les rivières Senah, Poeh et Tagora, à Sarawak, Bornéo (Malaisie).
Environnement
Paramètres
Milieu
Douce
Température
25 à 27 °C
pH
6,8 à 7,6
Conductivité
26 à 46 µS/cm
P. vittatus est un poisson benthique qui habite les parties supérieures des bassins fluviaux (ruisseaux de tête et principaux affluents supérieurs) caractérisées par une eau claire et rapide sur des substrats de gravier ou de pierre.

Elle fréquente des eaux claires et rapides sur un substrat pierreux ou graveleux (Kottelat, M. and E. Widjanarti, 2005).

Les paramètres de l'eau comprennent une température comprise entre 25,2 °C et 26,8 °C, un pH entre 6,8 et 7,6 et une concentration en oxygène dissous de 7,0 à 7,9 mg/L, avec une conductivité généralement comprise entre 26,0 et 46,3 µS/cm.

Cette espèce coexiste avec divers cyprinidés sympatriques En écologie, deux espèces ou populations sont dites sympatriques quand on les trouve dans la même zone géographiqueet des loches gastromyzontides, notamment des espèces de Rasbora telles que R. volzii et R. borneensis, Tor tambra, Crossocheilus cobitis et des loches Gastromyzon comme G. fasciatus et G. punctulatus.

Dans le parc national très diversifié de Danau Sentarum, dans le bassin de la rivière Kapuas, Kalimantan occidental, Bornéo, l’espèce apparaît sympatriquement avec plus de deux cents autres espèces de poissons, dont Trigonopoma gracile, Barbonymus schwanenfeldii, Barbodes everetii, B. kuchingensis, Desmopuntius trifasciatus, Rasbora caudimaculata, R. céphalotaenia, R. sarawakensis, R. trilineata, Trigonopoma pauciperforatum, T. gracile, Homaloptera nebulosus, H. orthogoniata, Nemacheilus saravacensis, Vaillantella cinnamomea, Chromobotia macracanthus, Syncrossus hymenophysa, Pangio semicincta, Hemibagrus wyckii, Mystus castaneus, M. singaringan, Kryptopterus bicirrhis,Crossocheilus oblongus, Cyclocheilichthys janthochir, Epalzeorhynchos kalopterus, Puntius endecanalis, Nemacheilus saravacensis, N. spiniferus, Syncrossus hymenophysa, Datnioides microlepis, Nandus nebulosus, Helostoma temminkii, Channa pleurophthalma et Mastacembelus erythrotaen.
P. vittatus est classé comme espèce de "Préoccupation mineure" principalement en raison de sa vaste répartition à Bornéo, de la taille présumée importante de sa population et de l'absence de menaces majeures à l'échelle de son aire de répartition. Il est néanmoins nécessaire de déterminer l'impact des activités d'exploitation forestière à Bornéo sur cette espèce

Étant donné que cette espèce est adaptée aux zones amont des bassins fluviaux aux eaux claires et que la déforestation est une activité persistante dans certaines parties de Bornéo, les principales menaces qui pèsent sur elle sont l'exploitation forestière.
Toutefois, il est probable que ces menaces soient localisées et ne constituent pas une menace majeure à l'échelle de son aire de répartition. L'exploitation minière du charbon, présente à Kalimantan, représente une autre menace locale pour l'espèce.
Description
Taille
: 7 à 8 cm SL
Respiration
Branchiale
Longévité
10 à 12 ans
Régime
Algivore
Le Faux Crossocheilus possède la structure labiale en forme de pompon, caractéristique du genre.

Selon G.A. Boulenger (1894), Paracrossochilus vittatus est caractérisé par un corps allongé et légèrement comprimé, dont la hauteur est égale à la longueur de la tête et représente cinq à cinq fois et demi la longueur totale.
Le museau est arrondi et proéminent au-delà de la bouche inférieure, mesurant près de deux fois le diamètre de l'œil, tandis que ce dernier est relativement petit, de quatre à quatre et demi fois la longueur de la tête. La largeur inter-orbitaire est égale à la moitié de la longueur de la tête, et la largeur de la bouche est également approximativement la moitié de cette dimension.
La nageoire dorsale prend naissance légèrement plus près de l'extrémité du museau que de la base de la nageoire caudale et comprend deux rayons non ramifiés suivis de huit rayons ramifiés. La nageoire anale possède deux rayons non ramifiés et cinq rayons ramifiés.
Les nageoires pectorales s'étendent jusqu'à la longueur de la tête, voire légèrement au-delà ; la distance entre leur extrémité et la base des nageoires pelviennes représente la moitié ou les deux tiers de la longueur des pectorales. La base des nageoires pelviennes est située en dessous du milieu de la base des nageoires dorsales.
La nageoire caudale est profondément fourchue.
Les écailles sont cycloïdes, avec vingt-huit à vingt-neuf écailles sur les côtés et trois rangées et demi d'écailles au-dessus et au-dessous de la ligne latérale ; il y a deux rangées d'écailles entre la ligne latérale et la base des nageoires pelviennes. La bouche est infère, munie d'une lèvre supérieure frangée et de quatre barbillons : de minuscules barbillons maxillaires et des barbillons rostrales légèrement plus courts que le diamètre de l'œil. La lèvre inférieure forme un corps médian proéminent et saillant, densément papilleux, y compris sur son bord antérieur, avec une profonde échancrure médiane et de légères dépressions latérales ; cette structure, appelée repli labial, est charnue et épaisse, non soudée à la mâchoire inférieure, et accompagnée d'un coussinet gulaire.
Les mâles possèdent de gros tubercules cornés et coniques de chaque côté de l'extrémité du museau.

Longueur maximale : 7,5 cm SL mâle/non sexé (Kottelat, M., A.J. Whitten, S.N. Kartikasari and S. Wirjoatmodjo, 1993)

Note : Le genre Paracrossochilus a été créé par Cornelis Marinus Lieven Popta en 1904, avec P. bicornis (un synonyme plus récent de P. vittatus ) comme espèce type par monotypie, plaçant ainsi l'espèce dans le nouveau genre. Ce classement a été confirmé par des travaux ultérieurs, notamment ceux de Tyson R. Roberts (1989) et de Kottelat et al.)
 
Régime Alimentaire
Paracrossochilus vittatus est principalement algivore, mais son régime est associé à une faible consommation d'invertébrés.

Paracrossochilus vittatus est principalement herbivore et son régime alimentaire est dominé par les micro-algues, notamment les diatomées telles que les espèces de Synedra, qui constituent l'essentiel de la nourriture observée chez les spécimens provenant de la rivière Mentuka, dans le Kalimantan occidental. L'analyse du contenu stomacal révèle une préférence pour les assemblages de périphyton, comprenant des algues filamenteuses et la matière organique associée, raclées sur les substrats rocheux, complétées par des aufwuchs, des détritus et, occasionnellement, de petits invertébrés. Cette composition alimentaire souligne son rôle de brouteur d'algues dans les milieux de cours d'eau rapides.
Le mécanisme d’alimentation de P. vittatus fait intervenir des structures orales spécialisées, adaptées au râpage des algues sur les surfaces dures.
Son activité alimentaire est diurne et se déroule principalement dans les eaux claires et rapides, où l’espèce se positionne à contre-courant pour accéder aux surfaces riches en périphyton (Pratiwi Diah, Tririma Setyawati, Ari hepi Yanti 2020).

En aquarium, l'alimentation doit privilégier les aliments à base d'algues naturellement présentes dans un aquarium biotope.
On pourra compléter s'il y a lieu son alimentation, par notamment des pastilles d'algues coulantes et les légumes blanchis comme les courgettes ou les épinards, venant en complément du broutage naturel des algues.

De petites proies riches en protéines, comme les vers de vase, peuvent être offertes occasionnellement, mais ne doivent pas constituer l'aliment principal.
Dimorphisme
Les mâles possèdent de gros tubercules cornés et coniques de chaque côté de l'extrémité du museau.
Les femelles adultes ont généralement un corps plus corpulent.
Dangerosité
 
 
 Aucun
Maintenance
Population
4 minimum (6 recommandé)
Zone
Inférieure
Ratio M/F
1 / 1
Paramètres
Température
        20      22              24      27
pH
         6      6,5            7      7,5
GH
         2       6              10       12
Brassage
Aquarium
Volume
250 l minimum (350 l recommandé)
Longueur
120 cm minimum (150 cm recommandé)
Paracrossochilus vittatus vit dans les cours d'eau rapides et limpides des régions de forêt tropicale humide de Bornéo, en particulier dans les zones montagneuses aux substrats rocheux et graveleux composés de pierres et de blocs.
Ces milieux, riches en oxygène, sont caractérisés par des rapides et des remous. C'est donc un rhéophile, adaptée aux conditions d'écoulement rapide.

Attention ! : Les facteurs abiotiques, Le terme abiotique est un adjectif qui désigne ce qui est "sans vie" ou plutôt ici "indépendant du vivant". tels que les sécheresses saisonnières et les crues soudaines fréquentes à Bornéo, peuvent affecter les habitats des cours d'eau et les populations de poissons vivant dans ces cours d'eau.

On aménagera donc pour le Faux Crossocheilus un aquarium "rivière vive" au régime torrentiel.
Un substrat de gravier fin et de sable parsemé de roches émoussées (galets) et de racines pour créer des abris, sera l'ameublement idéal.
Il est possible d'y ajouter des plantes rhéophiles, si possible simulant une rive afin de laisser libre une bonne part de flux libre.
On doit en effet leur offrir un espace de nage important avec une longueur suffisante pouvant reproduire au mieux un ruisseau d'eau vive.

Une filtration performante est essentielle pour assurer une bonne circulation de l'eau et une oxygénation optimale, simulant ainsi les eaux claires et riches en oxygène sur substrat graveleux où l'espèce vit à l'état sauvage.
Les filtres capables de renouveler quatre à cinq fois le volume de l'aquarium par heure sont recommandés, avec une accélération saisonnière supérieure à dix fois.
Il est toutefois conseillé d'effectuer des changements d'eau partiels hebdomadaires de 25 à 30 % afin de maintenir la qualité et la stabilité de l'eau.

On pourra avantageusement compléter la filtration par des turbines assurant un flux important et la sortie du filtre par un système venturi permettant une oxygénation supplémentaire.

Un couvercle bien ajusté est indispensable, car ces poissons nageurs actifs peuvent sauter pendant la période d'acclimatation ou en cas de stress.

Cette espèce présente un tempérament paisible, ce qui la rend bien adaptée aux aquariums communautaires reproduisant un biotope "torrentiel".
Comme toujours, effectuer des recherches approfondies sur chaque espèce convoitée est le meilleur moyen d’éviter les problèmes lors du choix d’une communauté d'hôtes compatibles.

Elle peut occasionnellement manifester un comportement territorial envers ses congénères ou des mangeurs d'algues d'apparence similaire, si ces derniers ne sont pas introduits simultanément, mais ces problèmes sont rares dans les grands volumes.
Pour leur bien-être, les P. vittatus doivent être maintenus en groupe.
Un groupe de quatre à six individus réduit le stress et augmente les interactions sociales. Un groupe plus petit peut entraîner une augmentation de l'agressivité et/ou un comportement de dissimulation, soulignant l'importance de la vie en banc pour cette espèce sociale.

Disponibilité commerciale : Très rare

Attention ! : Les spécimens disponibles dans le commerce sont capturés à l'état sauvage à Bornéo et nécessitent une quarantaine et une acclimatation rigoureuse.

Le Faux Crossocheilusest apprécié pour son comportement de consommateur d'algues, bien qu'il soit parfois confondue avec le véritable "mangeur d'algues" siamois Crossocheilus oblongus, notamment dans les aquariums communautaires plantés où il se nourrit de biofilms et de diatomées sans endommager les plantes vivantes.
Son efficacité comme mangeur d'algues reste modérée s'il existe d'autres sources de nourriture.

Attention ! : Même s'il peut aider a limiter la croissance des algues, il ne doit en aucun cas être maintenu juste pour cette raison.
Dans ce cas, il mourrait de faim dès sa tache accomplie.
Reproduction
Type
Ovipare
Difficulté
Difficile
Paramètres
Température
20 à 24 °C
pH
6 à 7
GH
2 à 6 °GH
La reproduction en captivité est rare et peu documentée, bien que l'utilisation de supports de ponte dans un aquarium reproduisant la saison des pluies puisse induire le frai en groupe.
Il semble que les chances de réussites restent très faibles sans la simulation des conditions saisonnières spécifiques du milieu.
Commentaires
Etymologie : Paracrossochilus du préfixe grec "para-" signifiant à côté de ou semblable à, associé à Crossocheilus, du grec κροσσός (krossós), "pompon, frange", et χεῖλος (kheîlos), "lèvre", reflétant sa parenté étroite avec le genre Crossocheilus, et vittatus, du latin "à bande", en référence à la bande noirâtre proéminente le long des écailles de la ligne latérale et aux marques irisées adjacentes sur le corps.

Utilisation traditionnelle, scientifique et/ou commerciale :
Ce poisson n'est généralement pas ciblé pour la consommation, mais il peut néanmoins être consommé par les populations locales s'il est pêché.
Références
GBIF, IUCN,
Fishbase, NCBI
- Boulenger G.A. "Descriptions of new freshwater fishes from Borneo" in Annals and Magazine of Natural History: Series 6, 13:75, 245-251(1894)
- Kottelat, M., A.J. Whitten, S.N. Kartikasari and S. Wirjoatmodjo, 1993. Freshwater fishes of Western Indonesia and Sulawesi. Periplus Editions, Hong Kong.
- Kottelat, M. and E. Widjanarti, 2005. The fishes of Danau Sentarum National Park and the Kapuas Lakes area, Kalimantan Barat, Indonesia. Raffles Bull. Zool. Supplement (13):139-173.
- Kottelat, M. 2013. The fishes of the inland waters of southeast Asia: a catalogue and core bibiography of the fishes known to occur in freshwaters, mangroves and estuaries. Raffles Bulletin of Zoology Supplement No. 27: 1-663.
- Lumbantobing, D. "Paracrossochilus vittatus". The IUCN Red List of Threatened Species 2020
- Parenti, L.R. and Lim, K.K.P. 2005. Fishes of the Rajang Basin, Sarawak, Malaysia. The Raffles Bulletin of Zoology 13: 175-208.
- Pratiwi Diah, Tririma Setyawati, Ari hepi Yanti "Food Habit of Seluang Batu (Paracrossochilus vittatus Boulenger 1894) in Mentuka River Sekadau Districts West Kalimantan Province" in Jurnal Ilmu Dasar 21(1):11 (2020)
- Roberts, T.R. 1989. The Freshwater Fishes of Western Borneo (Kalimantan Barat, Indonesia). California Academy of Science, San Francisco.

vidéo https://www.youtube.com/watch?v=ReMt1DK2ECg
Video de biotope à : https://amazonas.dk/index.php/articles/borneo

Pour citer cette fiche :"Paracrossochilus vittatus, Boulenger, 1894" B-Aqua / GP (2024-26)


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